Cine Latino
Amours chiennes. Réalisation, Scénario: Alejandro González Iñárritu, Guillermo Arriaga. 2000; 148'.  Avec: Emilio Echevarría (El Chivo), Gael García Bernal (Octavio), Goya Toledo (Valeria), Álvaro Guerrero (Daniel), Vanessa Bauche (Susana), Jorge Salinas (Luis), Marco Pérez (Ramiro), Rodrigo Murray (Gustavo), Humberto Busto (Jorge), Gerardo Campbell (Mauricio), Gustavo Sanchez Parra (Jarocho), Adriana Barraza (mère Octavio), Rosa María Bianchi (Luisa), Dunia Saldívar (mère Susana), José Sefami (Leonardo), Lourdes Echevarría (Maru)
 Différentes histoires au Mexique en milieu hors-la-loi, prolétaire ou petite bourgeoisie …
-Et nos projets ? 
-Tes projets ! Tu sais ce que disait ma grand-mère ? Si tu veux faire rigoler Dieu, raconte-lui tes projets.
Epilogue :
                A Luciana,  
         Parce que nous sommes aussi ce que nous avons perdu.

 Ce film m’a surpris par sa violence. Il donne de la société mexicaine, une image de brutalité qui ne me parait pas être répandue sous d’autres cieux. Ou bien vivrais-je dans l’illusion ? 
 Des histoires chiennes parfois comme tout ce sang versé, ces amours abominables ... Tout est noir ou rouge, dans ce film. González Iñárritu nous laisse entrevoir ici, des gens qui ne vivent qu’au jour le jour, dans quelque chose qui m’apparait de l’extérieur, proche du désespoir. 

Prix de la critique Cannes, Cercle d'Or Bogota, Grand Prix Bresil
21 Grammes. Réalisation, Scénario: Alejandro González Iñárritu, Guillermo Arriaga. 2003; 124'.  Avec: Sean Penn (Paul Rivers), Benicio del Toro (Jack Jordan), Naomi Watts (Cristina Peck), Charlotte Gainsbourg (Mary Rivers), Melissa Leo (Marianne Jordan), Danny Huston (Michael Peck), Clea DuVall (Claudia), Carly Nahon (Cathy), Claire Pakis (Laura), Eddie Marsan (révérend John), Teresa Delgado (Gina), Tony Vaughn (Al)
 Un accident rapproche un professeur de mathématiques attendant une transplantation, une ancienne droguée mère de deux enfants, un ancien détenu qui a trouvé la foi.
-Tu y es allée ?                           -Oui. 
-Tu les as vus ?                           - … [Larmes] 
-Je les ai tués ?                            - … [Larmes] 
-Je vais devoir aller me rendre aux flics.
-On dit que personne ne t’a vu, ni ta plaque, ni la marque du véhicule… ! 
-Maria, que dirais-tu si c’était les nôtres ? 
-Mais ce ne sont pas les nôtres. Ce n’est pas à nous que c’est arrivé… 
-Non, c’est juste à moi. 
 On dit que nous perdons tous 21 grammes au moment précis de notre mort… Le poids d'un colibri ! 21 grammes ; est-ce le poids de notre âme ? Est-ce le poids de la vie ?
       Epilogue :
                A Maria Eladia, 
Quand ce qui a été perdu a brûlé, les champs de maïs ont reverdi.

 Dans le deuxième volet de sa Trilogie de la Mort, González Iñárritu montre des gens tout à fait ordinaires. 
 Fatalité ou ordinaire… le désespoir.

NBR, Esprit du film indépendantNYFCO USA
Réalisation, Scénario: Alejandro González Iñárritu, Guillermo Arriaga. 2006; 143'.  Avec: Brad Pitt (Richard Jones), Cate Blanchett (Susan Jones), Gael García Bernal (Santiago), Elle Fanning (Debbie Jones), Rinko Kikuchi (Chieko), Nathan Gamble (Mike Jones), Kōji Yakusho (Yasujiro), Adriana Barraza (Amelia), Harriet Walter (Lilly), Clifton Collins (officier de l'immigration), Michael Peña (patrouilleur), Michael Maloney (James), Driss Roukhe (gendarme marocain), Boubker Ait El Caid (Yussef), Said Tarchani (Ahmed), Mustapha Rachidi (Abdullah père de Ahmed et Yussef)
 Quelques destins individuels au Maroc, aux USA, au Japon.
-Vu votre comportement, le gouvernement des USA va devoir vous expulser.
-Mais, por favor seignor, ça fait seize ans que je travaille, ici… ! 
-Désolé, fallait y penser avant.
       Epilogue :
                To my children, 
The brightest lights in the darkest night.

 Le malheur est toujours présent. Avec une remarque de détail, quand il y a légèreté d’un adulte envers des enfants on ne doit pas invoquer la fatalité, mais l’irresponsabilité coupable. 
 La Trilogie de la Mort se termine, comme elle a commencé, dans la tristesse. Avec une lueur d’espoir ? C’est selon le ressenti subjectif …

NYFCO, ALMA, Golden Globe USA ; David di Donatello It ; Bodil Dk
La Parole donnée. Réalisation, Scénario: Anselmo Duarte, Dias Gomes. 1962; 98'.  Avec: Leonardo Vilar (Ze), Glória Menezes (Rosa), Dionisio Azevedo (père Olavo), Norma Bengell (Marli), Geraldo delRey (Bonifao), Roberto Ferreira (Dédé), Othon Bastos (reporter), Gilberto Marques (Galego), Carlos Torres (Monseigneur), Antonio L Sampaio (Coca), Milton Gaucho (policier), João Di Sordi (détective), Irenio Simões (éditeur), Enoch Torres (inspecteur), Maria Conceição (tante), Veveldo Diniz (employé église)
 Un dévot promet de porter une lourde croix jusqu’à une église si son vœu se réalise.
 Quand il tient sa promesse il se heurte à des problèmes.
       Exergue :
 Au Brésil de nos jours, la pratique de la sorcellerie est encore fréquente. 
 L’adoration des dieux païens, notamment Yansan, maitresse des orages et des éclairs, se pratique au cours de cérémonies secrètes, candomblé, dont les rites ont été transmis par les premiers esclaves noirs. Mais pour éviter les persécutions et les répressions policières, les pratiquants de cette religion ont identifié leurs dieux aux saints catholiques, provoquant ainsi au cours du temps une véritable confusion dans les esprits.

  Les premières années du cinéma Novo brésilien.
 Les problèmes de coexistence pacifique entre l’orthodoxie catholique et le fond culturel africain importé par les esclaves. O Pagador de Promessas peut être vu comme un plaidoyer pour les apports exogènes dans la religion, mais aussi pour la lutte d’émancipation des Noirs et du prolétariat agricole.

Palme d'or Cannes ; Golden Gate Award USA ; Prix du jury Colombia
Une famille brésilienne. Réalisation, Scénario: Walter Salles, Daniela Thomas. 2008; 106'.  Avec: Sandra Corveloni (Cleuza), Joao Baldasserini (Dênis), Vinicius de Oliveira (Dario), José Geraldo Rodrigues (Dinho), Kaique Santos (Reginaldo), Roberto Audi (pasteur), Denise Weinberg (Estela), Sérgio Mastropasqua (Jefferson), Renata Novaes (Gloria), Gabriela Rabello (Dona Rosa), Beatriz Seigner (Paula), Mateus Solano (Marcelo)
 Dans la grande ville populeuse de San Paolo, une mère célibataire élève ses quatre fils. Chacun de ces enfants essaie de s’en tirer à travers son rêve : le football, la religion, la débrouillardise, …
 Bonjour à tous. Avant de commencer, écoutez-moi attentivement ! Savez-vous combien de personnes aimeraient être aujourd’hui à votre place ? … Des centaines de milliers. Ici, c’est différent de la rue, c’est collectif. Et il y a les règles, on ne joue pas perso. Tu ne passes pas le ballon, t’es dehors ; faute grave, t’es dehors. Le football c’est col-lec-tif !
-Mon Dieu, j’ai douté, j’ai faibli, je m’éloigne chaque jour un peu plus de toi. 
-Va en paix, mon fère. Jésus entend tes prières. 
-Je ne sais pas s’il a envie de les entendre. 
-Qu’est-ce qui t’arrive Dinho ? Au moment où tu as accepté Jésus, il t’a accepté. Depuis trois ans que je mène ce combat, je n’ai jamais vu cette église aussi vide. Maintenant, avec la nouvelle, à côté, tout le monde va là-bas. Et pourquoi ? Pour entendre des sermons qui plaisent. Pour entendre que Jésus est gentil. Jésus n’est pas gentil ; il ne l’a jamais été, il ne le sera jamais... 
 Ici, ce n'est pas le Brésil folklorique : Copacabana, le football et la samba. On est loin aussi de l’image du grand pays émergent avec des indicateurs économiques impressionnants. 
 Walter Salles nous montre, comme dans un documentaire, la dure réalité d’une bonne partie du peuple, livrée à elle-même et à ses rêves. Une vision qui, de l’avis de beaucoup de témoins, est loin d’être totalement imaginaire.

Grande Prêmio do Cinema Brasileiro Brésil 
Réalisation, Scénario: Kleber Mendonça Filho, Juliano Dornelles. 2019; 132'.  Avec: Udo Kier (Michael), Barbara Colen (Teresa), Sonia Braga (Domingas), Thomas Aquino (Pacote), Silvero Pereira (Lunga), Thardelly Lima (Tony Jr.), Rubens Santos (Erivaldo), Wilson Rabelo (Plinio), Carlos Francisco (Damiano), Luciana Souza (Isa), Karine Teles (l'étrangère), Antonio Saboia (l'étranger), Jonny Mars (Terry), Alli Willow (Kate), James Turpin (Jake), Julia Marie Peterson (Julia), Brian Townes (Joshua), Charles Hodges (Chris), Chris Doubek (Willy), Buda Lira (Claudio)
 Dans un futur proche, le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte.           Synopsis Editeur
 Il est intriguant de penser à des étrangers ayant le pouvoir de désactiver une région d’un radar, des cartes ou du GPS. C’est une démonstration de puissance, ça arrive probablement tout le temps. Kleber Mendonça Filho
-Que signifie Bacurau ? -C’est un oiseau
-Un petit oiseau ?          -Non, plutôt grand. 
-Une espèce disparue ? -Pas ici. On ne le voit pas
                                       parce qu’il ne sort que
                                       la nuit, il est farouche.
 
 Le Brésil de la lutte pour le pouvoir par tous les moyens : le mensonge, la corruption, et surtout la violence (dont Filho pouvait épargner la vue excessive aux âmes sensibles). 
 Que le film soit une charge contre le régime réactionnaire de Bolsonaro ne saurait en aucun cas le disqualifier comme partisan ou caricatural, et altérer son discours social progressiste.

Prix du jury Cannes
Réalisation, Scénario: Pablo Larraín, Guillermo Calderón. 2016; 108'. Avec: Luis Gnecco (Pablo Neruda), Gael Bernal (Óscar Peluchonneau), Alfredo Castro (Gabriel Videla), Mercedes Morán (Delia Carril), Pablo Derqui (V Pey), Marcelo Alonso (Pepe Rodríguez), Alejandro Goic (J Bellet), Francisca Imboden (Lola Falcón), Roberto Farías (chanteur travesti), Michael Silva (A Jara), Jaime Vadell (A Palma), Emilio Caba (Pablo Picasso), Francisco Reyes (Bianchi)
 Le Chili des années 1948 est touché par la Guerre Froide. Le poète Pablo Neruda, pour avoir dénoncé la dictature de Videla, est poursuivi. Il doit entrer dans la clandestinité...
-Vous connaissez Neruda ?                                            -Oui, Monsieur.  
-Notre pays est plein de communistes intelligents. Ils parlent français, aiment construire des ponts… Lors de ma campagne, il sortait un papier de sa poche, et dix 10 000 l’écoutaient bouche-bée. Mais notre pays ne pardonne pas aux bandits qu’on emprisonne. Attrapez-le et humiliez-le !

 On ne peut pas ranger Pablo Neruda dans une boîte. On ne peut pas déclarer : tiens, voilà, ça, c’est lui. Ce serait ridicule et prétentieux. C’est juste un film sur ce que la lecture de son œuvre crée en nous. Plus qu’un film sur Neruda, c’est un film « nérudien ». Il avait développé un univers si complexe, si extraordinaire, qu’il échappe à toute tentative de définition… Malgré tout, il fallait qu’on le représente, avec respect, bien sûr, mais librement. Qu’on se saisisse de ce personnage unique, dont on ne savait jamais s’il disait la vérité ou non, s’il était sérieux ou pas, s’il parlait de littérature ou de politique, de fiction ou de réalité, de vie ou de poésie.                Pablo Larraín
 Pablo Neruda fut un grand poète, couronné du Prix Nobel vers la fin de sa vie.  
 Il n’est pas resté à l’écart de la société. Ses poèmes et ses actes ont parfois soutenu les espoirs et les luttes de son peuple. Il est même mort sous la répression du coup d’état de Pinochet. Dire que ce film n’est pas conforme au sens de sa lutte relève donc du déni. 
 C’est un bel hommage à ce grand progressiste.

Fausta.Réalisation, Scénario: Claudia Llosa. 2009; 98'. Avec: Magaly Solier (Fausta), Susi Sanchez (Aida), Efrain Solis (Noé), Marino Bollon (Tío Lúcido), Antolín Prieto (le fils de Aída)
 Une jeune Inca, Fausta, souffre d’une étrange maladie. Il s’agit de peur et de mal-être qui selon la superstition est transmise par le sein des mères martyres, le lait du chagrin.
Peut-être un jour, réaliserez-vous comme j’ai pleuré/ J’ai supplié à genoux ces …/ Cette nuit-là j’ai crié/ Les collines répétaient mon cri/ Et les gens ont ri/ On disait que je luttais contre ma douleur/ La Chienne avec le chien/ …  
Chaque fois que je me souviens/ Quand tu pleures, Maman/ Ton lit a une tache de tristesse, de larmes et de sueur/ … Et je promets n’importe quoi/ Je mangerai si tu me chantes/ Et renouvelles ma mémoire qui tarit/ Quand je ne vois pas mes souvenirs/ Je ne suis plus en vie/ 
   Chanson du film, composée par Selma Mutal sur un texte de Claudia Llosa

 Avec toute cette musicalité présente aujourd’hui au Pérou, beaucoup de gens s’amusent à dire qu’il s’agit d’un film musical. C’est vrai qu’ici la musique est essentielle pour la trame. La musique est une forme de communication ; et ce chant quechua est comme un cri de cette culture qui se refuse à mourir.                Claudia Llosa
 La lutte menée contre le gouvernement du Pérou par le Sentier Lumineux, groupe maoïste, a duré des années 1980 jusqu’aux années 2000. Ce fut un drame où on a enregistré plus de 50 000 morts et viols. 
 La teta asustada apparait comme un exorcisme de cette tragédie. C’est une fable poétique et émouvante.

Ours d'OrFIPRESCI Berlin ; Or CA, MX, PE, CO, CU ; Goya ES 
Réalisation, Scénario: Alejandro Loayza Grisi. 2022; 85'. Avec: José Calcina (Virginio), Luisa Quispe (Sisa), Candelaria Quispe (Elena), Placide Ali (Eugenia),   Félix Ticona (Estanis), Santos Choque (Clever), René Calcina (motocycliste), René Pérez (Callawaya), Jorge Y Nogales (docteur)
 Sur les hauts plateaux des Andes en Bolivie, un vieux couple Quechua élève ses lamas et vie dans la tradition. Malgré des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, il refuse de quitter sa utama (maison, terre,…).
-Tu n’as pas terminé.              - ...
-Tu n’as pas faim ?                 
-J’ai déjà mangé.  
-A quoi penses-tu ?                 -Je m’inquiète pour les lamas, c’est tout.
-Que se passe-t-il avec les lamas ?
-Ils ont du mal à marcher, je ne sais pas ce qu’ils ont. 
-Il fait trop chaud.                  -La pluie ne va plus tarder. 
-Sale gamin, sais-tu ce que "sacré" veut dire ?         -Je ne te comprends pas.
-Est-ce que tu sais comment le condor meurt, Clever ?    -Non, Grand-Père. 
-Quand il sent qu’il ne sert plus à rien, quand il ne peut plus bien voler, il se sent faible… Il va au sommet de la montagne. Et là, il replie ses ailes, il rentre ses pattes, il se laisse tomber directement sur un rocher et il meurt.
-Et le condor n’a pas peur ? 
- … Bien-sûr que si. Mais il est important que tu comprennes que c’est alors le début d’un nouveau cycle.
 Utama est une œuvre qui frappe d’abord par son décor, ses silences, ses merveilleux tableaux panoramiques ; et le vivant qui était ici en symbiose avec la nature. 
 Puis, on voit les conséquences dramatiques des changements climatiques sur la nature, la société. Et la résilience de ceux qui refusent la mort de leur civilisation, de leur culture. 
 On peut dire alors que Utama est, aussi, un cri déchirant qui interpelle tous ceux qui se sentent responsables de ces crimes contre la nature, conduisant à ces ethnocides.

Grand Prix du juryUSA ;  Prix Platino, musique, photographie ES
Si loin. How Much Further. Réalisation, Scénario: Tania Hermida. 2006; 90'. Avec: Pancho Aguirre (Jesus), Tania Martinez (Esperanza), Cecilia Vallejo (Teresa), Fausto Miño (Andrés), Elena Torres, José Alvear
 Esperanza (Espoir), une jeune touriste espagnole en quête d'aventure rencontre Teresa, une étudiante équatorienne au cœur brisé se faisant surnommer Tristeza (Tristesse). Elles partageront toutes les deux un voyage à travers l’Equateur. En auto-stop, au cœur d’une grève nationale, seules ou accompagnées, les deux femmes entreprendront un périple hors du commun. Remplie de péripéties et de rencontres pittoresques, cette traversée leur fera découvrir un pays de contrastes et de surprises. Et au delà de leurs attentes, entre les Andes et la mer, c’est un autre monde qu’elles vont découvrir…                 Synopsis Editeur
 Je viens de rendre l'essai dont je t'avais parlé, sur la femme dans les contes équatoriens contemporains.  
 Daniel, tu me manques... J'ai beaucoup pensé à toi. Tu dois avoir trop de travail pour écrire, mais j'ai très envie de te voir. Écris-moi ou appelle... Te souviens-tu de nos projets de voyage ?                      Tristeza

 Ces mots que j'écris sont à la recherche du sens ; et là est tout leur sens. Le sens n'est pas dans le texte mais au-dehors...                Tristeza
On voit bien que vous venez d’Espagne, Señorita. 
Mon père m’avait bien dit de me méfier…
 
Quoi ? Vous avez pillé le trésor des Incas et vous venez encore nous snober !  
                 -Je m'appelle Esperanza... Et toi ?                               - (…) 
A la mémoire de mon grand-père César, poète et voyageur 
 Mon cycle andin finit sur une belle surprise ! Tania Hermida, à part quelques vues lointaines de villes et un majestueux lac à près de 3000m d’altitude, n'est pas dans le tourisme. Car parfois, on trouve au cours d’un voyage quelque chose à laquelle on n’avait pas pensé… 
 Un film charmant et émouvant.

Meilleur film, EC, BR ;  Prix Signis, FR ;  Prix du Jury, US
L'Oubli que nous Serons. How Much Further. Réalisation, Scénario: Fernando Trueba, Héctor Abad, David Trueba. 2020; 137'. Avec: Javier Cámara (Héctor Abad Gómez), Nicolás R Cano (Héctor enfant), Juan P Urrego (Héctor), Patricia Tamayo (Cecilia Faciolince), Maria T Barreto (Mariluz), Laura Londoño (Clara), Elizabeth Minotta (Vicky), K Zea (Marta), Camila Zarate (Sol), Whit Stillman (Dr Saunders), Laura Rodriguez (Barbara)
 Colombie, années 1980. Le docteur Hector Abad Gomez lutte pour sortir les habitants de Medellin de la misère. Malgré les menaces qui pèsent sur lui, il refuse d’être réduit au silence. Le destin de ce médecin engagé et père de famille dévoué se dessine à travers le regard doux et admiratif de son fils.    Synopsis Editeur
-Toute-mvie-soit-mon soutien.Gard-m de-tout-ml… 
-
Pas si vite ! Les enfants, on ne prie pas le Seigneur n’importe comment. On le fait en toute conscience, en réfléchissant bien à tous les mots qu’on dit. 
-Mon papa prie-t-il le soir ?
 
-
Il ne prie pas le soir, je le sais. Et il ne va pas à la messe. C’est pour ça qu’à sa mort, il ira en enfer.                  -Et moi j’irai au ciel ? 
-Ça, je m’en charge. Ne t’en fais pas.   -C’est le dernier soir que je prie.       
-Quoi ?!    
                   
-Je ne veux pas aller au ciel si mon papa n’y va pas.
                                      Je préfère aller avec lui en enfer.

-En direct du centre de vaccination organisée et financée par le Docteur Héctor Abad et l’Université d’Antioquia, il vous parle. 
-Devant la méfiance des gens, je veux montrer l’exemple. Les premiers à se faire vacciner seront mes propres enfants. La prévention est le meilleur médicament.
 Un pays avec tous les atouts : les deux océans, des montagnes, des plaines fertiles, la forêt amazonienne, plein de ressources naturelles… La Colombie aurait dû être est grand pays émergent mais végète en raison de la mauvaise gestion, la violence et le règne des narcotrafiquants. 
 Les humanistes progressistes comme le docteur Abad y ont donc encore plus de difficulté et méritent qu’on ne les oublie jamais. Un grand témoignage.

Goya, Platino, ES 
Réalisation, Scénario: Gessica Généus. 2021; 90'. Avec: Néhémie Bastien (Freda, Fabiola Remy (Janette), Djanaïna François (Esther), Jean Jean (Yeshua), Gaëlle Bien-Aimé (Géraldine), Rolaphton Mercure (D-Fi), Cantave Kervern (Moïse), Paula Clermont Péan (Marlène)
 Freda habite avec sa famille dans un quartier populaire de Port-au-Prince. Ils survivent grâce à leur petite boutique de rue. Face à la précarité et la montée de la violence en Haïti, chacun se demande s’il faut partir ou rester. Freda veut croire en l’avenir de son pays.                   Synopsis Editeur 
Pancartes dans les manifestations, où il arrive qu’on tire :  
                                       
ABATTRE L’IMPUNITE, LA CORRUPTION 
              ARRETONS LES VOLEURS, ON VEUT UN ETAT DE DROIT 
-Je vais au concert de Charles Aznavour. Avec le sénateur que j’ai rencontré devant toi. Tu veux venir ?
-Pourquoi faire ? Pour l’entendre chanter "Il me semble que la misère / Serait mois pénible au soleil" ; et revenir dans mon ghetto vérifier ces mots ?
 
-Tu prends tout trop au sérieux.

 Nous avons un rapport très violent avec cette question de l’expatriation. Il existe même une forme d’hypocrisie car certains affirment vouloir rester alors qu’ils préparent leur départ. Il y a ceux qui ne pourront jamais partir parce qu’ils n’ont pas les moyens de le faire. Et ils sont obligés de se battre, de faire face à ceux qui les empêchent d’exister dans leur propre pays. Et cela crée une frustration terrible.              Gessica Généus 
 Un bout d’une ile qui n’aurait jamais dû être divisée. Un peuple qui n’a jamais oublié son continent d’origine perdu. La pauvreté, le fiasco politique, les gangs, … Et quelles perspectives ? Ils plaisantent, dansent et rient ; mais il n’est pas difficile de définir la couleur de ce rire.  
 Gessica Généus nous peint ici la réalité de son pays. Un tableau poignant qui attristera tout être humain, à la seule exception de ceux qui pour une raison ou une autre, détourneront les yeux.

Etalon d'argent BF ;  Prix découverte BE ;  Mention spéciale Découverte FR
Réalisation, Scénario: Fernando Pérez, Eduardo del Llano. 1998; 106'. Avec: Luis Alberto García (Elpidio Valdés), Coralia Veloz (Julia), Claudia Rojas (Mariana), Bebé Pérez (Bebé), Isabel Santos (Chrissy), Rolando Brito (Dr. Fernando), Joan Manuel Reyes (Ismael), Mónica Guffanti (Mme. Garcés), Luis Ubaldo Benítez (Settimio), Jorge Molina (vélo-taxi), Miguel A. Daranas (Altersheimdirektor), Zoraida Rosario (Waisenheimfrau)
A La Havane, Mariane vit pour le ballet classique, Epilio pour sa salsa et Julia pour la justice et la paix. Ils cherchent tout simplement un peu de bonheur.
 "La vie c'est ce qui se passe pendant qu'on s'occupe de tas d'autres choses..." . Regardez la planète. Guerres, fanatisme. Injustice. 
 Je suis seule. Mais harmonieusement seule. La Havane est seule aussi. Mais pas comme moi. Je suis heureuse. Je vais aller chercher trois personnes que j'aime, pour qu'eux aussi soient heureux. Mariana... Elpidio... Et Julia… 

-Qui est-ce? C'est ta mère?   -C'est Cuba.  -Elle s'appelle Cuba ? Parle-moi d'elle.
-Pour quoi faire ? Elle est partie. Elle m'a abandonné. Pour elle, je n'étais qu'un marginal. Un feignant. Un dépravé. Elle en a eu marre. Et moi aussi. Depuis, elle ne m'a plus donné signe de vie. Je n'ai pas connu mes parents.
-Je te comprends.   -Tu ne comprends rien du tout. Tu ne connais pas Cuba Valdés. Elle n'a jamais tort. Elle sait tout. Elle a des opinions sur tout. Son fils Elpidio devait être le meilleur, un exemple, il devait être parfait. Un homme meilleur.
 Fernando Pérez aime son pays et en donne une image émouvante mais sans complaisance. La société cubaine apparait riche et variée entre le patrimoine culturel européen, les croyances anciennes, la musique afro-cubaine, la musique classique.  
 La quête du bonheur n’est pas différente ici. L’auteur suggère sa voie, qui est exportable ; et me parait lumineuse et porteuse d’espoir. Contrairement à ceux qui n’y voient que désespoir, peut-être par conditionnement idéologique …

Grand Coral, FIPRESCIOCIC CU ;  Goya ES ;  Grand Paoa CL ;  CICAE DE
Une maison avec vue sur la mer. Réalisation, Scénario: Alberto Arvelo. 2001; 93'. Avec: Imanol Arias (Tomas Alonso), Gabriel Arcand (Fotografo), Leandro Arvelo (Santiago Alonso), Alejo Felipe (Homero), Manuela Aguirre (Bélen)
 Dans les collines vénézuéliennes, un pauvre paysan veuf, exploité, vit avec son fils. Ils rêvent de la mer qu’aucun des deux n’a jamais vue.
-Papa, as-tu une idée de ce qu'est la mer ?
-La mer ? … La mer est très différente de tout. Très différente du monde. 
-Je ne comprends pas. 
-Différente de tout ce que nous voyons. Il n'y a pas de « páramos » dans la mer. Pas de maisons, pas d'arbres.  
-S'il n'y a pas de maisons, où les gens vivent-ils dans la mer ? 
-Personne n'habite dans la mer, Santy. C'est trop loin. Trop dangereux. 
                            ...
-Et bien sûr, sans céréales, comment les gens vivraient-ils ? Et là où il y a du grain, il y a des bœufs. … Si nous pouvions apporter nos bœufs à la mer. Peut-être que nous aurions plus de travail là-bas, mon fils. Je me demande s'ils ne tiendraient pas mieux à la mer.
 Un triste tableau sur la vie paysanne vénézuélienne. Ça laisse entrevoir que malgré la page progressiste chaviste, il reste du chemin à faire pour aider les classes sociales défavorisées et parfois opprimées à remonter et vivre dignement, avec un meilleur partage dans le riche Venezuela.
Primero CU, ES, US, NO ;  Prix Jury PH ;  FIPRESCI CU ;  OCIC CO
Dans ses yeux. Réalisation, Scénario: Juan José Campanella, Eduardo Sacheri. 2009; 130'. Avec: Ricardo Darín (juge d'instruction Benjamín Espósito), Soledad Villamil (Irene Menéndez Hastings,chef ), Pablo Rago, Ricardo Morales (mari victime), Javier Godino (détraqué sexuel), Guillermo Francella (Pablo Sandoval, alcoolo), José L Gioia (insp Baez), Carla Quevedo (Liliana Coloto Morales), Barbara Palladino (Chica Piropo), Rudy Romano (Ordoñez), Alejandro Abelenda (stagiaire), Mario Alarcon (juge Lacalle), Sebastián Blanco (Pinche Tino)
 Vers l’an 2000, un fonctionnaire de justice à la retraite, décide d’écrire un roman sur un meurtre commis il y a 25 ans, et sur lequel il a enquêté.
-Isidoro Gómez. Viol suivi de meurtre. Condamné par la justice. Nous avons appris qu'il a été libéré sur ordre de I ‘exécutif. Vous avez une explication ? 
-Oui. Vous devriez sortir plus souvent. La justice est un monde à part. La réalité, c'est ici. Vous chassez les petits oiseaux, nous, on se bat en pleine jungle. Vous me suivez ? 
-... Oui. 
-Il a commencé à travailler en prison. Il nous informait, espionnait les jeunes guérilleros. Il a su se faire apprécier. Ça vous dérange ? 
-Vous vous rendez compte ? C'est un assassin, il a avoué ! 
-Peut-être. Mais il est aussi intelligent, courageux, capable de remplir ses contrats. Sa vie privée, c'est pas mon problème. Avec tous les subversifs qui nous entourent... Si on n'engageait que des gentils... 
-Il a été condamné par le juge Fortuna. 
-Madame... Soyez gentille, ne vous mêlez pas de ça. Vous voulez faire appel ? Franchement, vous ne pourrez rien faire. Retournez à votre bureau et apprenez votre métier. L'Argentine ne s'étudie pas à Harvard. 
-Pourquoi tu I'as amenée ? Tu penses qu'elle te protège ? Laisse-la tranquille, tu fais pas le poids. Elle est diplômée, pas toi. Elle est jeune, tu es vieux. Elle est riche, tu es pauvre. C'est une Menéndez Hastings. Toi, Espósito, c’est-à-dire Personne. Elle est intouchable, mais pas toi. Laisse-la retourner dans son monde.
 Une réflexion sur l’échec, la force du souvenir, la justice, … Dans une société qui n’a peut-être pas fondamentalement changé depuis Evita.
Goya  ES  ;  Clarin, Sur AR ;  Oscar US ;  Ariel MX ;  Prix Jury FR
Les Nouveaux Sauvages. Réalisation, Scénario: Damián Szifrón. 2014; 122'. Avec: Darío Grandinetti (Salgado), María Marull (Isabel) ; Julieta Zylberberg (serveuse), Rita Cortese (cuisinière), César Bordón (Cuenca) ; Leonardo Sbaraglia (Diego Iturralde), Walter Donado (Mario) ; Ricardo Darín (Simón Fisher), Nancy Dupláa (Victoria) ; Oscar Martínez (Mauricio), María Onetto (Helena) ; Érica Rivas (Romina), Diego Gentile (Ariel)
 Devant l’imprévu, il arrive que des gens policés craquent. Les personnages des six sketches de Relatos Salvajes, traversent parfois la frontière qui sépare la civilisation de la sauvagerie.
-Payez par carte ou revenez, mais il y aura alors des frais de garde.
-Vous êtes un escroc !                                                       -Je fais mon travail.
-Ceux qui travaillent pour des escrocs sont des escrocs.  -Ça n'engage que vous.
-Pauvre laquais de ce système corrompu !                        -Merci, au revoir.
 Les Nouveaux Sauvages sont des contes cinématographiques. Quand j'ai réuni ces histoires en un seul volume, le titre du film m'est venu instantanément.
                                                                                     
Damián Szifrón
 Ça se veut une comédie. On s’y esclaffe, c’est vrai ; moins vers la fin… Le terme "jubilatoire" utilisé par certains journaux ne me semble pas juste, "hilarant" serait plus indiqué, tant ce rire sonne bizarrement bien après. Et puisque la réponse à la contestation ne peut pas être seulement la violence, on finit avec le compromis, ou mieux, l’adaptation. 
 Une réussite totale sur tous les plans.
Premio  AR  ;  BAFTA UK ;  Platino ES ;  NBR US 
CITOYEN D’HONNEUR. Réalisation, Scénario: Gastón Duprat, Mariano Cohn. 2016; 118'. Avec: Oscar Martínez (Daniel Mantovani), Dady Brieva (Antonio), Andrea Frigerio (Irene), Nora Navas (Nuria), Manuel Vicente (le maire), Belén Chavanne (Julia), Marcelo D'Andrea (Florencio Romero), Gustavo Garzón (le père de Julian), Julian Larquier (le réceptionniste), Nicolás deTracy (Roque)
 L'Argentin Daniel Mantovani, prix Nobel de littérature, vit en Espagne depuis plus de quarante ans. Lui qui refusait toute invitation, accepte celle de sa petite ville natale qui veut le faire Citoyen d'Honneur. Mais a-t-il suffisamment pensé à ses voisins d’enfance qui sont devenus des personnages de ses romans ?
-Je suis parti à 20 ans. Je n'y suis jamais retourné. Je n'ai fait que fuir cet endroit. Mes personnages ne peuvent en sortir et moi, y retourner. 
-Vous comptez y aller ?                       -Absolument pas.
-Daniel, une question simple mais intéressante : pourquoi êtes-vous écrivain ? 
-Pas si simple que ça. La réponse est difficile. Je crois que... un écrivain, un artiste en général, est quelqu'un qui n'accepte pas le monde tel qu'il est, quelqu'un pour qui la réalité n'est pas suffisante ou satisfaisante. Il lui faut créer, inventer de nouvelles choses qu'il incorpore au monde. Généralement on n'a pas besoin de ça. On accepte le monde tel qu'il est. J'ignore ce qui est mieux. De plus, je suis écrivain car je n'avais pas le choix. J'ai échoué partout ailleurs.
CITOYEN D’HONNEUR est-il le portrait de la société argentine contemporaine ? 
 On peut voir ça comme un portrait de la société argentine, mais celui-ci n’a rien de définitif ni d’unique. En fait, je dirais que c’est comme une carte postale du pays, notre vision de la réalité argentine à travers le prisme d’une petite ville et de ses habitants.                     Gastón Duprat, Mariano Cohn
 Certains ont rangé ce film dans la catégorie Comédie Dramatique. Je ne me rappelle pas spécialement y avoir ri. L’Argentine profonde y est présente. Et, c’est une grande œuvre à valeur universelle.
Goya, Platino, ES ;  Ariel  MX 
COMPANEROS. Réalisation, Scénario: Álvaro Brechner. 2018; 123'. Avec: Antonio de la Torre (José Mujica), Chino Darín (Mauricio Rosencof), Alfonso Tort (Eleuterio Fernández Huidobro), César Troncoso (Militar), Soledad Villamil (Psiquiatra), Sílvia Pérez Cruz (Ivette (Silvia Pérez Cruz)), Mirella Pascual (Lucy), Nidia Telles (Rosa), John De Luca (Soldado Martinez)
 Suite au coup d’état de 1973, la dictature militaire uruguayenne réprime et arrête tous les opposants. Elle appréhende ainsi, secrètement, trois Tupamaros.
 L'homme regarda le condamné et demanda à l'officier, connaît-il sa sentence ? Non, dit l'officier, il l'apprendra dans sa chair.          Franz Kafka
-Signe. Ça dit qu'on t'a traité correctement.                          -(Signature) 
-Et ... Te fais pas d'illusions. Dehors, on te retrouverait et tu seras foutu. T'entends ? Dehors, pas de responsabilité politique. Bonne continuation. 
 Bien plus que le costume trois pièces ou la pince à vélo, c'est la pratique de la torture qui permet de distinguer à coup sûr l'homme de la bête.      Pierre Desproges
 La face hideuse, parfois, des dictatures latino-américaines. Certains ont prétexté la justice : "On peut montrer la peine, mais il eut été honnête de parler aussi de ce qui l’a motivée". 
 Je réponds que la torture rabaisse son auteur en dessous de sa victime quelque soit ce que ce dernier ait fait. La torture, où qu’elle se passe, est la négation de la dignité de la personne humaine. C’est une abomination.
Premio  UY, CU, ES, FR, BE, EG, TR  ;  FIPRESCI EG ;  OCIC CH 
Les Héritières. Réalisation, Scénario: Marcelo Martinessi. 2018; 95'. Avec: Ana Brun (Chela), Margarita Irun (Chiquita), Ana Ivanova (Angy), Nilda Gonzalez (Pati), María Martins (Pituca), Alicia Guerra (Carmela)
 A Asuncion, Chela héritière aisée a vécu une trentaine d’années avec son amie Chiquita. Sexagénaire, elle a eu des revers de fortune et est amenée à faire le taxi pour ses amies bourgeoises âgées. Elle y fait la connaissance de la charmante Angy.
0h dame folle ! Divine ! Tu chantes, tu pleures, tu souris et tu pries. Ose... Ose ! 
C'est un grand défi que peu acceptent.
                          
Poème d’Angy
 Il nous confronte au classisme et à l’hypocrisie sociale, il montre que face à l’aigreur, l’obscurité et l’oppression, il y a des résistances, des quêtes, du désir, de la solidarité et un air frais, et qu’il y a toujours une issue. C’est un hommage aux femmes.                         Lilian Soto, Parti Féministe du Paraguay
 Pour moi, c’est une histoire d’enfermement. J’ai beaucoup voyagé au cours de ma vie et chaque fois que je retourne au Paraguay, j’ai l’impression d’être en prison. C’est de là que tout a commencé. C’est pour cela que j’ai voulu faire ce film. Je crois que les personnages héritent de meubles, d’une maison, d’une voiture, mais aussi de restrictions, de préjugés. Pour faire évoluer la société, il faut rompre avec cet héritage. L’héritage peut aussi être une malédiction.              Marcelo Martinessi
 Las Herederas, c’est d’abord le déclin, social et sentimental, d’une dame de la bourgeoisie moyenne. Cette œuvre intimiste avec sa particularité, dans un pays traditionaliste et ses gouvernants soupçonnés de dérives d’extrême droite, revêt des lors quelques implications sociétales. 
 Début sympathique d’un pays dans la création cinématographique, Las Herederas sorti d’abord à Berlin, fit l’orgueil du peuple. Le parlement fut obligé d’accueillir le casting ; mais lors de la réception la moitié des députés se sont absentés.
Premio  AU, RO  ;  FIPRESCI, Alfred-Bauer DE  ;  Prix Platino MX