Autour de la musique
 La bonne musique ne se trompe pas, et va droit au fond de l'âme chercher le chagrin qui nous dévore. 
                                                             
                                                                           Stendhal   (Vies de Haydn, de Mozart et de Métastase) 
Titre original : Tous les matins du monde. Réalisation, Scénario : Alain Corneau. 1991 ; 115 mn.    Avec : G Depardieu (Marin Marais), JP Marielle (M de Sainte-Colombe), A Brochet (Madeleine),  GuDepardieu (M Marais jeune), C Richert (Toinette), M Bouquet (le peintre)
 Vers la fin de sa vie, Marin Marais, violiste du Grand Siècle, se remémore sa jeunesse ; son apprentissage de la viole de gambe auprès de son maître, Monsieur de Sainte-Colombe, et ses deux filles Madeleine et Toinette.
« "Tous les matins du monde" ou le tombeau de Jean-Pierre Marielle. En hommage à l’acteur disparu le 24 avril, Arte diffuse le film d’Alain Corneau dans lequel il incarnait, en 1991, un compositeur et violiste de l’époque baroque », écrivait Le Monde en 2019. 
 Le journal y rapportait que, d’après un sondage, c’était le meilleur rôle de Jean-Pierre Marielle pour le public. L’article était merveilleusement inspiré si on mesure la portée des termes. En musique classique, ‘’le tombeau’’ désigne une pièce vocale ou instrumentale écrite à la mémoire d’un personnage illustre ; comme "Le Tombeau de Couperin" de Maurice Ravel dédié au plus illustre des compositeurs Versaillais. Le succès du film, a permis la découverte de "la musique ancienne", précisément versaillaise, par un public élargi.

César du cinéma 1992, Césars du meilleur : film A Corneau et JL Livi, acteur  JP Marielle, actrice second rôle Anne Brochet, réalisateur A Corneau, musique  Jordi Savall, photographie Y Angelo, costumes C Jorry, son G Lamps, P Gamet et A Le Campion. Prix Louis-Delluc 1991
Titre original : Jalsaghar. Réalisation, Scénario : Satyajit Ray. 1958 ; 100'.    Avec : Chhabi Biswas (Biswambhar Roy), Padma Devi (Mahamaya, la femme de Roy), Pinaki Sengupta (Khoka, le fils de Roy), Gangapada Basu (Mahim Ganguly), Tulsi Lahiri (l’intendant), Waheed Khan (Ustad Ujir Khan, chanteur), Roshan Kumari (Krishna Bai, danseuse), Begum Akhtar (Durga Bai, chanteuse)
 Biswambhar, seigneur féodal sur le déclin, rumine sa rancœur dans son palais vétuste. Il se remémore le temps où il donnait de grandes réceptions avec de célèbres artistes.
 La musique, peut-être le premier art majeur développé par les hommes, mérite toutes les attentions, des sacrifices même importants.
 A ce titre, la parabole de l’homme qui a consacré l’essentiel de sa vie au sublime de la musique indienne, parfois avant les siens, est digne d’être méditée à sa juste valeur.

National Film Award du meilleur film en deuxième place, National Film Award : Certificat du mérite.
Great Movies : film décisif du cinéma mondial

Titre original. Réalisation : Carlos Saura ; Scénario : Carlos Saura, Antonio Gades. 1983 ; 102'    Avec : Laura del Sol (Carmen), Antonio Gades (Antonio), Paco de Lucía (Paco), Marisol (Pepa Flores), Cristina Hoyos (Cristina), Juan Antonio Jiménez (Juan), José Yepes (Pepe Girón), Sebastián Moreno (Escamillo)
 Antonio, chorégraphe Espagnol, projette de créer un ballet contemporain à partir de ‘’Carmen’’.
 Il choisit une superbe Carmen, surtout sur son physique. Carmen commence à devenir ravageuse dans la troupe même …
 Carmen de retour chez elle ! 
 Le rythme, les claquettes, la danse, les passions humaines … 
Un hommage au flamenco. Une Carmen lumineuse, inoubliable. 

Cannes 1983 : Prix de la Contribution artistique 
                       Grand prix de la commission supérieure technique 
BAFTA 1985 : Meilleur film en langue étrangère
Titre original: Feel Like Going Home. Réalisation : Martin Scorsese, Scénario : Peter Guralnick. 2003 ; 110'. Avec : Ali Farka Touré, Corey Harris, Dick Waterman, Habib Koité, John Lee Hooker1, Johnny Shines1, Keb'Mo', Martin Scorsese, Lead Belly1, Muddy Waters1, Othar Turner, Salif Keita, Sam Carr, Son House1, Taj Mahal, Toumani Diabaté
  Martin Scorsese nous offre un voyage depuis les rives du fleuve Niger, au Mali, jusqu'aux champs de coton et aux arrière-salles bricolées du delta du Mississippi afin de retracer les origines du blues. Il nous livre un cocktail lyrique de performances originales (dont celles d'Ali Farka Touré, Salif Keita, Habib Koité, Taj Mahal, Corey Harris, Othar Turner) et d'images d'archives rarissimes.          Synopsis Editeur
 Cette quête des racines historiques est intervenue dans mon activité de cinéaste ... Très tôt, j'ai décidé que je voulais leur donner un ton personnel, plutôt que de m'en tenir à une stricte rétrospective historique.                      Martin Scorsese
 They had to show me some of the backing parts to their Malian songs, but on the blues tunes we played, I didn't have to show them one thing.               Corey Harris 

 Il n’y a pas de différence entre nous. La première fois que j’ai entendu John Lee Hooker, je me suis dit : mais c’est une partie de nous !              Ali Farka Touré  

  Certains n’ont pas totalement suivi ce qu’ils ont perçu comme un fouillis. J’ai adoré le melting-pot, le «ton personnel» de Martin Scorcesse.
Réalisation, Scénario : Alan Parker. 1996 ; 134'.  Avec : Madonna (Eva Perón), Antonio Banderas (Ché), Jonathan Pryce (Juan Perón),  Jimmy Nail (Agustín Magaldi)
La vie d'Eva Peron
[Ché] Oh what a circus, oh what a show / Argentina has gone to town / Over the death of an actress called Eva Peron.
[Magaldi] Eva beware your ambition / It's hungry and cold, can't be controlled, will run wild / This in a man is danger enough, but you are a woman. 
   ...
[Aristocrats] Thus all fairy stories end / Only an actress would pretend / Affairs of state are her latest play. 
[Eva] The actress hasn't learned the lines you'd like to hear / She won't join your clubs, she won't dance in your halls / She won't help the hungry once a month at your tombolas / She'll simply take control as you disappear. 
   ...
[Eva] Don't cry for me, Argentina / The truth is I never left you / All through my wild days / My mad existence / I kept my promise, don't keep your distance. 
[Ché] She had her moments, she had some style / The best show in town was the crowd / Outside the Casa Rosada crying, "Eva Peron" / But that's all gone now.
 Et si l’appréciation (ou le dénigrement) d’Eva Peron n’était, essentiellement, qu’une question d’appartenance (ou de caution) à un bord politique face au reste du monde ?
 Les persiflages de ‘’Ché’’ n'apparaissent alors que sous un éclairage réhaussant la grandeur d’Eva.
Golden Globes 1997, Meilleur : film musical, chanson originale pour You Must Love Me, actrice dans un film musical pour Madonna. Satellite Awards 1997, Meilleur film musical, costumes pour Penny Rose, chanson originale pour You Must Love Me.
Titre original. Réalisation, Scénario : Michael Wadleigh. 1970 ; 184'.   Avec : Crosby, Stills & Nash; Canned Heat; Richie Havens; Canned Heat; Joan Baez; The Who; Sha Na; Joe Cocker; Crosby, Stills & Nash; Ten Years After; Jefferson Airplane; John Sebastian; Country Joe McDonald; Santana; Sly and the Family Stone; Janis Joplin; Jimi Hendrix; Crosby, Stills & Nash
     Synopsis (officiel)
 Woodstock - 3 jours de musique et de paix.
 Ils vinrent des quatre coins du monde. Ils étaient presque un demi million rassemblé sur un champs du comté de Sullivan, dans l'état de New York. Pendant 3 jours, ils vécurent, mangèrent, dormirent côté à côte. Mais surtout ils écoutèrent de la musique et quelle musique ! Michael Wadleigh et son équipe de 12 cameramen ont capturé les meilleurs moments du plus grand concert jamais organisé...

 Heureux les jeunes qui ont passé trois jours à Woodstock en 1969 dans l’entraide, la paix, en écoutant la plupart du temps la musique.
 Ah, comme on serait heureux si en ce premier quart  de  vingt-et-unième siècle, 500 000  à 1 000 000 de jeunes de tous les pays du monde se réunissaient dans un pays, quel qu’il soit sur cette terre, dans la paix et la fraternité, chantaient, communiaient, écoutaient de la musique et dansaient pendant plusieurs jours ! 
 En partant, ils ne devront pas oublier de demander fermement chacun à son pays de s’engager à ce que cet élan ne s’arrête jamais.
 Et se jurer eux-mêmes de parfaire cet engagement une fois qu’ils seront majeurs et aux affaires.  

Réalisation, Scénario: Philippe Marouani. 1996 ; 61'.
 Concert avec : Jacques Brel
Concert enregistré les 28 et 29 octobre 1966 à l’Olympia : 
1. Le Chaval  2. Fils de… 3. Jacky  4. Le Gaz  5. Les Vieux    6. Les Bigotes  7. Mon Enfance  8. Mathilde  9. Ces Gens Là  10. Amsterdam  11. Les Bonbons 67  12. Jef   13. Au Suivant  14. Le Plat Pays  15. Madeleine
       C'est trop facile d'entrer aux églises 
De déverser toute sa saleté / Face au curé qui dans la lumière grise
Ferme les yeux pour mieux nous pardonner 
Tais-toi donc Grand Jacques / Que connais-tu du Bon Dieu 
Un cantique une image / Tu n'en connais rien de mieux 
       C'est trop facile quand les guerres sont finies 
D'aller gueuler que c'était la dernière 
Ami bourgeois vous me faites envie 
Vous ne voyez donc point vos cimetières 
Tais-toi donc Grand Jacques / Et laisse-les donc crier 
Laisse-les pleurer de joie / Toi qui ne fus même pas soldat 
       C'est trop facile quand un amour se meurt 
Qu'il craque en deux parce qu'on l'a trop plié 
D'aller pleurer comme les hommes pleurent 
Comme si l'amour durait l'éternité 
Tais-toi donc Grand Jacques / Que connais-tu de l'amour 
Des yeux bleus, des cheveux fous / Tu n'en connais rien du tout 
       Et dis-toi donc Grand Jacques 
Dis-le-toi bien souvent  / C'est trop facile 
C'est trop facile / De faire semblant
 Il avait admirablement compris la nature humaine … Et nos limites en tant qu’élément essayant de porter un regard critique sur un ensemble auquel, que cela nous plaise ou pas, nous appartenons ! Comme l’atteste, ici, son titre "Grand Jacques".
Testimony: The Story of Shostakovich Réalisation, Scénario: Tony Palmer. 1987. 151'. Avec: Ben Kingsley (Dmitri Shostakovich), Sherry Baines (Nina Chostakovitch), Terence Rigby (Joseph Stalin), Ronald Pickup (Mikhaïl Toukhatchevski), John Shrapnel (Andreï Jdanov)
La vie du compositeur Soviétique Dmitri Shostakovich, 1906-1975
[Jdanov] A l’Ouest les artistes font partie du décor mercantile. Leur prétendue liberté n’est qu’un combat pour leur survie. 
 Nous, nous reconnaissons et valorisons nos artistes. Alors, nous attendons que vous nous parliez ! Mais de façon constructive, pas négative, décadente ou désespérante. 

Dans l’au-delà.
 [Shostakovich] Ma musique parle ! Elle touche les gens là où personne ne peut les atteindre. 
 [Stalin] Nous devons stopper çà ! J’ai détruit ce que vous appellez la "sincérité". La vie intérieure doit cesser. Ne pas laisser les gens vivre hors d’atteinte ; c’est mon message !
 Vous, vous n’êtes qu’une triste coda crépusculaire ; c'est votre signification !
  Je suis ce que les gens veulent vraiment. Un jour ils me demanderont de revenir, ni noir , ni blanc. Juste un gris sale ...
 

Commentaire "Occidental", écrit, fixe en générique final. 
 By the time of his death, 1975, Dmitri Shostakovicch, People’s Artist of The Soviet Union, had completed 15 symphonies, 15 string quartets, 4 operas; in all, at least 147 works. 
 By the time of his death, 1953, Joseph Stalin, Marshal of The Soviet Union, had murdered, or caused to be put to death, in peacetime, in all, at least 30 million people. 

Gold medal for Best Drama, New York International Film Festival. Fellini Prize, UNESCO. Critics Prize, SãoPauloInternalFilmFestival
Titre original. Réalisation : Allan Arkush, , Scénario :  Robert Johnson. 1998 ; 240'     Avec : Terron Brooks (Eddie Kendricks), Christian Payton (Paul Williams), Charles Malik Whitfield (Otis Williams), D.B. Woodside (Melvin Franklin), Alan Rosenberg (Shelly Berger), Tina Lifford (Haze), Jenifer Lewis (Mama Rose), Gina Ravera (Josephine), Obba Babatundé (Berry Gordy), Harold Surratt (Edgar)
Histoire du groupe mythique de la Motown des années 60-70.
 Par-delà des problèmes de groupe, il y a la qualité des chansons, la présence sur scène et le rythme. 
 Un hommage au grand groupe qui fit danser et aimer ses "tubes" à toute la jeunesse américaine sans distinction de classe ou de race, et à la jeunesse européenne et d’ailleurs.  

Motion Picture Sound Editors. NAACP Image Awards.
Primetime Emmy Award

Titre original. Réalisation : Robert Wise, Jerome Robbins. Scénario : Ernest Lehman. Musique : Leonard Bernstein.  1961 ; 152'.   Avec : Natalie Wood (Maria), Richard Beymer (Tony), Russ Tamblyn (Riff), Rita Moreno (Anita), George Chakiris (Bernardo)
Dans le West Side, quartier de New York, deux bandes de jeunes s'affrontent, les Sharks de Bernardo et les Jets de Riff. Lors d’une soirée un ancien Jets, Tony, a un coup de foudre pour la belle Maria, sœur de Bernardo.
 Le Roméo et Juliette américain, la musique de Leonard Bernstein. Une belle chorégraphie.
 Un grand succès populaire.
"Le film aux 10 oscars" en 1962
Réalisation: Clint Eastwood, Scénario: Joel Oliansky. Musique: Lennie Niehaus. 1988 ; 154'. Avec : Forest Whitaker (Charlie  Bird Parker), Diane Venora (Chan Parker Richardson), Michael Zelniker (Red Rodney), Samuel E Wright (Dizzy Gillespie), Keith David (Buster Franklin), Michael McGuire (Brewster), James Handy (Esteves), Damon Whitaker (Charlie, enfant), Morgan Nagler (Kim), Arlen D Snyder (Dr Heath)
 La vie d’un grand saxophoniste Américain de la première moitié du 20e siècle.
 Clint Eastwood l’a souvent dit : « Les Américains ont pour eux le jazz et le western, mais ils les négligent car ils leur sont trop familiers. »
C’est peut-être pour cette raison qu’il s’est montré ambitieux avec ce biopic sur Charlie "Bird" Parker.         ...
 Sans aucun jugement moral ni complaisance dans l’esthétique rétro ou le sensationnalisme trash, Eastwood prend son temps pour nous permettre d’être imprégné par cette musique et donc comprendre Parker.                                            Télérama 

 «There are no second acts in Amarican lives», citation de Scott Fitzgerald écrite au début du film.
 Son interprétation, dans ce contexte précis, n’est pas le plus important pour moi. La musique, un saxophone entrainant, même pour un non connaisseur de jazz comme moi, et la revendication acceptation de son identité, suffisent à faire de BIRD une œuvre émouvante et belle.
Cannes 1988 : Prix d'interprétation masculine Forest Whitaker 
NYfilmCritics Circle Awards 1988: meilleure second rôle Diane Venora
Oscars 1989 : meilleur son  
Golden Globes 1989 : meilleur réalisateur Clint Eastwood 
Prix Sant Jordi 1989 : meilleur film étranger
Union de la critique de cinéma 1989 : Grand Prix
Titre original. Réalisation, Scénario : Jacques Demy. Musique : Michel Legrand.  1967 ; 120'.   Avec : Catherine Deneuve (Delphine Garnier), Françoise Dorléac (Solange Garnier), Jacques Perrin (Maxence), Danielle Darrieux (Yvonne Garnier), Michel Piccoli (Simon Dame), Gene Kelly (Andy Miller), George Chakiris (Étienne), Grover Dale (Bill)
Synopsis (officiel)
 Delphine et Solange sont deux jumelles de 25 ans, ravissantes et spirituelles. Delphine, la blonde, donne des leçons de danse et Solange, la rousse, des cours de solfège. Elle vivent dans la musique comme d’autres vivent dans la lune et rêvent de rencontrer le grand Amour au coin de la rue. Justement des forains arrivent en ville ...
 « Pour parler des Demoiselles de Rochefort, il faudrait recourir au délicieux vocabulaire des confiseurs. C’est un film devant lequel on se lèche les doigts. Moi qui suis gourmand comme un vieux matou, je me régale et je ne vois pas du tout pourquoi je bouderais mon plaisir. Car c’est de plaisir qu’il s’agit. D’un plaisir assez fou, assez violent pour changer les couleurs du monde. Une tornade blanche multipliant par tout de beaux corps de vingt ans que chantait Rimbaud et qu’exalte la danse. Tout devient musique. Musique pour les yeux. Musique pour les oreilles. » 
    Jean-Louis Bory, Le Nouvel Observateur, 8-14 mars.1967 

Meilleure musique pour un film musical, Oscars 1969
Prix Max-Ophüls, 1967