Les Classiques Français
Réalisation: Jean Renoir ; Scénario: Jean Renoir,  Albert Valentin. 1932 ; 85'.    Avec : Michel Simon (Boudu), Charles Granval (Édouard Lestingois, le libraire), Marcelle Hainia (Emma Lestingois, l'épouse du libraire), Séverine Lerczinska (Anne-Marie, la bonne), Jean Gehret (Vigour, un ami du libraire)
Boudu, un sympathique clochard, est sauvé de la noyade par un courageux bourgeois qui le recueille chez lui. Boudu prend ses aises dans ce nouveau logis et commence à le perturber.
 Voilà un film admirable de drôlerie et de concision, une quintessence de l’utopie libertaire (et antibourgeoise) qui porte l’œuvre de Jean Renoir dans les années 1930.
          Télérama

 Libre comme Boudu …  
Une œuvre qui survit. Avec de nombreuses adaptations ou remakes à travers le monde. 

Réalisation: René Clair ; Scénario: René Clair,  Jérôme Géronimi, Jean Marsan. 1955 ; 106'.    Avec : Gérard Philipe (le lieutenant Armand de la Verne), Michèle Morgan (Marie-Louise Rivière, la modiste), Jean Desailly (Victor Duverger, le prétendant jaloux), Pierre Dux (le colonel Olivier du 33e Dragon), Yves Robert (Félix Leroy, un lieutenant des Dragons), Brigitte Bardot (Lucie, la fille du photographe), Dany Carrel (Rose-Mousse, une prostituée débutante), Judith Magre (Ciboulette), Claude Rich (Claude, le fiancé d'Alice), Jacques Morel (M. Monnet, le mari de Gisèle), Michel Piccoli (un officier), Daniel Ceccaldi (un officier)
 Armand de La Verne, jeune et beau lieutenant au 33ème Dragons et Don Juan invétéré, a fait le pari devant tout son régiment de séduire à coup sûr la première femme venue…Il tombe sur Marie-Louise à qui il fait une cour empressée. Mais sa proie a appris le pacte grossier dont elle fait l’objet. Elle ferme sa porte, n’ouvre pas ses lettres, refuse ses fleurs. Pour la première fois de sa carrière, Armand est déconcerté par la résistance d’une femme qui semble voir clair dans son jeu. Il tombe amoureux pour la première fois…  Synopsis officel
 Gérard Philipe est un parfait petit coq, séducteur et superficiel, touché par l'amour. Pour lui, la passion vient comme une grâce inutile, puisque le pari qui l'a fait approcher sa bien-aimée est la cause même de leur rupture.  Les Grandes Manoeuvres est une oeuvre typique de cette "qualité France" impeccable et vieillissante, tant décriée peu après par la Nouvelle Vague.   Télérama
Prix Louis-Delluc 1955 
David di Donatello meilleure production étrangère 1956
Victoire de la Meilleure Réalisation 
Victoire de la Meilleure Actrice à Michèle Morgan 
Victoire du Meilleur Acteur à Gérard Philipe.
Réalisation, Scénario: Jean Cocteau. 1946 ; 96'.    Avec : Josette Day (Belle), Jean Marais (Avenant / la Bête / Prince Gregory), Michel Auclair (Ludovic), Mila Parély (Félicie), Nane Germon (Adélaïde), Hallie Neill (Adélaïde), Marcel André (le père)
 Il y a bien longtemps, un armateur quasi ruiné vivait avec son fils et ses filles, les pimbêches Félicie et Adélaïde qui martyrisaient la douce et généreuse Belle. Une nuit, après avoir trouvé refuge dans un château mystérieux, le marchand déchaîne la colère du maître des lieux, une créature mi-homme, mi-bête, qui le condamne à mort. Pour sauver la vie de son père, Belle décide de prendre sa place et rejoint la demeure de la Bête …     Synopsis officiel
Mon cœur est bon… mais je suis un monstre. 
 Il y a bien des hommes qui sont plus monstrueux que vous et qui le cachent. 
Outre que je suis laid, je n’ai point d’esprit. 
 Vous avez l’esprit… de vous en rendre compte.
 Mes parents ne croyaient pas aux fées. Elles les ont punis en ma personne. Je ne pouvais être sauvé que par un regard d’amour.                                                                   La Bête     
 Les sœurs au cœur de pierre se regardant dans le miroir magique s’y sont vues affreuses. Elles ont amené le miroir à Belle pour lui faire mal. Belle s’y est vue normale avec la Bête se mourant d’amour.  
 Une féerie ! 

Prix Louis-Delluc film, Prix Louis Delluc Jean Cocteau 1946
Prix du meilleur acteur français Jean Marais 1946 
Prix Bambi 1948 : Meilleur acteur Jean Marais. 
Festival du Film Romantique de Paris 2009 Meilleur film.
Réalisation : Marcel Carné ; Scénario : Jacques Prévert, Pierre Laroche. 1942 ; 120 mn.    Avec : Arletty (Dominique), Alain Cuny (Gilles), Marie Déa (Anne), Jules Berry (le diable), Marcel Herrand (Renaud), Fernand Ledoux (le baron Hugues), Pierre Labry (un gros seigneur), Gabriel Gabrio (le bourreau), Roger Blin (le montreur de nains), Jean d'Yd (le montreur d'ours), Piéral (un nain), Simone Signoret (une demoiselle du château), François Chaumette (un page), Jean Carmet (un page), Alain Resnais (un page), Jean-Pierre Mocky (un petit page) 
Dans un château au Moyen Age, le baron Hugues prépare les fiançailles de sa fille Anne avec le chevalier Renaud. Deux artistes étrangers arrivent.
"Or donc, en ce joli mois de mai 1485, Messire le Diable, dépêcha sur terre deux de ses créatures afin de désespérer les humains …"
                                  En exergue
-Anne : « Serait-il possible que ce soit vous la cause de tous ces maux ? » 
-
Le Diable : « Je suis bien obligé de passer le temps d’une façon ou d’une autre ! Mais je vous assure, si quelqu’un m’aimait, ça arrangerait bien les choses. Comme la vie deviendrait facile et belle ! »
Un grand conte philosophique. Ça suffit pour faire de ce film un monument.
 Je respecte, avec une certaine méfiance, les interprétations en fonction du contexte historique. Tant pour beaucoup de faits de cette période, on a estimé quelque chose et son contraire, selon les bords …
Réalisation : Marcel Carné ; Scénario : Jacques Prévert. 1945 ; 182'.    Avec : Arletty (Claire, fille d'Irène ou Mme Reine, dite Garance), Jean-Louis Barrault (Baptiste Deburau), Maria Casarès (Nathalie, fille du directeur du théâtre des Funambules), Pierre Brasseur (Frédérick Lemaître),Marcel Herrand (Pierre-François Lacenaire), Pierre Renoir (Jéricho), Louis Salou (le comte Édouard de Montray), Jane Marken (Mme Hermine), Fabien Loris (Avril, homme de main de Lacenaire), Jean Carmet (un inspecteur), Simone Signoret
 Paris, 1828. Sur le boulevard du Crime, au milieu de la foule, des acteurs et des bateleurs, le mime Baptiste Deburau, par son témoignage muet, sauve Garance d'une erreur judiciaire. C'est ici que commencent les amours contrariées de Garance, femme libre et audacieuse, et de Baptiste qu'elle intimide et qui n'ose lui déclarer sa flamme. Mais aussi ceux de Nathalie, la fille du directeur du théâtre, qui aime Baptiste, et Frédérick Lemaître, un jeune acteur prometteur, qui entame une liaison avec Garance, tandis que cette dernière aime aussi Baptiste en secret.
                                                       Synopsis officiel

« Vous m’avez aidée à vivre pendant des années, vous m’avez empêchée de vieillir, de devenir bête, de m’abîmer… Je me disais : tu n’as pas le droit d’être triste, tu es tout de même heureuse puisque quelqu’un t’a aimée. »        Garance
 Un hommage au théâtre ; sa vie intérieure, l’amour, la vie réelle …
1990 Emission La plus belle nuit du cinéma : Meilleur film de la
         période 45-60 et plus beau film français depuis le parlant
1995 Meilleur film français de tous les temps pour environ 600
         critiques à l'occasion du centenaire du cinéma. 
Film mis au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO

Réalisation, Scénario : Marcel Pagnol, Alexander Korda. 1931 ; 120'.    Avec : Raimu (César Ollivier, patron du bar), Pierre Fresnay (Marius Ollivier, son fils), Orane Demazis (Fanny Cabanis, petite marchande de coquillages), Alida Rouffe (Honorine Cabanis, sa mère), Fernand Charpin (Honoré Panisse, maître voilier du Vieux-Port), Paul Dullac (Félix Escartefigue, capitaine du ferry boat)
 Marius est un jeune homme que la mer exalte. Il aime son père César, bourru et bonhomme, il aime aussi la petite Fanny qui vend des coquillages devant le bar de César. Depuis son enfance, l’envie de courir le monde l’enflamme. Il lutte contre sa folie. Il ne veut pas abandonner son père qui en mourrait peut-être de chagrin, ni la petite Fanny qui ne pense qu’à lui. Et pourtant la mer est là…                 Synopsis officiel
« L’accent ne constitue pas, chez Pagnol, un accessoire pittoresque, une note de couleur locale, il est consubstantiel au texte et, par là, aux personnages. Ses héros le possèdent comme d’autres ont la peau noire. L’accent est la matière même de leur langage, son réalisme. Aussi, le cinéma de Pagnol est tout le contraire de théâtral, il s’insère par l’intermédiaire du verbe dans la spécificité réaliste du cinéma. Pagnol n’est pas un auteur dramatique converti au cinéma, mais l’un des plus grands auteurs de films parlants. »            André Bazin
Tout le charme du Sud …
Réalisation, Scénario : Marcel Pagnol, Marc Allégret. 1932 ; 140'.    Avec : Raimu (César Ollivier, patron du bar), Pierre Fresnay (Marius Ollivier, son fils), Orane Demazis (Fanny Cabanis, petite marchande de coquillages), Alida Rouffe (Honorine Cabanis, sa mère), Fernand Charpin (Honoré Panisse, maître voilier du Vieux-Port), Paul Dullac (Félix Escartefigue, capitaine du ferry boat)
 Marius a embarqué sur « La Malaisie », cédant à l’irrépressible appel du large. Il a laissé derrière lui son vieux père César et sa fiancée Fanny, qui porte son enfant. Sans nouvelles de l’homme qu’elle aime depuis plusieurs mois, la jeune femme se résout à épouser le brave Honoré Panisse pour donner un père à son enfant. Très épris de Fanny et ravi de s’assurer une descendance, Panisse adopte le petit Césariot. Mais un jour, Marius revient…                Synopsis officiel
 Les critiques des irréductibles du "muet" finissant, un peu par jalousie, n’ont fait que rehausser Fanny. « Le dialogue nous révèle un des nombreux secrets de l'être humain. Dans cette entreprise de découverte de l'homme, Pagnol est roi. Tout ce qu'il nous dit sur une scène ou dans un film concourt à nous révéler l'essentiel des êtres » selon le mot de Jean Renoir.
 Encore plus d’émotion avec la séparation. L’éloignement des êtres chers. Le chagrin d’un père pour l’absence de son fils. Le parfum d’humanité partout présent.
Réalisation, Scénario: Marcel Pagnol. 1936 ; 134'.    Avec : Raimu (César Ollivier, patron du bar), Pierre Fresnay (Marius Ollivier, fils), Orane Demazis (Fanny Cabanis, marchande de coquillages), Alida Rouffe (Honorine Cabanis, sa mère), Fernand Charpin (Honoré Panisse, maître voilier Vieux-Port), Paul Dullac (Félix Escartefigue, capitaine du ferry boat)
 Fanny, abandonnée par Marius, épouse Panisse qui adopte Césariot, l’enfant de l’amour, et l’élève comme son fils. Aujourd’hui, Césariot est adulte et Panisse se meurt. Fanny révèle la vérité à son fils qui décide alors de partir à la recherche de Marius, son père…             Synopsis officiel
 A la fin, tout s’atténue peut-être. Comme les principaux personnages qui vieillissent ou meurent.
Réalisation, Scénario : Marcel Pagnol. 1938 ; 135'.    Avec : Raimu (Aimable Castanier, boulanger), Ginette Leclerc (Aurélie,  femme du boulanger), Fernand Charpin (Marquis Castan de Venelles), Charles Moulin (Dominique, berger piémontais), Édouard Delmont (Maillefer "Patience", pêcheur), Robert Vattier (curé), Charles Blavette (Antonin dit "Tonin"), Robert Bassac (instituteur), Marcel Maupi (Barnabé), Alida Rouffe (Céleste, bonne du curé), Odette Roger (Miette, femme d'Antonin, Yvette Fournier (Hermine), Maximilienne Max (Mlle Angèle)
 Quand le boulanger du village refuse de faire du pain parce que sa femme volage est partie avec un beau berger... Le drame individuel prend une dimension collective.        Synopsis officiel
 « Raimu nous donne une prodigieuse interprétation qui a fait dire à Orson Welles qu’il était le plus grand acteur du monde. Le film fut, avec La Trilogie, un des plus grands succès de Pagnol. »               Société Marcel Pagnol 
    "Il est plus beau."
 Beau, qu’est-ce que c’est cette petite différence de l’un à l’autre. Les Chinois sont tous pareils, les Noirs se ressemblent. C’est pas une raison parce que les lions sont plus forts que les lapins pour que les lapines courent après en clignant de l’œil ! Et la tendresse, dis ?
   Qu’est-ce que tu en fais de la tendresse !
                               Le Boulanger
Réalisation : Henri-Georges Clouzot ; Scénario : Louis Chavance. 1943 ; 92 mn.   Avec : Pierre Fresnay (le docteur Rémy Germain), Ginette Leclerc (Denise Saillens, la sœur du directeur de l'école), Pierre Larquey (le docteur Michel Vorzet, psychiatre et mari de Laura), Micheline Francey (Laura Vorzet, assistante sociale), Héléna Manson (Marie Corbin, infirmière et la sœur de Laura), Marcel Delaître (le dominicain) 
Sous l’occupation, des lettres anonymes insultent un médecin dans une petite ville.
 Les lettres anonymes de dénonciation, ou de diffamation, étaient choses courantes en ces temps-là. 
 Il est alors légitime d’engager le débat sur la présentation dépassionnée des faits et l’occultation jugée socialement apaisante, voire "le mensonge salvateur". 

Réalisation : Max Ophüls ; Scénario : Marcel Achard, Max Ophüls, Annette Wademant. 1953 ; 100'.   Avec : Danielle Darrieux (comtesse Louise), Charles Boyer (général-comte André), Vittorio De Sica (baron Fabrizio Donati), Jean Debucourt (M. Rémy, bijoutier), Mireille Perrey (Nounou, nourrice de la comtesse), Lia Di Leo (Lola, maîtresse du général), Jean Galland (M. de Bernac), Hubert Noël (Henri de Malville), Jacques Josselin (un diplomate), Paul Azaïs (Léon, cocher fiacre de Louise), Claire Duhamel (Élisabeth, nièce du général) 
 Pour ses folles dépenses, Madame de… vend des boucles d’oreilles que son mari lui avait offertes en disant les avoir perdues. Avec des conséquences …
 On a vu dans "Madame de…" la photographie d’une aristocratie désœuvrée, décadente. 
 Danielle Darrieux s’y est parfaitement intégrée dans son personnage. Elle estimera plus tard :

« Madame de… restera mon film, celui grâce auquel on ne m’oubliera pas tout à fait ».

Réalisation : Claude Autant-Lara ; Scénario : Claude Autant-Lara,  Jean Aurenche, Pierre Bost. 1954 ; 185'.   Avec : Gérard Philipe (Julien Sorel), Danielle Darrieux (Mme de Rênal), Antonella Lualdi (Mathilde de La Mole), Jean Martinelli (Mr de Rênal), Antoine Balpêtré (abbé Pirard), Jean Mercure (marquis de La Môle), Alexandre Rignault (père Sorel), Anna Maria Sandri (Elisa), Jacques Varennes (président du tribunal), Suzanne Nivette (marquise de La Môle), André Brunot (abbé Chélan), Georges Descrières (marquis de Croisenois), Georges Wilson (Mr Binet)
 L’histoire de Julien Sorel, un homme issu du peuple, et ses amours aristocratiques, sous la Restauration.
« Mon vrai crime, pour vous, c’est d’être né dans une classe inférieure ; et surtout d’avoir voulu en sortir. »              Julien Sorel
« Leur bonheur avait quelquefois la physionomie du crime. »                 Stendhal
- Que faut-il penser de la parole de L’Ecriture : 
« Malheur à celui par qui le scandale arrive » ? 
- Ah, quel fabuleux sujet pour une personne qui prendrait le temps de l’aborder sérieusement !