Il etait une fois
la guerre
« Toute guerre est un manichéisme. »
Dominique de Villepin
Les Sentiers de la gloire. Titre original : Paths of Glory. Réalisation : Stanley Kubrick ; Scénario : Stanley Kubrick, Jim Thompson, Calder Willingham, d'après le roman de Humphrey Cobb. 1957 ; 88'.
Avec : Kirk Douglas (colonel Dax), George Macready (général Paul Mireau), Ralph Meeker (caporal Philippe Paris), Timothy Carey (soldat Maurice Férol), Joe Turkel (soldat Pierre Arnaud), Adolphe Menjou (général Georges Broulard), Wayne Morris (lieutenant Roget), Christiane Kubrick (la chanteuse allemande)
En 1916, alors que la guerre des tranchées s’est installée, des généraux Français avides d’un coup d’éclat, décident de faire sortir un régiment terré pour qu’il prenne, à découvert, une crète allemande solidement défendue.
Ordres du général Mireau au colonel Dax :
-J’ai reçu l’ordre de prendre la cote 110.
-Mon Général, combien de pertes nous prévoyez-vous ?
-5% par notre propre artillerie, 10% en chemin, 20% sur les barbelés, 25% sur la crète.
-Ca fait plus de la moitié du régiment. Mais aurons-nous la cote ?
-Je compte sur vous, Dax !
"Les Sentiers de la gloire", considéré comme un film anti militariste, fut interdit en France pendant dix-huit ans.
Réalisation : Yves Boisset ; Scénario : Yves Boisset, Alain Scoff. 1997 ; 90'. Avec : Wadeck Stanczak (Lucien Bersot), Philippe Volter (Lieutenant Guérin), Bernard-Pierre Donnadieu (Colonel Auroux), Jean-Paul Comart (Lieutenant André), Marie Verdi (Marie-Louise), Riton Liebman (Moline), Serge Kribus (Sergent de Velna), Marc Berman (Commandant Poupinel), Jacques Chailleux (Langouin), Xavier Percy (Caporal Jusot), Thierry Waseige (Adjudant-chef Thomas), Bouli Lanners (Sergent Fourrier), Julien Bukowski (Adjudant Prévot), Alain Stevens (Cottet-Dumoulin), Jean-Paul Clerbois (Martin), Michel Poncelet (Journiac), Sarah Beck (Aurélie), André Debaar (le Général), Jean-Henri Compère (le Capitaine), François Dyrek (Père Bersot)
Une autre cote à prendre, un autre échec. En 1915, le soldat Bersot qui est irréprochable au combat, est puni … pour une histoire de pantalon.
Dialogue entre le colonel Auroux et le sergent De Velna :
-C’est un ordre, Sergent ! Rédigez l’acte d’accusation dans ce sens.
- …
-Le conseil sera convoqué ce soir à 5h. Bien entendu, c’est moi qui le présiderai.
-Vous n’y pensez pas, mon colonel. C’est vous qui prenez l’initiative des poursuites, vous ne pouvez pas, en toute logique, participer au jugement.
-Pourquoi donc ?
-Parce qu’en droit civil comme en droit militaire, nul ne peut être juge et partie.
-Je présiderai le conseil de guerre, Sergent.
Les condamnations pour l’exemple, quel que soit ce qu’on en pense, sont une tache sur l’armée.
Le Pont de la rivière Kwaï. Titre original : The Bridge on the River Kwai. Réalisation : David Lean ; Scénario : David Lean, Carl Foreman, Michael Wilson, Norman Spencer, Calder Willingham. 1957; 161'. Avec : William Holden (major Shears), Sir Alec Guinness (colonel Nicholson), James Donald (major Clipton, médecin britannique du camp), Jack Hawkins (major Warden), Geoffrey Horne (lieutenant Joyce), Sessue Hayakawa (colonel Saïto), André Morell (colonel Green), Peter Williams (capitaine Reeves), John Boxer (major Hughes), Percy Herbert (caporal Grogan), Harold Goodwin (Baker), Ann Sears (l'infirmière), Henry Okawa (capitaine Kanematsu), Keiichiro Katsumoto (lieutenant Miura)
Des prisonniers de guerre britanniques sont détenus par les Japonais en pleine jungle birmane. Ils sont chargés de construire un pont.
Puisqu’on est, en matière de guerre, dans la sphère de la déraison suprême, est-il absurde d’imaginer qu’un artiste ayant réussi un chef-d’œuvre absolu en arrive à vouloir se le garder au-delà de toute autre considération ?
Réalisateur : Pierre Schoendoerffer ; Scénario : Jean-François Chauvel - Pierre Schoendoerffer et Daniel Yonnet. 1982 ; 117'. Avec : Nicole Garcia (la veuve Patricia Caron), Jacques Perrin (le Capitaine Caron), Charles Denner (maître Gillard), Georges Wilson (le Bâtonnier), Claude Jade (maître Valouin), Robert Etcheverry (le Commandant Guilloux), Christophe Malavoy (Antomarchi), Georges Marchal (Général Keller), Florent Pagny (La Ficelle), Jean Vigny (le Professeur Paulet), Jean-François Poron (Jakez), Cyril Barbé (un soldat infirmier), Hubert Gignoux (le juge), Alain Bastien-Thiry (Pierre Caron)
Lors d’un débat télévisé un officier Français tombé au champ d’honneur est accusé par un participant d’avoir pratiqué la torture en Algérie. Sa veuve décide d'attaquer l’auteur en diffamation.
-Le FLN n’a jamais rendu un prisonnier vivant. -Il faut toujours en laisser un pour raconter l’histoire dans les djebels. -La hiérarchie nous a refilé le bébé, le nœud gordien en disant "Faites le nécessaire, essayez de le dénouer, on vous regarde". Nous, on a dû trancher. –[Au bruit des balles, on se baisse] Il en avait marre de se baisser. A la guerre, à chaque balle, on salue un peu l’ennemi.
Réalisation : René Vautier. 1972 ; 97'. Avec : Philippe Léotard (lieutenant Perrin), Alexandre Arcady (Noël), Hamid Djellouli (Youssef), Jacques Canselier (Coco), Jean-Michel Ribes (le curé), Alain Scoff (soldat Lomic), Jean-Jacques Moreau (Jacques), Michel Elias (Robert l'instituteur), Yves Branellec (Youenn), Philippe Brizard (La Marie), Charles Trétout (Charles), Pierre Vautier (Pierrick), Alain Vautier (Lanick), Bernard Ramel (Nanard)
De jeunes appelés Bretons antimilitaristes sont envoyés en Algérie pour y faire la guerre de "pacification".
Comment l’armée va-t-elle les gérer ?
Refrain : Bien l'bonjour, mon lieutenant,
Vos petites guéguerres, Vos petites guéguerres,
Bien l'bonjour, mon lieutenant,
Vos petites guéguerres Ont fait leur temps…
L'Indochine est à Ho Chi Minh,
Au Laos tu l'as eu dans l'os,
La Guinée tu l'as eu dans l'nez,
Côte-d’Ivoire tu t'es fait avoir,
A Suez y a Nasser qui t'baise,
Dien Bien Phu tu l'as eu dans l'cul,
Et les Aurès, tu l'as dans les fesses !
Refrain
Les Ponts de Toko-Ri. Titre original : The Bridges at Toko-Ri. Réalisation : Mark Robson ; Scénario :Valentine Davies. 1955 ; 102'. Avec : William Holden (lieutenant Harry Brubaker), Grace Kelly (Nancy Brubaker), Fredric March (amiral George Tarrant), Mickey Rooney (Mike Forney), Robert Strauss (Beer Barrel), Keiko Awaji (Kimiko), Charles McGraw (comdt Wayne Lee), Earl Holliman (Nestor Gamidge), Richard Shannon (lieutenant Olds), Willis Bouchey (capt Evans), Nadene Ashdown (Kathy Brubaker), Cheryl Lynn Calloway (Susie)
En 1952, pendant la guerre de Corée, des bombardiers partant d’un porte-avions de l’US Navy sont chargés de bombarder un pont imprenable et défendu par d’innombrables pièces antiaériennes.
-Pourquoi, ai-je dû encore me battre dans cette guerre stupide ?
-Vous dites, mon lieutenant ?
-Vous avez entendu ce qu'a dit l’Amiral sur cette guerre ? Je dois reconnaitre qu’il avait raison : "On se bat simplement parce qu’on est là".
Les pilotes subissent un entraînement difficile et pénible avant de tenter l'opération. Le lieutenant Brubaker, avocat dans la vie civile, retrouve sa femme et ses enfants lors d'une courte permission, à Tokyo, dans un hôtel japonais. Brubaker y retrouve également son général de brigade, qui a perdu ses deux fils dans la tourmente et dont la femme, devenue folle, tricote sans fin une layette inutile... Télérama, Synopsis partiel
Une interrogation sur le devoir, le courage. Un hommage à l’US Navy :
«Ils quittent le porte-avions pour remplir leur mission. Puis il faut qu’ils retrouvent leur point de départ perdu sur la mer. Ensuite ils doivent se poser sur le pont malgré le tangage. Comment y a-t-il de tels hommes ?» Amiral Tarrant
L’Heure des Officiers, ou L'Attentat contre Hitler, 20 juillet 1944. Réalisation: Hans-Erich Viet. Scénario: Guido Knopp. 2004, 90'. Avec : Harald Schrott (Claus von Stauffenberg), Bernhard Schütz (Henning v Tresckow), Klaus Behrendt (v Gersdorff), Florian Martens (v Quirnheim), Felix Eitner (v Schlabrendorff), Tilo Prückner (Friedrich Olbricht), Michael Hanemann (Günther v Kluge), Dietrich Hollinderbäumer (Erich v Manstein), Hermann Phrase (Friedrich Fromm), Dieter Mann (Carl-Heinrich v Stülpnagel), Axel Pape (Hellmuth Stieff), Hans Hallwachs (Ferdinand Sauerbruch), Wilfried Pucher (Wilhelm Keitel), Jürgen Schornagel (Ludwig Beck), Bastian Trost (Werner v Haeften)
La préparation et le déroulé des évènements du 20 juillet 44, le gigantesque coup d’état des officiers allemands dirigé par le colonel Stauffenberg.
A présent, le monde entier va nous couvrir d’injures. Je garde la conviction inébranlable que nous avons fait ce qu’il fallait. Hitler est non seulement le pire ennemi de l’Allemagne mais aussi du monde entier. général Henning von Tresckow
Hitler était l’ennemi de beaucoup de gens, c’est indiscutable. Mais les officiers Allemands ne le contestaient pas quand ils gagnaient à l’Ouest. Les choses ont changé en URSS qui est, il est vrai, la guerre voulue surtout par Hitler malgré les réticences de beaucoup d’officiers. Elles se sont rapidement gâtées dès l’hiver 1941 quand la Panzerarmee fut défaite devant Moscou. Dès lors, ils ont rendu leur Führer responsable de tout : un mauvais chef et un fossoyeur.
L’attentat n’est, par contre, pas contestable ; ne serait-ce que pour témoigner que les Allemands n’ont pas suivi aveuglement celui qui les entrainait, avec lui-même, dans l’abime, sans résistance.
Réalisation : Philippe de Broca ; Scénario : Philippe de Broca, Daniel Boulanger. 1966 ; 95'. Avec : Alan Bates (Plumpick, le roi de Cœur), Geneviève Bujold (Coquelicot), Pierre Brasseur ( général Géranium), Jean-Claude Brialy (Xénophon, duc de Trèfle), Françoise Christophe (Marie-Charlotte, duchesse de Trèfle), Julien Guiomar (Mgr Marguerite), Micheline Presle (Mme Eglantine), Michel Serrault (M. Marcel, coiffeur), Madeleine Clervanne (Brunehaut de Trêfle), Jacques Mauclair (maire), Pierre Palau (Albéric de Trêfle), Philippe de Broca (caporal Adolf Hitler)
Fin 1918, les Allemands évacuent une petite ville française après y avoir caché une bombe. Le soldat Anglais Plumpick, est chargé de trouver la bombe et la désamorcer. Il découvre que tous ses habitants ont quitté la ville. Sauf les pensionnaires de l'asile d'aliénés, avec lesquels il devra vivre, un moment ...
Dialogue entre Le Roi et Eglantine :
-La guerre, tu sais ce que c’est ?
- Peuh, non.
-Tout autour de la ville, il y a des gens qui te veulent du mal.
- Ah, bon ! Va leur dire que je ne suis pas méchante.
-Cela ne suffit pas. Tout peut sauter ici d’un instant à l’autre.
- Ce serait dommage ! Tu as une jolie voix.
-Bon ! … Au revoir.
- Ecoute, tu chasses des chimères. Je vais te confier mon secret : Je vis dans l’instant ; il n’y a que l’instant qui compte.
-Revenez ! - La campagne est pleine de fauves. -Vous voyez bien qu’il y a une barrière entre ce monde et nous ! -C’est trop dangereux. -Vous ne pouvez pas savoir comment ils sont méchants de ce côté-là !
La Chute. Titre original : Der Untergang. Réalisation : Oliver Hirschbiegel ; Scénario : Bernd Eichinger. 2004 ; 148'. Avec : Bruno Ganz (Adolf Hitler), Ulrich Matthes (Joseph Goebbels), Corinna Harfouch (Magda Goebbels), Juliane Köhler (Eva Braun), Heino Ferch (Albert Speer), Alexandra Maria Lara (Traudl Junge), Thomas Kretschmann (Hermann Fegelein), Michael Mendl (génl Weidling), Ulrich Noethen (Heinrich Himmler), Dieter Mann (Wilhelm Keitel), Christian Redl (génl Alfred Jodl), Thomas Limpinsel (Linge), Thomas Thieme (Martin Bormann), Mathias Gnädinger (Hermann Göring)
Les derniers jours du Troisième Reich, et de Hitler dans le Führerbunker, en mars avril 1945.
Hitler n’était pas l’hystérique que certains ont dépeint.
-Mein Führer, désolée, j’ai raté le début. -Ce n’est pas grave mon enfant. rapporte Traudel Junge, la sécretaire de 22 ans : "Il était très gentil, très aimable".
On pouvait plaisanter chez lui … jusqu’à un certain point.
-Une question, Mein Führer ? Vous êtes sous un parapluie avec Goering et Goebbels, lequel d’entre vous va se faire mouiller ? -Peuh … Je ne sais pas. C’est une question stupide. -Personne, parce qu’il ne pleut pas du tout. -C’est une blague complètement idiote. Elle n’est pas drôle du tout. Elle n’a aucun sens. Vous devenez sénile, Hoffman. Raconté par T Junge.
Mais, c'est vrai, il a initié, théorisé, cautionné le racisme, l’agression et les génocides.
-J’ai vu un train de Déportés et de Juifs. C’était horrible ! Mein Führer, vous n’êtes sans doute pas au courant de ça. Vous ne le permettriez pas. A cette remarque de Mme Von Schirach, le sourire de Hitler disparut. Il devint silencieux avec un visage de marbre et quitta la réception peu après. Henriette von Schirach ne fut plus jamais invitée au Berghof, rapporte T Junge, comme beaucoup d’autres témoins présents.
La Nuit des généraux. Titre original : The Night of the Generals. Réalisation : Anatole Litvak ; Scénario : Paul Dehn, Joseph Kessel. 1967 ; 148'. Avec : Peter O'Toole (Général Tanz), Philippe Noiret (Inspecteur Morand), Omar Sharif (Major Grau), Tom Courtenay (Caporal Hartman), Donald Pleasence (Général Kahlenberg), Joanna Pettet (Ulrike von Seydlitz-Gabler), Charles Gray (Général von Seydlitz-Gabler), Coral Browne (Eleanore von Seydlitz-Gabler), Harry Andrews (Général von Stülpnagel), John Gregson (Colonel Sandauer), Nigel Stock (Sergent Otto Kopkie), Christopher Plummer (Feld-maréchal Erwin Rommel), Juliette Gréco (Juliette), Gérard Buhr (Claus von Stauffenberg), Pierre Mondy (Kopatski)
Depuis 1942 à Varsovie, le major Grau de la police militaire allemande ne s’intéresse qu’aux crimes sexuels dont est soupçonné un général inconnu de l’armée allemande. Grau ne manifeste pas un intérêt spécial pour les grands évènements historiques quasi mensuels, ni pour la chute de l’empire allemand ; ce sont ces faits divers qui sont au centre de ses soucis.
-Pourquoi tenez-vous tant à savoir qui a tué cette fille ? Elle est sans importance.
-Avez-vous entendu parler des Euménides ?
-Quoi ?
-On les appelle aussi parfois les Furies. Elles estimaient que le sang répandu appelle nécessairement la vengeance. C’est ainsi que la justice a commencé. Alors nous ne voudrions pas qu’elle finisse parce que nous sommes en guerre ?
-Un général a commis un meurtre.
-Un seulement, le meurtre n’est-il pas l’occupation des généraux ?
-Disons que ce qui est tolérable à grande échelle devient monstrueux à petite échelle.
Le Jeu de la puissance. Titre original : Power Play. Réalisation : Martyn Burke ; Scénario : Martyn Burke et Cliff Osmond d'après le livre Coup d'État d'Edward N Luttwak. 1978 ; 102'. Avec : Peter O'Toole (cl Zeller), David Hemmings (cl Narriman), Donald Pleasence (Blair), Barry Morse (Dr Rousseau), Jon Granik (cl Kasai), George Touliatos (Barrientos), Chuck Shamata (Hillsman), August Schellenberg (cl Minh), Marcella Saint-Amant (Mme Rousseau), Eli Rill (Dominique), Alberta Watson (Donna), Gary Reineke (Aramco), Harvey Atkin (Anwar)
Des militaires se préparent dans l’ombre pour fomenter un coup d’état. Il y a le jeu des ralliements, des rejets, des forces potentielles, des ambitions cachées ou naissantes, …
Nous avons agi pour redresser le pays. En conséquence, tout désordre, où que ce soit sera désormais sévèrement châtié. Mon gouvernement, se battra implacablement pour la volonté du peuple, c’est-à-dire pour l’ordre, la paix et la stabilité conduisant à la prospérité. Colonel Zeller
Je m’interdis bien évidemment de condamner un putsch chassant du pouvoir un régime qui oppressait les masses populaires ou accaparait les ressources du pays au profit d’une minorité de privilégiés. Il faudrait même appeler ça une action salvatrice.
A l’opposé, il ne faut pas hésiter à mettre le sceau de l’infamie sur ceux qui, sans demander l’avis de qui que ce soit, ont renversé le gouvernement de la nation une nuit, et sont montés au petit matin au palais à bord de leurs blindés.
Avec une pensée émue pour certains grands hommes qui en ont été victimes, parfois au prix de leur vie.
Réalisation : Stanley Kubrick ; Scénario : Stanley Kubrick, Michael Herr, Gustav Hasford. 1987 ; 116'. Avec : Matthew Modine (James T. Davis, dit Joker), Arliss Howard (Cowboy Evans), Vincent D'Onofrio (Leonard Lawrence dit Gomer Pyle), R. Lee Ermey (Gunnery Sergeant Hartman), Adam Baldwin (soldat Animal Mother), Dorian Harewood (soldat Eightball), Kevyn Major Howard (soldat et photographe Rafterman), Ed O'Ross (lieutenant Walter J Touchdown Schinowski), John Terry (lieutenant Lockhart), Kieron Jecchinis (soldat Crazy Earl), Tim Colceri (mitrailleur de l'hélicoptère qui emmène Guignol et Rafterman au front), Jon Stafford (soldat Doc Jay), Bruce Boa (colonel des Marines qui menace d'envoyer Guignol en cour martiale), Papillon Soo Soo (prostituée vietnamienne à Da Nang), Peter Edmund (soldat Snowball), Ngoc Le (sniper vietcong)
La formation, dans les conditions les plus éprouvantes, de jeunes Marines ; puis leur envoi au Viet Nam. Arrivés à destination, ils tombent en plein dans la grande Offensive du Têt, avec ses terribles combats urbains.
Une ode de la mort. Sur place, ils ne croyaient même pas au bien-fondé de leur combat. Ils ne savaient pas si leur objectif, même s’ils arrivaient à l’atteindre, serait la solution du problème. Et pourtant, ils se sont vaillamment battus, et beaucoup y ont laissé leur vie.
Titre original : The Alamo. Réalisation: John Wayne. Scénario: James Edward Grant. 1960 ; 167'. Avec : John Wayne (Davy Crockett), Richard Widmark (Col James Bowie), Laurence Harvey (Col William Travis), Frankie Avalon (Smitty), Patrick Wayne (Cpt James Bonham), Linda Cristal (Flaca), Richard Boone (Gnl Sam Houston), Joan O'Brien (Susanna “Sue” Dickinson), Ken Curtis (Cpt Almeron Dickinson), Carlos Arruza (lt mexicain), Jester Hairston (Jethro, serviteur noir), Veda Ann Borg (Nell Robertson, femme aveugle), John Dierkes (Jocko Robertson), Aissa Wayne (Angelina Lisa Dickinson), Olive Carey (Mrs Dennisson), Ruben Padilla (Gnl Santa Anna)
Le film relate la résistance du Texas au Mexique. Plus précisément, le Siège de Fort Alamo où les Américains retranchés acceptèrent d’engager une lutte désespérée contre une forte armée mexicaine.
Les USA et les Etats-Unis-Mexicains se sont affrontés au début du 19e siècle pour les Etats du Sud. A la bataille de Fort Alamo, moins de 200 Texans commandés par le colonel Travis ont "retardé" pendant 2 semaines, l’armée mexicaine du général Santa Anna forte de 3000 hommes. Ils ont réussi à faire environ 600 blessés ou tués Mexicains.
A la fin, les défenseurs d’Alamo furent tous tués au combat.
Réalisation : Pierre Schoendoerffer ; Scénario : Pierre Schoendoerffer, Jean-François Chauvel. 1977 ; 120'. Avec : Jean Rochefort (le Commandant), Jacques Perrin (Willsdorff, le Crabe-Tambour), Claude Rich (Pierre, le médecin-major), Jacques Dufilho (le chef mécanicien), Aurore Clément (Aurore), Odile Versois (madame), François Dyrek (patron du bistrot), Jean Champion (admirateur de l'amiral Dönitz), Pierre Rousseau (Babourg), Bernard Lajarrige (le recteur), Joseph Momo (Bongoba), Yves Morgan (l'enseigne)
Début 1975, un grand marin partant bientôt à la retraite fait sa dernière mission dans les eaux glaciales de l’extrême Atlantique Nord canadien. Physiquement à bout, il se remémore son passé professionnel.
En 1976, le livre de Pierre Schoendoerffer, Le Crabe-tambour, reçut le grand prix du roman de l'Académie française. On y retrouvait les thèmes qui hantaient le cinéaste depuis son expérience personnelle de la guerre d'Indochine. Cette adaptation filmée s'attache, de la même manière, aux soldats perdus des guerres coloniales, à ces militaires qui connurent défaites et amertume, après la fraternité des armes, et qui en gardèrent une fêlure. C'est un adieu lyrique, émouvant, au romantisme de la jeunesse de l'auteur.
Arrivant à la cinquantaine, les personnages ont derrière eux un rêve dépassé, fini. Sur les mers froides, ils poursuivent donc "le crabe-tambour", qui n'existe plus que dans leur conscience, que l'on ne voit jamais réellement. Les retours en arrière sont des mises en scène de la mémoire, évoquées entre le ciel et l'océan, dans le monde de glace où peinent les pêcheurs de morue. Ces hommes vieillis se sont faits les gardiens du mystère Willsdorff. C'est leur Moby Dick, leur baleine blanche. Télérama
Réalisateur : Edouard Molinaro ; Scénario : Pierre Boulle. 1986 ; 172'. Avec : Pierre Arditi (Arvers), Evelyne Bouix (Claire), Christopher Lee (Fog), Annie Girardot (La Mère), Joachim Hansen (Gleicher), Alan Adair (L'Officier Anglais), Andrea Occhipinti (François), Alessandro Vantini (Morvan), Paul Barrett (Le Copilote), Arthur Denberg (Chef de Gestapo), Paul Guers (Le Curé), Mike Marshall (Le Pilote)
France 1940. Pendant l'exode, le Capitaine Cousin, un écrivain obsédé par des rêves de gloire, force l'admiration du Caporal Morvan qu'il rencontre sur sa route. Avec Claire Morvan, sa sœur, exaltés, ils décident d'agir en gagnant l'Angleterre. Ils entrent dans la résistance et sont envoyés en France pour une mission qui tourne mal. Synopsis officiel, partiel.
Il n’a même pas crié !
Il était lâche pour les autres ; pas pour lui. Claire
Sur quoi doit se juger la valeur d’un homme ?
Le courage est-il la valeur supérieure ? Ou alors il faut creuser toutes les acceptions de ce mot. Une même personne peut-elle avoir une conduite courageuse un jour et le contraire un autre jour ? Le Larousse donne la lâcheté comme un contraire de l’héroïsme. Au-delà des comportements vils et de l’incapacité de l’effort minimal pour une vie digne, la lâcheté fait penser à la peur, surtout dans un contexte d’affrontement. N’est-ce pas donner une importance excessive à résister à la souffrance ou la douleur ? Il faudrait alors, par souci d’équité se demander si les individus, biologiquement, sont égaux devant la souffrance et la douleur.
Réalisateur : Daniel Costelle. 1968 ; 88'. Documentaire historique avec ceux qui ont fait la bataille, Allemands et Russes.
En nov-déc1941, les armées allemandes, après s’être assurées "les vastes champs de blé de l’Ukraine et le pétrole du Caucase" se regroupent pour prendre Moscou en tenailles. La PanzerArmee veut ainsi écraser définitivement "le Bolchevisme". L’opération Typhon, la plus grande bataille de l’histoire, se déroule dans la vaste plaine devant Moscou avec, de chaque côté, plus de : 1 million d’hommes, 1000 chars, 1000 avions, 10 000 pièces d’artillerie, 800 000 blessés ou tués.
L’ordre de retraite que j’avais vainement demandé au Führer le 20 décembre dut être donné au début de janvier. L’armée recula d’une centaine de kms, mais les pertes subies ne purent jamais être réparées. Général Heinz Guderian
«Les forces allemandes qui attaquèrent Moscou, l’armée Guderian, l’armée Reinhardt, l’armée Hoeppner, représentaient la totalité du formidable corps de bataille blindé qui avait anéanti la Pologne en 18 jours, et la France en un mois. C’était une prodigieuse élite, moins de matériel que d’hommes. Elle équivaut dans l’histoire des guerres aux nouveautés tactiques que furent, au moment de leur apparition, la phalange macédonienne et la légion romaine. … Cet instrument révolutionnaire, puissance et vitesse conjuguées, Hitler l’a perdu en décembre 1941, en s’acharnant à vouloir prendre Moscou contre le froid. … [Par la suite, la Wehrmacht] fit des divisions blindées ; elle ne refit jamais les Panzer de Guderian.»
Raymond Cartier, Hitler et ses généraux
Mais avec le recul, la plupart des historiens, reconnaissent aujourd’hui que sans la volonté farouche de son Führer la Wehrmacht aurait été totalement anéantie à Moscou.
«Devant ce découragement, cette menace de décomposition, Hitler seul, il faut bien le dire, conserve la tête froide et manifeste une indomptable énergie. … Il lance le 16 décembre, son fameux Haltbefehl !, l’ordre de tenir sur place.»
Philippe Masson, Histoire de l’armée allemande
La Déchirure. Réalisation : Roland Joffé ; Scénario : Bruce Robinson. 1984 ; 138'. Avec : Sam Waterston (Sydney Schanberg), Haing S Ngor (Dith Pran), John Malkovich (Al Rockoff), Julian Sands (Jon Swain), Craig Nelson (l'attaché militaire), Spalding Gray (le consul américain), Bill Paterson (le docteur MacEntire), Athol Fugard (dr Sundesval), Graham Kennedy (Dougal), Katherine Krapum Chey (Ser Moeum, l'épouse de Dith Pran), Joanna Merlin (la sœur de Schanberg)
Cambodge, avril 1975. Les troupes Khmers Rouges approchent de Phnom Penh. Sydney Schamberg, correspondant du New York Times, fait partir aux Etats-Unis la famille du journaliste Cambodgien Dith Pran, son assistant. Sydney doit quitter le pays, comme l’ensemble des occidentaux. Malheureusement, il ne peut sauver Dith, qui est arrêté par les Khmers Rouges et envoyé dans un camp de travail. Synopsis officiel.
Ici, seuls les silencieux survivent.
Dith Pran
Une guerre peut mener à un génocide. C’est rare mais ça peut arriver.
Un esprit rationnel n’aurait peut-être jamais imaginé, avant de l’avoir vu, un état pratiquant un génocide sur son propre peuple.
Il faut sauver le soldat Ryan. Saving Private Ryan. Réalisation: Steven Spielberg. Scénario: Robert Rodat. 1998; 163'. Avec: Tom Hanks (capt John Miller), Edward Burns (sdt Reiben), Tom Sizemore (sgt Michael Horvath), Matt Damon (sdt James Ryan), Barry Pepper (sdt Daniel Jackson), Adam Goldberg (sdt Stanley Mellish), Vin Diesel (sdt Adrian Caparzo), Jeremy Davies (cpl Timothy Upham), Ted Danson (cpt Fred Hamill), Paul Giamatti (sgt Hill), Paul Giamatti (sgt Hill), Dennis Farina (ltcol Anderson), Harrison Young (James Ryan, 50 ans après)
Après le débarquement de Normandie, le capitaine Miller a pour mission de retrouver le soldat James Ryan, dont les trois frères sont morts au combat et s’expose ainsi à de nombreux risques.
Confrontés à une situation périlleuse, les hommes discutent les ordres. Pourquoi huit hommes risqueraient-ils leur vie pour un seul homme ? Rattrapés par la brutalité de la guerre, chacun cherche sa propre réponse ainsi que la force de vaincre un futur incertain avec honneur, décence et courage. Synopsis officiel.
-Tes frères ont étés tués au combat. -Lesquels ?
-Tous les 3. …-Vous avez fait tout ce chemin pour me dire ça ?
-Tu rentres chez toi. Nous avons l’ordre de te ramener.
-J’ai des ordres aussi, mon capitaine, ne pas abandonner mon poste. … Ca n’a aucun sens. …-Que veux-tu qu’on dise à ta mère quand on lui ramènera un autre drapeau plié ?
-Dites-lui que vous m’avez trouvé ici avec les seuls frères qui me restent et qu’il n’est pas question que je les laisse tomber. Je pense qu’elle comprendra. Rien ne me fera abandonner ce poste.
Visuellement, le film reste un choc. La violence du débarquement surgit à l’écran, tranchant avec tant de reconstitutions qui mettaient en avant une gloire immédiate, un héroïsme idéal. Les scènes éprouvantes s’accumulent mais Spielberg ne perd jamais de vue son propos : retrouver le soldat Ryan, c’est retrouver l’échelle humaine dans un enfer où rien ne semble plus avoir de sens. C’est nous rappeler le prix d’une vie. Télérama