Movie directors, or should I say people who create things, are very greedy and they can never be satisfied...that's why they can keep on working. I've been able to work for so long because I think next time, I'll make something good. Akira Kurosawa
L’Occident n’imaginait même pas qu’on put le surprendre avec une telle perfection technique, un courage aussi éblouissant dans la recherche des moyens, un élan du conte aussi déroutant. Cahiers du Cinéma, 1951
Le cinéma japonais peut rivaliser avec les autres pays qui ont donné naissance à des écoles cinématographiques déterminantes : la France, la Suède, l’Angleterre, l’Amérique, l’Allemagne, l’Italie, la Russie et la Suède. Cahiers du Cinéma, 1952
T.Original: Sugata Sanshirō. La Légende du grand judo
Réalisation, Scénario : Akira Kurosawa, Tsuneo Tomita. 1943; 80'. Avec : Denjirō Ōkōchi (Shogoro Yano), Susumu Fujita (Sanshiro Sugata), Yukiko Todoroki (Sayo Murai), Ryūnosuke Tsukigata (Gennosuke Higaki), Takashi Shimura (Hansuke, père de Sayo), Ranko Hanai (Osumi Kodana), Sugisaku Aoyama (Tsunetami Iimura), Ichirō Sugai (chef police), Yoshio Kosugi (maître Saburo Kodama), Kokuten Kodo (prêtre bouddhiste), Michisaburō Segawa (Wada), Akitake Kōno (Yoshima Dan), Shōji Kiyokawa (Yujiro Toda), Kunio Mita (Kohei Tsuzaki), Akira Nakamura (Toranosuki Niiseki), Eisaburō Sakauchi (Nemeto), Hajime Hikari (Torakichi)
La naissance du judo face au grand art martial traditionnel, le jujitsu.
-Tu es fort, très fort… Peut-être même plus fort que moi. Mais ton judo et le mien sont deux mondes différents. Sais-tu pourquoi ?
-(…)
-Parce que tu ne comprends pas l’humanité. -(...)
-Enseigner le judo à un tel homme, c’est comme donner un couteau à un lunatique.
-Maitre, je comprends l’humanité.
-Non ! Tu vis sans raison ou but. Où est donc ton humanité ? -(...)
-L’humanité c’est la loi de la nature, de la vie et la mort. C’est uniquement ainsi qu’on peut mourir en paix avec soi-même.
L’occupant américain a interdit le jujitsu comme instrument de l’esprit militariste japonais. A tort ! Justement, l’esprit du sport, c’est aussi, le respect du vaincu par le vainqueur.
Prix Sadao Yamanaka. The National Incentive Film Prize
T.Original: Tora no o o fumu otokotachi. Les Hommes qui marchèrent sur la queue du tigre. Réalisation, Scénario: Akira Kurosawa. 1945; 60'. Avec : Denjirō Ōkōchi (Benkei), Susumu Fujita (Togashi), Ken'ichi Enomoto (porteur), Masayuki Mori (Kamei), Takashi Shimura (Kataoka), Akitake Kōno (Ise), Yoshio Kosugi (Suruga), Hanshirō Iwai (Yoshitsune), Dekao Yokoo (Hidachibo), Yasuo Hisamatsu (messager de Kajiwara), Sōji Kiyokawa (messager de Togashi)
La fuite héroïque d’un aristocrate avec ses suivants, poursuivis par son frère, au 12e siècle.
Une fleur pourpre ne peut être cachée / Même dans un jardin rempli de fleurs / Mais un simple porteur / Uni comme les mauvaises herbes / Passera inaperçu / Il a enlevé ses robes d'ascète / Et a enfilé les haillons que le portier avait portés / Son visage caché sous un chapeau de carex / Il s'appuie sur un bâton / Comme c'est déchirant de voir / Ce porteur aux jambes chancelantes / Montant la colline / Comme c'est déchirant
Marche lentement / Retiens ton cœur avide / Comme si tu te retirais de la bouche de la vipère / Ou marchais sur la queue du tigre ! /
Film énigmatique. Il parait que la censure japonaise, qui n’aimait pas le personnage sarcastique, ne s’est pas pressé dessus ; l’occupant américain l’a interdit. Là est peut-être la clé ? Qui marche sur la queue du tigre ?
T.Original: Waga seishun ni kuinashi. Je ne regrette rien de ma jeunesse. Réalisation, Scénario: Akira Kurosawa, Eijirō Hisaita. 1946; 110'. Avec : Setsuko Hara (Yukie Yagihara), Susumu Fujita (Ryukichi Noge), Denjirō Ōkōchi (prof Yagihara), Eiko Miyoshi (Mme Yagihara), Haruko Sugimura (Mme Noge), Kokuten Kōdō (Mr Noge), Akitake Kōno (Itokawa), Takashi Shimura (commissaire), Taizō Fukami (ministre Éducation), Masao Shimizu (prof Kanzaki), Hisako Hara (mère d'Itokawa)
En 1933, le régime militaire s’installe au Japon. Les universitaires hostiles et les militants antimilitaristes sont persécutés. La fille d’un professeur lutte.
Japanese militarists used the Manchurian Incident as a pretext to press the public for support to invade the Asian mainland. Any opposing ideology was denounced as ‘Red’.
The Tokyo University Incident was one example of this tactic. Although this film was inspired by that historical event. Exergue
No regrets in my life. No regrets whatsoever.
Remember that there’ll be sacrifices in the struggle for Freedom. In ten years; the true story behind our work will be known. The Japanese people will thank us for what we’ve done.
Je me rendais compte que si l’on ne faisait pas de l’individu une valeur positive, il ne pouvait y avoir ni liberté, ni démocratie.
Akira Kurosawa
Il y a le sentiment national, la censure… Mais il y a aussi l’appréciation personnelle des choses, des évènements. Ici, le combat personnel est salué, notamment celui d’une femme.
T.Orgnl: Subarashiki nichiyōbi. Un merveilleux dimanche
Réalisation, Scénario: Akira Kurosawa, Keinosuke Uegusa. 1947; 110'. Avec: Isao Numasaki (Yuzo), Chieko Nakakita (Masako), Ichiro Sugai (Yamiya), Midori Ariyama (amie de Yamiya), Toshi Mori (vieux propriétaire), Masao Shimizu (propriétaire du dancing), Aguri Hidaka (danseuse), Zekô Nakamura (boutiquier), Sachio Sakai (homme au ticket), Katao Numazaki (boulanger), Ichirô Namiki (photographe)
Dans l’immédiat après-guerre, dans un Tokyo en ruines, un jeune homme et sa fiancée désargentés essayent de passer un dimanche ensemble. A coup minimal.
-Beau et lumineux, n’est-ce pas ? Le design n’est pas mauvais. Je n’ai pas besoin d’ostentation ni de bureau, une coiffeuse classique ici, des chaises en paille là, …
-Allons y. Que de bêtises ! -Pourquoi ?
-Tu es dans un monde de fantasmes. Nous n’avons pas d’argent.
-Ne parle pas comme ça.
-Nous n’avons presque plus un sou en banque. Nous devons faire face à la réalité pour survivre dans un monde comme celui-ci.
-C’est le genre de monde qui a, plus que tout, besoin de rêves. Vous ne pouvez pas vivre sans eux. Ce serait trop dur.
-Les rêves ne remplissent pas le ventre.
-Toi aussi tu avais des rêves avant de partir pour la guerre …
-[Silence]
En dépit de son propre horizon pas très réjouissant, un jeune couple jette un regard compatissant sur la misère du petit peuple, les enfants affamés sans parents, ... Et pourtant, le rêve et l’espoir d’un avenir meilleur, devant la caméra attendrie de Kurosawa.
Prix du film Mainichi Meilleur réalisateur
T.Original: Rashōmon (La Porte de la Vie). Réalisation, Scénario : Akira Kurosawa, Shinobu Hashimoto, Ryūnosuke Akutagawa (nouvelles). 1950; 88'. Avec : Toshirō Mifune (Tajōmaru, bandit), Masayuki Mori (Takehiro Kanazawa, samouraï), Machiko Kyō (Masago,femme du samouraï), Takashi Shimura (bûcheron), Daisuke Katō (policier), Noriko Honma (médium=, Minoru Chiaki (prêtre), Kichijirō Ueda (auditeur)
Dans le Japon médiéval, quatre personnes racontent le même évènement. Avec des différences sensibles …
-Toutes ces histoires sont des mensonges.
-C’est humain de mentir. La plupart du temps, nous ne pouvons même pas être honnête avec nous-même.
-C’est peut-être le cas. Mais c’est parce que les hommes sont faibles qu’ils mentent, même à eux-mêmes.
-Pas de sermons !
Œuvre d’une facture parfaite, elle fit connaitre Kurosawa à l’international. Rashōmon est aussi une interrogation sur la réalité, la nature humaine, ...
Lion d'or Mostra de Venise. Oscar d'honneur du meilleur film étranger
T.Original: Ikiru. Vivre. Réalisation, Scénario : Akira Kurosawa, Shinobu Hashimoto, Hideo Oguni. 1952; 143'. Avec : Takashi Shimura (Kanji Watanabe), Nobuo Kaneko ( Mitsuo Watanabe), Kyoko Seki (Kazue Watanabe), Makoto Kobori (Kiichi Watanabe), Kumeko Urabe (Tatsu Watanabe), Noriko Honma (Mme Hayashi), Kamatari Fujiwara (Mr Ōno), Yūnosuke Itō (écrivain), Atsushi Watanabe (patient), Masao Shimizu (médecin), Isao Kimura (interne)
Un bureaucrate, tourné vers sa vie professionnelle, à la veille de la retraite, apprend qu’il lui reste peu de temps à vivre. Que va-t-il faire du temps qu’il lui reste ? Inspiré de Tolstoï, La Mort d’Ivan Ilitch.
-Ce serait mieux que la Bonne habite ici ; rien que pour les voleurs.
-Tu connais Papa… Avec ses idées de bureaucrate.
-Il fait aussi froid ici que dehors.
-J’aimerais une maison plus moderne.
-Une maison rien que pour nous deux, ça doit pas dépasser les 50 milles.
-Oui. -On pourrait hypothéquer la retraite de ton père.
-Il va toucher d’un coup dans les 700 milles, plus 13 milles par mois. Il doit avoir 100 milles d’épargne. -Il sera d’accord ?
-S’il ne veut pas, je lui dirai qu’on s’en va ; effet garanti. De toute façon, il l’emportera pas dans sa tombe.
[lumière] -Que fais-tu là, Papa !? -Rien. Rien du tout. [il sort]
Il lui vint à l’esprit que ce qu’il considérait jusqu’ici comme une impossibilité absolue, c’est-à-dire qu’il eût vécu sa vie autrement qu’il aurait dû le faire, pouvait être la vérité. Léon Tolstoï
Œuvre d’une profonde amertume. Le plus désespéré des Kurosawa laisse cependant une note d’espoir, l’action désintéressée pour l’avenir.
Prix Mainichi. Prix Kinema Junpō.
Réalisation, Scénario: Akira Kurosawa, Shinobu Hashimoto, Hideo Oguni. 1954, 207'. Avec : Toshirô Mifune (Kikuchiyo), Takashi Shimura (Kambei), Keiko Tsushima (Shino), Yukiko Shimazaki (femme de Rikichi), Kamatari Fujiwara (Manzo), Daisuke Katô (Shichiroji), Kimura Ko (Katsushiro), Minoru Chiaki (Heihachi), Seiji Miyaguchi (Kyuzo), Yoshio Kosugi (Farmer Mosuke), Bokuzen Hidari (Farmer Yohei), Yoshio Inaba (Gorobei)
"Au XVIe siècle, époque de guerre civile, des guerriers dévastent les campagnes. Partout ces bandits sans pitié oppriment les paysans." En exergue
Un village décide de recruter des mercenaires pour se défendre.
-Nous allons engager des samouraïs.
-Comment ? On n’a jamais vu ça !
-Ça se fait, je l’ai vu … Quand j’étais jeune …
-Mais nous sommes pauvres. Comment allons-nous payer ?
-Cherchons des samouraïs affamés. Quand l’ours a faim, il sort de la forêt.
Un film d'action peut n'être qu'un film d'action. Mais quelle chose merveilleuse s'il peut en même temps prétendre peindre l'humanité. Akira Kurosawa
L’œuvre la plus célèbre de Kurosawa. La lutte universelle des hommes pour la paix et le bonheur. Un grand film qui eut plusieurs remakes ; la plus illustre étant Les Sept Mercenaires de John Sturges.
Lion d'argent Mostra de Venise
T.Original: Kakushi toride no san akunin. Réalisation, Scénario : Akira Kurosawa, Ryūzō Kikushima, Hideo Oguni, Shinobu Hashimoto. 1958; 139'. Avec : Toshirō Mifune (gl Rokurota Makabe), Misa Uehara (pr Yuki), Minoru Chiaki (Tahei), Kamatari Fujiwara (Matashichi), Toshiko Iguchi (fille du fermier), Takashi Shimura (gl Izumi Nagakura), Susumu Fujita (gl Hyoe Tadokoro), Kichijirō Ueda (marchand d'esclaves), Eiko Miyoshi (femme âgée), Kokuten Kōdō (homme âgé), Yū Fujiki (garde), Yoshio Tsuchiya (Samurai), Kokuten Kōdō (vieux), Takeshi Katō (Fleeing), Toranosuke Ogawa (Magistrat)
Pendant la guerre civile japonaise au 16e siècle, la princesse héritière accompagnée par l’un de ses généraux tente de fuir vers un pays allié pour y sauver la réserve d’or du royaume.
La danse du feu m'a bouleversée :
"Que la vie des hommes / S’embrase dans le feu, / Que la vie des insectes / Se consume dans les flammes. / Car en vérité, / Tout n’est qu’illusion / Ici-bas comme au-delà. / Alors soyons fous !"
Princesse Yuki
Un beau film d’aventure, avec des images spectaculaires, pour faire découvrir au grand public une page sombre de l’histoire du Japon.
Ours d'Argent Festival de Berlin. Prix FIPRESCI. Blue Ribbon Award
T.Original: Akahige. Réalisation, Scénario : Akira Kurosawa, Masato Ide, Ryūzō Kikushima, Hideo Oguni. 1965; 185'. Avec : Yūzō Kayama (Dr Noboru Yasumoto), Tatsuyoshi Ehara (Dr Genzo), Toshirō Mifune (Dr Kyojō Niide "Barberousse"), Kyōko Kagawa ("mante religieuse"), Yoshio Tsuchiya (Dr Handayu Mori), Yōko Naitō (Masae Amano), Kamatari Fujiwara (vieux mourant), Akemi Negishi (Okuni), Kōji Mitsui (Heikichi), Miyuki Kuwano (Onaka), Chiba Nobuo (Ichi Mamoru Matsudaira), Takashi Shimura (malade), Haruko Sugimura (Kin), Terumi Niki (Otoyo), Kinuyo Tanaka (Mme Yasumoto), Kin Sugai (mère de Chobo), Chishū Ryū (Dr Yasumoto), Ken Mitsuda (Dr Genpaku Amano)
Le jeune médecin débutant Yasumoto, en attente d’une affectation prestigieuse, doit faire un court stage chez le docteur Barberousse, directeur d’un hôpital pour indigents. Au premier abord, Yasumoto n’a qu’une envie, partir rapidement…
-Barberousse peut regarder un mourant en face. Il dit que c’est beau. Moi je n’y ai vu que laideur.
-Comme toi, j’ai peur de regarder la mort en face. Mais le patron a un autre regard. Il ausculte autant le corps que le cœur des patients. Par exemple, chez Rokusuké, il a perçu dans son mutisme le malheur de sa vie. Voilà pourquoi il dit ça. Un jour, j’aimerais atteindre sa grandeur d’esprit.
Chacun peut, un jour, se trouver face à son désert des Tartares …
Certains êtres laissent entrevoir des sommets vertigineux ; la seule tentative de s’élever vers ces hauteurs peut sauver et même grandir.
Une œuvre sublime.
Prix Asahi. Prix Kinema Junpō. Blue Ribbon Awards. Prix du film Mainichi
NHK Awards. Million Pearl Awards. Prix OCIC Mostra de Venise.
Meilleur film Festival international du film de Moscou
Réalisation, Scénario : Akira Kurosawa, Vladimir Arseniev (livre), Iouri Naguibine. 1975; 141'. Avec : Maxime Munzuk (Dersou Ouzala), Yuri Solomine (Vladimir Arseniev), Svetania Danilchenko (Anna Arsenieva), Dima Kortishev (Dova Arseniev), Schemeiki Chokomorov (Chang-Bao)
En 1902, Vladimir Arseniev, officier-topographe, dirige une expédition chargée d’explorer la région de l’Oussouri, en Russie orientale. Il y rencontre Dersu Uzala, un chasseur connaissant bien la région. Après plein d’épreuves dans une nature hostile ils deviennent amis.
-Alors, Dersu, tu as eu beaucoup de zibelines ?
-Oui, beaucoup. Donc j’ai eu argent.
-Ah, je suis content pour toi.
-Et tout perdu.
-Oh, comment ?
-Marchand m’a fait venir chez lui. Beaucoup vodka. Puis parti avec argent. Marchand jamais retrouvé. Pourquoi faire ça ? Moi, jamais compris ça.
La relation entre l'être humain et la nature va de plus en plus mal... Je voulais que le monde entier connût ce personnage de russe asiatique qui vit en harmonie avec la nature... Je pense que les gens doivent être plus humbles avec la nature car nous en sommes une partie et nous devons être en harmonie avec elle. Par conséquent, nous avons beaucoup à apprendre de Dersu. Akira Kurosawa
On a vu en Dersu Uzala, essentiellement un hymne écologique. C’est plus que cela. L’homme Dersu Uzala, nous permet de ne pas totalement désespérer de notre espèce. Dersu Uzala est un hommage à la vie, à la nature humaine.
Grand Prix, Festival de Moscou. Oscar, Meilleur Film Etranger
Réalisation, Scénario : Akira Kurosawa, Ishiro Honda. 1980; 180'. Avec : Tatsuya Nakadai : (Kagemusha), Tsutomu Yamazaki (Takeda Nobukado), Ken'ichi Hagiwara (Takeda Katsuyori), Jinpachi Nezu (Tsuchiya Sohachirō), Hideji Ōtaki (gnl Yamagata Masakage), Daisuke Ryū (Oda Nobunaga), Masayuki Yui (Tokugawa Ieyasu), Kaori Momoi (Otsuyanokata), Mitsuko Baishō (concubine), Hideo Murota (gnl Baba Nobufusa), Takayuki Shiho ( gnl Naitō Masatoyo), Kōji Shimizu (Atobe Katsusuke), Noburo Shimizu (gnl Hara Masatane), Sen Yamamoto (gnl Oyamada Nobushige), Shuhei Sugimori (gnl Kōsaka Masanobu),
Au 16e siècle, dans le Japon déchiré par les luttes intestines, le clan Takeda avec son grand chef guerrier Shingen Takeda est à deux doigts de prendre Kyoto. Gravement blessé, il ordonne de cacher sa mort éventuelle et d’utiliser un kagemusha, ombre du guerrier ou doublure, pour maintenir le moral et galvaniser les troupes.
J’ai bien souvent voulu être moi-même et libre. Mais je me rends compte maintenant que c’était égoïste de ma part. L’ombre d’un homme ne peut jamais abandonner cet homme. J’étais l’ombre de mon frère. Maintenant que je l’ai perdu, c’est comme si je n’étais rien.
Henri Langlois est toujours vivant au fond de moi. C'est lui qui m'a incité avec passion à tourner des films en couleurs. J'ai tourné à titre d'essai Dodes'kaden. Après avoir fait Dersou Ouzala, j'ai enfin pu, dans Kagemusha, atteindre le stade où j'utilisai la couleur librement, à ma manière. Akira Kurosawa
Une belle fresque du Japon ancien. Des scènes de bataille prodigieuses. Une réflexion sur le pouvoir, sa contagion, sur quoi il repose, à quoi ça tient …
Palme d'Or Festival de Cannes. César Meilleur film étranger. BAFTA Awards
Hochi Film Awards. Blue Ribbon Awards. Prix David di Donatello
Réalisation, Scénario : Akira Kurosawa, Hideo Oguni; Masato Ide. 1985; 162'. Avec : Tatsuya Nakadai (Hidetora Ichimonji), Akira Terao (Taro Takatora Ichimonji), Jinpachi Nezu (Jiro Masatora Ichimonji), Daisuke Ryū (Saburo Naotora Ichimonji), Mieko Harada (Kaede), Yoshiko Miyazaki (Sue), Hisashi Igawa (Shuri Kurogane), Shinnosuke Ikehata (Kyoami)
Au XVIe siècle, le seigneur Hidetora décide de se retirer, pour se reposer, et de partager son domaine entre ses trois fils, en précisant la primauté de l’héritier auquel les autres doivent assistance. Sa décision amènera-t-elle l’avenir heureux qu’il souhaite ?
Inspirée de la pièce de Shakespeare : Le Roi Lear.
-Quelqu’un pleure. Qui pleure ?
-Enfer ! On naît en pleurant, on meurt quand on a bien pleuré.
Kurosawa nous dit avec une froideur absolue que toute vieillesse est naufrage, que toute vie est échec, que tout royaume, tout pouvoir, sont voués à s'effondrer dans le chaos et dans la nuit, mais que cette précarité, cette fugacité, donnent plus de prix et de goût à l'inaltérable beauté du monde. Peut-être dans ce monde où périt l'innocence, peut-être y a-t-il quelque part une place pour la beauté et sûrement pour l'art, seule manifestation de nous-mêmes qui nous dépasse et nous survive. Le Quotidien de Paris
La dernière et la plus grande fresque historique de Kurosawa. Jamais, derrière le réalisateur, le peintre ne s’est autant manifesté ; la somptuosité chromatique des personnages, des paysages, des tableaux de batailles animées ! Ran signifie Chaos. Peut-être une illustration de la parole de l’Ecriture "Celui qui se sert de l’épée, périra par l’épée".
Prix Mainichi. British Academy Film Award. London Film C.Circle Award