Réalisation, Scénario : Djibril Diop Mambéty. 1992 ; 110'.
Avec : Mansour Diouf (Dramaan Drameh), Ami Diakhate (Linguère Ramatou), Mamadou Mahourédia (le Maire), Djibril Diop Mambéty (Gaana, le Juge), Omar Ba dit "Baye Peul" (le Chef du protocole), Issa Samb (le Professeur), Faly Gueye (la femme de Draman Drameh), Rama Tiaw (la femme du Maire), Calgou Fall (le Prêtre), Kaoru Egushi (Toko), Mbaba Diop de Refisque (le Seigneur de la plume), Abdoulaye Yaba Diop (le Médecin)
Transposition dans la société africaine de la pièce de théâtre "La Visite de la vieille dame" de Friedrich Dürrenmatt.
Pour partager le repas d’un lion, il faut être des siens.
Linguère Ramatou
Un constat froid et exempt d’emphase de la société, de la nature humaine.
Réalisation, Scénario : Férid Boughedir. 1996 ; 100'.
Avec : Gamil Ratib (Hadj Beji), Mustapha Adouani (Youssef), Guy Nataf (Jojo), Ivo Salerno (Giuseppe), Michel Boujenah (TSF), Claudia Cardinale (propre rôle), Sonia Mankaï (Meriem), Ava Cohen-Jonathan (Tina), Sarah Pariente (Gigi), Kais Ben Messaoud (Chouchou), Mohamed Driss (Miró)
Comment pour moi, arabe et musulman vivant en terre d'islam, parler le plus justement possible de l'amitié et de la tolérance vécue entre Juifs et Arabes, entre musulmans et catholiques en Tunisie, à l'heure où dans le monde on s'entretue pour sa religion et où l'intégrisme voudrait imposer partout une pensée unique ? Comment dire la sensualité quotidienne de ma société qui a toujours réussi à placer la vie au-dessus de tous les dogmes ? En parlant de ces choses simples que j'ai vécues ... à La Goulette. Férid Boughedir
Une vision juste et éclairante, de l’intérieur, d’une société maghrébine. Même si c’est la plus libérale …
Une découverte.
Réalisateur, Scénario : Souleymane Cissé. Musique : Lamine Konté. 1978 ; 91'.
Avec : Balla Moussa Keïta (Makan Sissoko), Baba Niare (Balla Diarra), Boubacar Keïta (Balla Traoré), Oumou Diarra (la femme de l'ingénieur), Ismaïla Sarr (le doyen des ouvriers), Oumou Koné (Djénéba)
Les problèmes économiques et sociaux dans une grande ville africaine face à l’urbanisation et l’industrialisation.
Un regard sur les problèmes quotidiens de survie des classes moyennes comme des ouvriers de base.
J’ai voulu esquisser une description des problèmes d’une classe ouvrière en formation. Il faut s’interroger sur la façon dont cette classe va s’intégrer au processus de développement de nos pays. Souleymane Cissé
"Baara" a reçu :
- Fespaco, Ouagadougou : Grand Prix
- Festival des trois continents, Nantes : Golden Montgolfiere
- Festival du Film, Locarno : Ernest Artaria Award
Prix du Jury œcuménique
Titre original : Finye (Le vent)
Réalisation, Scénario : Souleymane Cissé. 1982 ; 100'.
Avec : Foussenyni Sissoko (Bah), Goundo Guissé (Batrou), Balla Moussa Keita (colonel Sangaré), Ismail Sarr (Kansaye), Omou Diarra (La Troisième épouse), Ismaila Cissé (Seydou), Massitan Ballo (La mère de Bah), Dioncounda Kone (La grand-mère de Bah), Yacouba Samabaly (commissaire)
Les révoltes scolaires et universitaires contre la dictature militaire qui sévissait au Mali dans les années 70-80 et les remous sociaux. Quelques histoires ou destins personnels.
J’ai fait ce film quand les Maliens avaient cessé de croire en leur avenir pendant une période de tension politique et militaire. J’étais tellement confiant en l’avenir que j’ai fait "Finyé" et il a créé un grand engouement populaire car le film disait ce que les gens n’osaient pas dire. Souleymane Cissé
Le vent réveille la pensée de l’homme. Proverbe bambara
Vous êtes contre nous, mais vous n’êtes que de petits imbéciles. Ce n’est pas à vous ni à vos pères que nous devons notre pouvoir, mais à la force de nos armes. Vous voulez que nous quittions le pouvoir. Eh bien, nous ne partirons pas, sauf si nous le décidions nous-mêmes. Je peux vous tuer tous ici, sans aucune conséquence. Notre pouvoir n’est pas un vent éphémère précédant la pluie. Il est solide. Colonel Sangaré
Réalisateur, Scénariste, Dialoguiste : Joseph Gaï Ramaka. 2000 ; 86'. Avec : Djeïnaba Diop Gaï (Karmen Geï), Magaye Niang (Lamine Diop), Stephanie Biddle (la directrice de la prison), Thierno Ndiaye Doss (le vieux Samba), Dieynaba Niang (Ma Penda), El Hadj N'Diaye (Massigi), Aïssatou Diop (Majiguene), Widemir Normil (le divisionnaire), Yande Codou Sene (la chanteuse de la plage), Marie-Augustine Diatta (la gardienne chef), Coly Mbaye (l'inspecteur Tall), Doudou N'Diaye Rose (Doudoud N'Diaye), Philippe Cosson (le prêtre de la cathédrale)
KARMEN GEI a été censuré dans la plupart des pays ouest-africains.
Le mythe de Carmen transposé au Sénégal. La belle Karmen Geï, enfermée dans une prison à Gorée, séduit la directrice et s’enfuit. En liberté, elle continue ses aventures perturbantes dans un environnement qui est aux antipodes d’une société permissive.
-Tu es vraiment une drôle de femme, Karmen.
-Pas plus que les autres, Massigi ! Seulement, elles ne le montrent pas, pour ne pas faire de vagues.
Si l’essence de Carmen, comme le suggère Bizet, c’est le rythme et la danse, la Carmen africaine ne pouvait être mise nulle part mieux qu’au pays du sabar. On se laisse aller aux sonorités d’une langue, le rythme, la sensualité et la danse omniprésentes.
Réalisation, Scénario : Ousmane Sembène. 1966 ; 65'.
Avec : Mbissine Thérèse Diop (Diouana), Anne-Marie Jelinek (Madame), Robert Fontaine (Monsieur), Momar Nar Sene (le petit ami de Diouana)
La vie, le ressenti d’une jeune Sénégalaise bonne d’une Européenne à Dakar. Ses pérégrinations jusqu’en France comme bonne à tout faire, sa vision de cette société étrangère, ses ressentiments …
L’œuvre d’un humaniste.
La peinture émouvante, sombre, et juste, d’une réalité très souvent oubliée.
Réalisation : Mohammed Lakhdar-Hamina ; Scénario : Mohammed Lakhdar-Hamina, Tewfik Farès. 1975 ; 177 mn. Avec : Mohammed Lakhdar-Hamina (le Conteur fou), Yorgo Voyagis (Ahmed), Cheikh Noureddine (l'Ami), François Maistre (le Contremaître de la carrière), Henry Czarniak, Hassan El Amir, Brahim Haggiag, Hassan El-Hassani, Leila Shenna, Yahia Benmabrouk, Hadj Smaine, Sid Ali Kouiret, Larbi Zekkal, Jacques David.
Chronique des années de braise est composé de 6 volets : les années de Cendre ; les années de Braise ; les années de Feu ; les années de la Charrette ; les années de la Charge ; le 1er novembre 1954.
Le Phœnix des peuples est plus long à renaître de ses cendres qu'à périr. Cette chronique est d'une certaine manière, celle de cette renaissance. Ce film dont l'histoire débute en 1939 et se termine le 1er novembre 1954, n'a pas la prétention de couvrir toute l'histoire de l'Algérie, mais à travers des repères historiques, il essaie d'expliquer que le 1er novembre 1954 (date du déclenchement de la Révolution Algérienne) n'est pas un accident de l'histoire, mais l'aboutissement d'un long trajet qu'entreprit le peuple algérien contre le fait accompli au lendemain du 5 juillet 1830. Synopsis officiel
Avec ce film, j'avais eu envie d'expliquer pour la première fois comment est arrivée la guerre d'Algérie. Cette révolte, qui est devenue la révolution algérienne, est non seulement contre le colonisateur, mois aussi contre la condition de l'homme. Mohamed Lakhdar Hamina
Chronique de la résistance et des luttes du peuple algérien contre la colonisation française, depuis 1939, jusqu’au déclanchement de la Guerre d’Algérie en 1954.
Palme d'or Festival de Cannes 1975
Réalisation : Abderrahmane Sissako ; Scénario : Abderrahmane Sissako, Kessen Tall. 2014 ; 97 mn. Avec : Ibrahim Ahmed dit Pino (Kidane), Toulou Kiki (Satima), Abel Jafri (Abdelkrim), Fatoumata Diawara (Fatou, la chanteuse), Hichem Yacoubi (un djihadiste), Kettly Noël (Zabou), Layla Walet Mohamed (Toya), Adel Mahmoud Cherif (l’imam de Tombouctou), Salem Dendou (le chef djihadiste)
En 2012, une coalition de groupes djihadistes met en déroute les troupes maliennes du Nord et occupe toute cette partie. L’occupation de la plus illustre ville du Mali, Tombouctou s’inscrit dans ce contexte.
Le film Timbuktu (orthographe anglaise) s’inspire de cet épisode où l’interprétation rigoriste, voire l’obscurantisme des salafistes d’Ansar Dine, a conduit, entre autres, à l’interdiction de la musique et du football, à l’instauration du voile islamique et de la charia.
Le film montre la résistance de cette ville, musulmane modérée et tournée vers la culture, au rigorisme salafiste totalement étranger à sa tradition.
Titre original : Asfour Stah (عصفور السطح). Réalisation, Scénario : Férid Boughedir. 1990 ; 95'.
Avec : Selim Boughedir (Noura), Mustapha Adouani (Si Azzouz), Rabia Ben Abdallah (Jamila), Mohamed Driss (Salih), Hélène Catzaras (Latifa), Fatma Ben Saïdane (Saloua), Abdelhamid Guayas (Cheikh Mokhtar), Jamel Sassi (Moncef), Carolyn Chelby (Leïla), Fethi Haddaoui (Khemaïs1)
La vie dans la Tunisie d’aujourd’hui, les rapports homme femme, le regard des adolescents avec l’éveil des sens. Et, parfois, quelques manifestations du régime musclé de Ben Ali.
Tanit d'or, Prix de la meilleure interprétation, Prix de la meilleure mise en scène et Prix Unesco aux Journées cinématographiques de Carthage ; Grand Prix de la Mostra de Valence du cinéma méditerranéen ; Médaille d'or du meilleur film au Festival du film de Giffoni ; Prix du meilleur espoir masculin au Festival international du film de comédie de Vevey ; Grand prix spécial du jury, Prix de la meilleure image du Festival de Las Vegas ; Prix de la meilleure première œuvre du Festival de Chicago ; Grand prix du Festival Vue d'Afrique au Canada ; Prix du public à Wurtzbourg en Allemagne ; Meilleur film arabe de l'année au Festival du Caire ; Olivier d'or du Festival de Bastia
Titre original : Goodbye Morocco.
Réalisation, Scénario : Nadir Moknèche. 2013 ; 95'.
Avec : Lubna Azabal ( Dounia ), Faouzi Bensaïdi (Ali), Rasha Bukvic (Dimitri Barbarossa), Ralph Amoussou (Gabriel, l'ouvrier nigérian)
A Tanger, Dounia est rejetée par la société traditionnelle depuis son divorce et sa vie avec un étranger. Elle décide de vendre au marché noir des antiquités découvertes sur le chantier immobilier qu'elle dirige pour quitter le Maroc avec son fils et son amant.
Un film surprenant et courageux dans une société islamique. Avec, en toile de fond, le drame des migrants subsahariens en partance pour l’Europe, et parfois un peu exploités en attendant.
Le Moineau (Al Asfour). Réalisation: Youssef Chahine; Scénario: Youssef Chahine, Lotfi El Khouli. 1972 ; 105'. Avec: Salah Kabil (Yussif Fath el-Bab), Ali El Scherif (Rawf), Mahmoud El-Meliguy (Ryad), Seif El Dine (Ismail), Mariem Fakhr El Dine (Fatma), Habiba, Mohsena Tewfik (Bahiya), Sid Ali Kouiret
A la veille de la Guerre des Six Jours, un journaliste est envoyé enquêter sur un malfaiteur. Il parcourt ainsi le pays et observe …
Dans les rues du Caire, d’Alger, de Tunis, de Bagdad, enfin dans toutes les capitales arabes […], la jeunesse m’arrête : « Dis Youssef, qu’est-il arrivé en juin 67 ? D’où est venue la défaite ? Pourquoi ? »
Youssef Chahine
Youssef Chahine montre tout son intérêt pour l’Egypte ordinaire, ses difficultés quotidiennes, ses soucis, les problèmes qui freinent le développement. Sur ce plan il est difficilement attaquable.
Sa tentative de compréhension des raisons, selon lui, de la défaite de 1967, n’est évidemment pas partagée par tout le monde. Surtout pas au sommet, ce qui lui a valu des déboires.
Réalisation, Scénario: Mahamat-Saleh Harouni. 2006; 96'. Avec: Ali Barkai (Atim), Youssouf Djaoro (Nassara), Abderamane Abakar (Soldat), Aziza Hisseine (Aicha), Djibril Ibrahim (Moussa), Fatimé Hadje (Tante), Khayar O Defallah (Gumar Abatcha)
Tchad, 2006, le gouvernement a accordé l'amnistie à tous les criminels de guerre. Atim, 16 ans, reçoit un revolver des mains de son grand-père pour aller retrouver l'homme qui a tué son père...
-Est-ce que ta main a tremblé ?
-Non.
-Alors, tu es un homme petit-fils.
La sècheresse se réfère à la raideur, la peur réciproque, cette animalité entre ces êtres. Aussi, pendant la saison sèche dans le Sahel, il ne pleut pas, il y a une certaine aridité ; et c’est souvent la période choisie pour bouger, voyager, ou faire la guerre. Mahamat-Saleh Haroun
A l’exclusion du combat mené par des séparatistes qui relève plutôt du terrorisme ; le Tchad est, avec le Zaïre, le pays qui a connu le plus de luttes armées internes pour le pouvoir. Amenant désastres économiques et humains et posant le problème de la reconstruction et de la justice après la guerre civile. Haroun dans un souci pacifiste et humaniste est loin de la vengeance destructive.
Sans être pour un pardon irresponsable.
Prix du Jury, Venise ; Étalon de bronze, FESPACO ; Prix Unesco
Réalisation, Scénario: Mohamed Kordofani. 2023; 116'. Avec: Siran Riak (Julia), Eiman Yousif (Mona), Ger Duany (Majier), Nazar Gomaa (Akram)
Années 2000, dans le plus vaste pays d’Afrique, l’opposition entre les Soudanais du Sud et ceux du Nord devient de plus en plus violente. Dans ce chaos, une femme du Nord rencontre une du Sud.
Ce qui nous fait peur au départ, c'est que nous verrons la fin un jour. / Je ne pourrai pas vivre sans toi. Tu n'as pas pu être avec moi. / Garde tes souvenirs près de toi. Mes excuses n'ont pas suffi. / Laisse derrière toi un sourire pour que je le voie. / Quand je me parle dans le miroir, dis-moi comment / je peux survivre à un autre automne sans toi à mes côtés. / Quand il ne reste que ton ombre. Dis-moi. / Puis-je survivre à un autre automne sans toi à mes côtés ? / Quand il ne reste que ton ombre. / Ce qui rend la fin si effrayante, c'est le souvenir tenace du début / et réaliser que je vis sans toi. / Sans toi à mes côtés. La chanson de Mona
La première chose qui m’a motivé à écrire a été le résultat du référendum de 2011 sur l’indépendance du Sud-Soudan, près de 99 % des électeurs se sont prononcés en faveur de la sécession. Pour moi, ce fut comme une révélation.
Il est impensable qu’une nation entière veuille faire sécession. Après avoir réfléchi, le problème était clair : le Soudan souffre de tribalisme, racisme, préjugés, et de toutes sortes de choses qui éloignent les gens les uns des autres et ne les rapprochent pas.
Le film évoque aussi le patriarcat dans ma société. Bien qu’il y ait un aspect personnel, le film était aussi une tentative de réveiller les Soudanais avant qu’une autre guerre n’éclate. Peut-être que je suis arrivé un peu trop tard, car la guerre a déjà éclaté… Mais c’est pour cela que j’ai fait ce film. Mohamed Kordofani, sur RFI en 2023
Il y a des forces, internes et externes, œuvrant à la dislocation des pays "extérieurs". Mon pays est sacré, ses frontières intangibles. Celui des autres ... C’est l’une des plus grandes hontes de l’histoire des hommes. Doit-on ranger le Soudan dans les rares cas où la scission est regrettable, mais compréhensible ? Les arguments exposés ici tendent, hélas, à répondre affirmativement.
Un drame individuel lié à une tragédie historique. Une réflexion sur la haine, la violence, le remords. Une œuvre émouvante, la tendresse et la compréhension de deux êtres. Un grand film.
Prix Liberté, FR ; Humanity Prize, PL ; REA, US ; BAF, EG
Réalisation, Scénario: Wanuri Kahiu, Jenna Bass, Monica Arac de Nyek. 2018; 83'. Avec: Samantha Mugatsia (Kena), Sheila Munyiva (Ziki), Jimmi Gathu (John Mwaura), Nini Wacera (Mercy), Dennis Musyoka (Peter Okemi), Patricia Amira (Rose Okemi), Neville Misati (Blacksta), Muthoni Gathecha (Mama Atim)
A Nairobi, deux lycéennes dont les parents sont politiquement opposés, deviennent de proches amies. Sous le regard circonspect des autres.
-Tu verras un jour le gars que je suis. Je te donnerai tout ce que tu as toujours voulu : argent, maison …
-Tu crois que c’est tout ce que je veux dans la vie ?
-C’est ce que tout le monde veut.
Les relations homosexuelles sont criminelles au Kenya avec des peines pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison. Ces cinq dernières années, pendant la conception du film, nous avons été témoins du développement inquiétant du climat anti LGBTI en Afrique de l’Est.
On savait que faire un tel film impliquait de défier un cynisme profondément ancré et nécessitait que chaque membre de l’équipe réfléchisse bien à sa décision de faire le film et en parle à sa famille. La plupart ont accepté, un a refusé.
Une industrie cinématographique ne peut pas prospérer dans un endroit qui ne permet pas la liberté d’expression ou de création, qui n’autorise pas son public adulte à voir des films. On espère que cette politique va changer à l’avenir. Wanuri Kahiu
Je me rappelle ce débat avec l’une de mes étudiantes : -Mr, vous êtes allé à la manif pour tous? -Non. -Alors vous êtes contre! -Non, je n’ai pas dit ça... Après, j’ai dû réfléchir sur ce sujet qui, je suis obligé de le reconnaitre, ne m’intéressait pas beaucoup.
Un sujet peut être important pour des personnes, même minoritaires, qui en souffrent. Mon confort, dans l’occultation de leur souffrance, m’a alors interpellé. Quant à la persécution morale ou physique allant jusqu’à la criminalisation d’une réalité, qui n’est qu’une question de préférences entre personnes adultes, on est dans le refus et la négation de l’autre. Ce à quoi chacun, même n’étant pas d’un quelconque lobby, pourra donner un nom.
Réalisation, Scénario: C J Obasi. 2023; 108'. Avec: Rita Edochie (Mama Efe), Uzomaka Aniunoh (Zinwe), Evelyne Ily (Prisca), Emeka Amakeze (Jasper), Kelechi Udegbe (Jabi)
Dans le village d’Ilyi au sud Nigeria, la divinité de la mer, Mami Wata, a une prêtresse vieillissante. Des gens se disant progressistes veulent en finir avec les croyances du passé. Ils sont combattus par les filles héritières de la princesse.
- Pourquoi elle ne l'a pas sauvé ?
- Elle n'a plus de pouvoir.
Les bénédictions ont disparu d'Iy.
Ils ont trompé tout le monde à Iyi...
I wanted to tell the story of a beautiful village. I wanted to talk about a powerful Goddess, who gifted her daughter to the people. I wanted to talk about destiny and human strength.
I want to make a kickass fantasy film about African spirituality grounded in universal themes, exploring genre through an ancient belief system, as well as subverting genre through that same belief system. African cinema has come a long way but we need to take it to the next level; in some ways, maybe create a new cinema. I believe we must do this through genre. And Mami Wata for me epitomizes this need to see a new kind of African cinema. C J Obasi
Le processus de mondialisation et de développement de l’Afrique peut nécessiter parfois de mettre en sourdine certaines croyances ou superstitions.
Mais attention à la table rase qui est un appauvrissement pouvant même conduire à la déculturation et au chaos social ! Sans compter que certains groupes ou groupuscules profitent, suivant leurs intérêts, de tout pour amener le désordre et le malheur…
Prix de la critique, FESPACO ; Jury Prize, Sundance
Les Moissonneurs. Réalisation, Scénario: Etienne Kallos. 2018; 107'. Avec: Danny Keogh, Benré Labuschagne, Alex vDyk, Juliana Venter, Brent Vermeulen, Morné Visser, Erica Wessels
Une riche famille d’afrikaners vit recluse dans sa ferme, au sein de sa communauté craignant les évolutions d’après Apartheid. N’ayant qu’un garçon adolescent, elle décide d’en adopter un autre pour assurer la pérennité du clan. L’arrivée de cet élément extérieur va se révéler perturbateur.
Let us pray. Lord, we ask you to get rid evil that lives in us.
-Is he really an Afrikaner? … I'm tall enough to tell Mom what I feel.
-Yes, it's true. -Everything is different, since he is here. I do not like it.
-We made a choice. -But it's not my brother. He will never be my brother.
-There are so few of us left, Janno. Afrikaners. One day, you will understand.
-Understand what? -Why he arrived with us? Here, up to us? -Because God sent it.
-Yes, Janno. Open to him your heart, as you did with your sisters. God has led him to us and we must submit to His decisions. Janno, if we do not welcome ours, who’s gone do it? He will run away. Make sure he stays. This is our test, to us all. I cannot leave this child to get lost in the dark night. I will not confront Judgment last with this weight on the conscience. Help me.
South Africa is my country, and I wanted to make a film that explores what is happening there today, to show cinematically an emerging experience that is hard to put into words… I wanted to explore the experience of living in fracture, of being displaced culturally and spiritually, of being a product of this post-colonial era. Etienne Kallos
Ce qui arrive en Afrique du Sud et effraie les fermiers Afrikaners, et Etienne Kallos, est simplement une reforme agraire pour plus de justice sociale. Il ne s’agit pas d’exproprier ou de chasser qui que ce soit. L’histoire des deux frères n’est qu’une parabole expliquant les malheurs supposés de cette société religieuse par la transgression de ses propres interdits. "Tu crois être fait pour cette terre, mais ton destin, c'est d'y passer et de disparaître sans laisser de trace" prédit dans le film ne se réalisera pas.
La RSA ne pratique aucun sectarisme. Elle est et restera la nation arc-en-ciel voulue par son peuple et l’immense Mandela.
Jury Prize for Best First Film, IT
Réalisation, Scénario: Hailé Gerima. 2008; 143'. Avec: Aaron Arife (Anberger), Abeye Tedla (Tesfaye), Teje Tesfahun (Azanu), Nebiyu Baye (Ayalew), Takalech Beyene (Tadfe), Wuhib Bayu (Abdul), Veronika Avraham (Gabi), Araba Evelyn Johnston-Arthur (Cassandra)
Un étudiant Ethiopien du début des années 1970 se remémore son militantisme pendant ses études, son retour au pays sous la révolution, la vie au pays, les problèmes de liberté de pensée, …
-Tu peux venir demain à un meeting.
-S'il te plaît, la politique, ça suffit.
-Oh non, ici, on y revient. Ce n'est pas l'Allemagne. Ici, tu n'as pas le choix. C'est : "Soit tu es avec nous, soit contre." Tu devras rejoindre un groupe pour ta propre sécurité. Tu es tué par balles si tu ne prends pas position.
-Blâmer la junte est trop simple. Nous avons dispersé nos intellectuels et à la fin, la junte s'est enferrée.
-Je ne suis pas sûr de comprendre.
-Chaque fois que la junte s'est gauchisée, on a été encore plus loin. Si bien qu'à la fin, nous avons tous été brûlés par les flammes.
Le film exorcise le manque de connaissances, le savoir arrogant, exorcise une génération qui a manqué d'éducation. Nous pensions savoir mais nous ne savions pas. Nous ne savions même pas que nous nous ne savions pas. Hailé Gerima
Hailé Gerima se penche sur les erreurs et excès de la Révolution Ethiopienne, qui durant la Guerre Froide, a mis fin à une monarchie féodale et essayé de bâtir une démocratie populaire. Elle a échoué du fait de la faillite de ses théoriciens, et des contraintes imposées au peuple. Son constat, qui n’est pas faux, a été beaucoup apprécié comme l’attestent les récompenses obtenues par le film..
Mais il est très incomplet. Il oublie les forces extérieures hostiles qui ont organisé sabotages, rebellions intérieures et agressions extérieures contre l’Ethiopie du DERG.
Etalon d'or, FESPACO ; Tanit d'or, Carthage ; Prix du jury, Venise ; Grand prix, Amiens
Réalisation, Scénario: Dani Kouyaté, Moussa Diagana. 2001; 96'. Avec: Sotigui Kouyaté (Wakhané), Fatoumata Diawara (Sia), Balla Habib Dembélé (Griot), Hamadoun Kassogué (Kerfa), Ibrahim Baba Cissé (Mamadi), Kardigué Laïco Traoré (Kaya Maghan), Marietou Kouyaté (L'impératrice), Fily Traoré (Kélétigui)
Koumbi est une cité dominée par un empereur, maître de l´univers. Elle est frappée par la misère. Pour lui redonner prospérité, les prêtres de l´empereur doivent pratiquer un sacrifice humain habituel auquel le peuple ne croit plus. Sia est désignée pour le sacrifice. Mais elle est fiancée à Mamadi, un vaillant lieutenant de l´armée. Celui-ci apprenant la décision se rebelle et parvient à éviter le sacrifice de sa belle. Synopsis Editeur
-Vous médisez de moi, Karfa, et je sais qu’il y a des gens qui vous écoutent. Malgré tout, je vous épargne. Je veux comprendre pourquoi vous trouvez audience.
-Avez- vous besoin de moi ? Vous avez tellement de conseillers !
-Je sais que beaucoup ne disent que ce qui ne me déplait pas. Les belles paroles sont différentes de la vérité. C’est pourquoi je veux vous entendre, vous qu’on considère comme le Fou, pour mieux comprendre mon peuple.
-Le peuple est là. Il n’est pas caché. Il suffit de le rencontrer, de demander son avis…
-Pourquoi ne voulez-vous pas m’aider, Karfa ? Que voulez-vous ? Qui êtes-vous ?
-Je ne suis rien, moi. Je suis le rêve des autres.
Après "Keïta, l’héritage du griot", mon précédent film qui traitait de l'époque mandingue, de pertes et de retrouvailles avec les racines dans le bouillon de culture moderniste, je continue d'explorer les multiples possibilités offertes par la dramaturgie de la culture orale africaine. Mais cette fois, le ton est différent, je m'attache aux raisons des luttes intestines qui ensanglantent l'Afrique, en cherchant les causes (non cette fois dans l'esclavage ou le colonialisme), mais en alllant bien au-delà, interroger nos mythes fondateurs. Mythes, qui du fait des doses pernicieuses de totalitarisme qu'ils contiennent parfois, ont leur part de responsabilité à assumer. "Sia, le rêve du python" part de la légende du Wagadu, mythe fondateur des peuples pré-mandingues, pour devenir une fable politique universelle. DK
Les problèmes des pays africains s’expliquent le plus souvent, et à juste raison, par des logiques tenant de l’économie, la politique, l’éducation, le sabotage, … Le Burkinabè Dani Kouyaté (fils de l’immense Sotigui Kouyaté) propose, en complément, une approche culturelle très souvent négligée à tort : les superstitions et légendes du patrimoine africain. Bien comprises et interprétées, elles peuvent avoir un apport non négligeable.
Prix du Jury, Fespaco ; Prix OCIC, UE ; Prix ACP, UE
Le Train de sel et de sucre. Réalisation, Scénario: Licínio Azevedo, Teresa Pereira. 2016; 90'. Avec: Thiago Justino (Salomão), Matamba Joaquim (Taiar), Absalão Maciel (Baioneta), Mário Mabjaia (Adriano Gil), Hermelinda Simela (Amélia), Melanie de Vales Rafael (Rosa), António Nipita (Sete), Sabina Fonseca (Mariamu)
Fin des années 80, un train part du nord du Mozambique, en guerre civile, avec des passagers et du sel pour aller se ravitailler en sucre au Malawi. Il se heurte aux attaques des terroristes et à leurs sabotages…
Le lieutenant Taiar prendra l'avant. L'enseigne Salomon prendra le milieu. Je serai à l'arrière, dans le chariot du chef de train.
Abattez tous les fêtards. C’est un ordre! Tirez dans le dos des lâches et laissez les corps là où ils tombent. Pas d'enterrements. Nous allons en faire un exemple.
-Ce pays est incroyable. Il y a de bonnes personnes. Mais la guerre aggrave le mal. Les faibles s'affaiblissent ; les lâches encore plus lâches. Frères contre frères, ne sachant pas pourquoi ils se battent. Nous avons obtenu notre indépendance, mais maintenant, nous sommes pris au piège d'une guerre sans fin. Cela a commencé par être quelque chose ; maintenant, c'est tout autre chose. Et les grands leaders, eux ! Ils se battent pour le pouvoir. Les soldats, comme nous, tout ce qu'ils font, c'est sillonner la brousse. Pas le temps de faire quoi que ce soit de valeur de leur vie.
-Camarade, ne discute pas de politique. Notre politique est de survivre jusqu'à ce que nous atteignions notre destination.
Je ne fais pas de film politique. Ce n'est pas ma faute si toute la réalité, si toutes les choses au Mozambique sont politiques. C'est une histoire d'amour qui se passe dans la guerre. J'adore les westerns américains des années 40 et 50. Et il y a de petites références dans le film. Licínio Azevedo
Le Mozambique, avec l’autre pays frère l’Angola, a connu une longue guerre d’indépendance de dix ans, suivie d’une guerre civile de cinq ans. Licínio Azevedo, se défend de parler de politique mais nous donne un aperçu des difficultés et la violence résultante dans ce pays martyre et exsangue.
Son récit est toujours d’actualité, de tels évènements se passant encore sous bien d’autres cieux en Afrique.
Tanit d'or, CritiqueAfricaine, Fipresci, Carthage ; Best Film, ZA
Réalisation, Scénario: Lee Hirsch. 2002; 103'. Avec: Miriam Makeba, Vusi Mahlasela, ...
Amandla! tells the story of Black South African freedom music and the central role it played against Apartheid. The first film to specifically consider the music that sustained and galvanized black South Africans for more than 40 years, Amandla!’s focus is on the struggle’s spiritual dimension, as articulated and embodied in song. Named for the Zulu or Xhosa word for “power”, Amanda! lives up to its title, telling an uplifting story of human courage, resolve and triumph. Editor Synopsis
Nous avons tourné plus de 200 heures et trouvé environ 50 heures d'archives. Pendant la lutte, on prenait ce que tout le monde avait tourné parce qu'il y avait urgence de montrer. Maintenant c'est différent. J'ai dû renoncer à utiliser une partie du matériel, car je n'ai pas pu trouver qui l'avait tourné. Beaucoup de ce que j'ai reçu venait de cinéastes que je connaissais, des choses que les gens avaient gardées dans des sous-sols. Certaines m'ont même été montrées clandestinement. Une autre partie venait des Archives Nationales, qui avait une vieille cave de propagande secrète. Je tenais vraiment à cette apparence de 16mm granuleux parce que je trouvais qu'en télécinéma, il prenait vie d'une manière que les gens n'avaient jamais vue auparavant, lorsqu'il n'existait que de mauvais transferts.
Je me considère comme une personne de conscience. Quelqu'un qui croit que le cinéma est un outil puissant pour faire passer un message. Ce qui ne veut pas dire que je me sente obligé de faire du travail politiquement correct, de conscientisation, toute ma vie. Je suis très fier d'Amandla! Lee Hirsch
NKOSI SIKELEL’ iAFRIKA (DIEU PROTEGE L’AFRIQUE) [Hymne Sud-Africain]
Que Dieu bénisse l'Afrique,/ Puisse son esprit s'élever vers les cieux, [Xhosa]
Que Dieu entende nos prières / Et nous bénisse, nous ses enfants d'Afrique. [Zulu]
Sounds the call to come together / And united we shall stand / Let us live and strive for freedom / In South Africa our land. [English]
La non-violence, la dance, le chant et l’humour noir pour lutter contre l’une des formes extrêmes du racisme, l’Apartheid. Au bout, la victoire avec la libération de l’homme symbole de cette lutte, Nelson Mandela. Après 27 ans passés en prison, il a milité pour une nation multiraciale, la coexistence pacifique et fut honoré du prix Nobel. A ceux qui voulaient l’entrainer dans leurs querelles mensongères et partisanes, il a répondu : "Vos ennemis ne sont pas nos ennemis".
Lee Hirsch a réalisé ce film émouvant pour l’Afrique du Sud, afin de rendre hommage à sa grande lutte.
Best , ZA, US ; Liberté d'expression, US ; Critique, AU ; Documentary, US