François Truffaut
1932-1984
Le grand théoricien de La Nouvelle Vague
J’aimais les films qui troublaient, subversifs, qui remettaient en question la morale.
François Truffaut
Réalisation : François Truffaut , Scénario : François Truffaut et Marcel Moussy ; 1959, 99mn. Avec : Jean-Pierre Léaud (Antoine Doinel), Claire Maurier (Gilberte Doinel), Albert Rémy (Julien Doinel), Patrick Auffay (René Bigey), Georges Flamant (M. Bigey), Yvonne Claudie (Mme Bigey), Armand Coppello ( Petit peu), Guy Decomble : (« Petite feuille », l'instituteur), Robert Beauvais (le directeur de l'école), Jacques Monod (le commissaire de police), Claude Mansard (le juge pour enfants), Pierre Repp (le professeur d'anglais), Henri Virlogeux (le gardien de nuit), Marius Laurey (l'inspecteur Cabanel), Luc Andrieux (le professeur de gym), Jeanne Moreau (la femme au chien dans la rue), Jean-Claude Brialy (le dragueur qui suit la femme au chien), François Truffaut (un homme à la fête foraine), Philippe de Broca (un homme à la fête foraine), Jacques Demy (le policier au commissariat qui dit « Le carrosse est avancé ! »), Charles Bitsch (un policier au commissariat), Jean Douchet (l'amant de Gilberte).
Les difficultés d’un enfant à suivre une scolarité normale au collège. L’école buissonnière, les petits mensonges, …
Dans ce premier Truffaut, on est frappé par le jeu du tout jeune Jean-Pierre Léaud, la liberté de ton.
La Nouvelle Vague était là !
Prix Méliès 1959. Festival de Cannes 1959 : Prix de la mise en scène.
Prix du festival d'Acapulco. Prix Meilleur Film Etranger, Critique New-York
Réalisation : François Truffaut ; Scénario François Truffaut et Jean Gruault ; 1962 ; 102mn. Avec : Jeanne Moreau (Catherine), Oskar Werner (Jules, l'Autrichien), Henri Serre (Jim, le Français), Marie Dubois (Thérèse), Cyrus Bassiak (Albert, le guitariste), Sabine Haudepin (Sabine), Annie Nelsen (Lucie), Vanna Urbino (Gilberte), Bernard Largemains (Merlin), Dominique Lacarrière (une des femmes), Jean-Louis Richard (un client du café), Michel Varesano (un client du café), Elen Bober (Mathilde)
Les pérégrinations d’une femme plurielle depuis les années 1910 jusqu’aux années 1920.
Elle va se lier à deux, vrais, amis successivement avant et après la guerre.
« Ce qui est révoltant dans la guerre, c’est qu’elle prive l’homme de son combat individuel. » Jules
-Grand Prix de l'académie du cinéma
-Prix de la mise en scène Festival de Mar del Plata
-Ruban d'argent Syndicat national italien des journalistes de film
-Meilleur film européen Bodil Awards
Réalisation : François Truffaut ; Scénario : François Truffaut, Jean-Louis Richard. 1968 ; 107 mn. Avec : Jeanne Moreau (Julie Kohler, la veuve), Claude Rich (Bliss), Michel Bouquet (Robert Coral), Michael Lonsdale (Clément Morane, l'industriel), Charles Denner (Fergus, le peintre), Daniel Boulanger (Delvaux, le ferrailleur), Jean-Claude Brialy (Corey), Jacqueline Rouillard (la logeuse de Coral), Sylvine Delannoy (Mme Morane), Christophe Bruno ("Cookie" Morane), Alexandra Stewart (Mlle Becker, l'institutrice), Luce Fabiole (la mère de Julie), Michèle Montfort (le modèle de Fergus), Paul Pavel (le mécanicien de Delvaux), Gilles Quéant (le juge d'instruction), Serge Rousseau (David Kohler, le mari de Julie), Van Doude (l'inspecteur de police)
Un polar adapté par Truffaut. Original.
«Professeur Hitchcock, élève Truffaut, bravo. L'élève a regardé les leçons du maître, il les a assimilées. Le voici maître lui aussi. Et ce n'est que justice.» Jean-Louis Bory
Réalisation : François Truffaut. Scénario François Truffaut, Claude de Givray, Bernard Revon. 1968 ; 92'. Avec : Jean-Pierre Léaud (Antoine Doinel), Claude Jade (Christine Darbon), Delphine Seyrig (Fabienne Tabard), Michael Lonsdale (Georges Tabard), Harry-Max (M Henri), André Falcon (M Blady), Daniel Ceccaldi (Lucien Darbon), Claire Duhamel (Mme Darbon), Catherine Lutz (Catherine), Martine Ferrière (Mme Turgan), Jacques Rispal (Colin), Paul Pavel (Julien), François Darbon (adjt Picard), Simono (Albani), Jacques Delord (prestidigitateur)
Antoine Doinel revient du service militaire.
Pas plus responsable, pas plus mature dans sa vie privée.
-Mademoiselle, je sais que je ne suis pas un inconnu pour vous. Depuis quelques jours je ne cherche même plus à me cacher. Maintenant je sais que le moment est venu. Avant de vous rencontrer, je n'avais jamais aimé personne. Je hais le provisoire. Je connais bien la vie. Je sais que tout le monde trahit tout le monde. Mais entre nous ce sera différent. Nous serons un exemple, nous ne nous quitterons jamais, pas même une heure. Je ne travaille pas, je n'ai aucune obligation dans la vie ; vous serez ma seule préoccupation. Je comprends que tout cela est trop soudain pour que vous disiez oui tout de suite et que vous désiriez d'abord rompre des liens provisoires qui vous attachent à des personnes provisoires. Moi je suis définitif. … Je suis très heureux.
-Il est complètement fou ce type-là !
-Oui, oui ; surement.
Sur l’air de Trenet « Que reste-t-il de nos amours/ Que reste-t-il de ces beaux jours/ Une photo, vieille photo/ De ma jeunesse… », tout le charme du plus primé des Truffaut.
Prix Louis-Delluc, Prix Fémina Belge, Grand prix du cinéma français, Prix Méliès
Prix du British Film Institute, Prix de la Hollywood Foreign Association,
MeilleurFilm du Syndicat français de la critique, Best Foreign Film for NBRMP
Réalisation : François Truffaut ; Scénario : François Truffaut, Claude de Givray, Bernard Revon. 1970 ; 100 mn. Avec : Jean-Pierre Léaud (Antoine Doinel), Claude Jade (Christine Doinel), Hiroko Matsumoto (Kyoko), Daniel Ceccaldi (Lucien Darbon), Claire Duhamel (Madame Darbon), Barbara Laage (Monique, la secretaire), Danièle Girard (Ginette, la serveuse), Daniel Boulanger (Ténor, le voisin), Silvana Blasi (Silvana, la voisine), Pierre Maguelon (l'ami de Césarin), Jacques Jouanneau (Césarin du bistrot), Claude Véga (l'étrangleur), Jacques Rispal (M Desbois), Jacques Robiolles (le tapeur), Pierre Fabre (L'employé de bureau ricaneur), Christian de Tillière (Baumel), Billy Kearns (M Max, le patron américain)
Christine et Antoine Doinel sont maintenant un jeune couple arrivant juste à survivre. Une vie de couple avec différents épisodes.
La suite du cycle Doinel.
Le souvenir de la belle Hiroko Matsumoto
Réalisation : François Truffaut ; Scénario : François Truffaut, Jean-Louis Richard, Suzanne Schiffman. 1973 ; 112 mn.
Avec : François Truffaut (Ferrand, le réalisateur), Jacqueline Bisset (Julie Baker), Valentina Cortese (Séverine), Dani (Liliane, la stagiaire scripte), Alexandra Stewart (Stacey), Jean-Pierre Aumont (Alexandre), Jean Champion (Bertrand, le producteur), Jean-Pierre Léaud (Alphonse), Nike Arrighi (Odile, la maquilleuse), Nathalie Baye (Joëlle, la scripte), Maurice Séveno (le reporter TV), David Markham (le docteur Michael Nelson), Bernard Ménez (Bernard, l'accessoiriste)
"L’envers du décor", ou bien "Quand le cinéma fait son introspection" ?
Une idée géniale.
« Je sais, il y a la vie privée, mais la vie privée, elle est boiteuse pour tout le monde. Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, il n'y a pas de temps morts.
... Les gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail, dans notre travail de cinéma. »
Ferrand, le réalisateur
Et si, aller au cinéma, c’était un peu pour nous, comme la répétition perpétuelle de ce que les psys ont appelé le stade du miroir ?
Prix Méliès. Oscar du meilleur film étranger. BAFTA du meilleur film
Réalisation : François Truffaut ; Scénario : François Truffaut, Jean Gruault, Suzanne Schiffman. 1975 ; 95 mn. Avec : Isabelle Adjani (Adèle Hugo), Bruce Robinson (le lieutenant Albert Pinson), Sylvia Marriott (madame Saunders), Joseph Blatchley (Whistler, le libraire), Ivry Gitlis (le magicien-magnétiseur), Ruben Dorey (monsieur Saunders), Clive Gillingham (Keaton), Louise Bourdet (la servante), Roger Martin (le docteur Murdock), Jean-Pierre Leursse (le scribe noir), Carl Hathwell (l'ordonnance de Pinson), François Truffaut (un officier)
La plus grande histoire d’amour fou racontée par Truffaut.
Dialogue entre Madame Saunders et Adèle :
- Comme je vous comprends Miss Adèle ! Vous savez, j’aurais tellement voulu avoir des frères et des sœurs !
- Non, vous ne me comprenez pas. Vous ne pouvez pas savoir quelle chance vous avez eue d’être enfant unique.
Pour moi, le plus grand rôle d’Isabelle Adjani.
Grand prix du cinéma français ; Prix Méliès ; Prix spécial de la critique, Prix d'interprétation féminine Isabelle Adjani (Festival international du film de Carthagène) ; Meilleure actrice Isabelle Adjani, Meilleur scénario (Cercle des Critiques de Cinéma de New York) ; Meilleur film étranger, Meilleure actrice Isabelle Adjani (National Board of Review) ; Meilleure actrice Isabelle Adjani (National Society of Film Critics) ; Meilleure actrice étrangère Isabelle Adjani (David di Donatello), Meilleur film (Prix du syndicat français de la critique de cinéma).
Réalisation : François Truffaut ; Scénario : François Truffaut, Michel Fermaud, Suzanne Schiffman. 1977 ; 120mn. Avec : Charles Denner (Bertrand), Brigitte Fossey (Geneviève), Nelly Borgeaud (Delphine), Geneviève Fontanel (Hélène), Nathalie Baye (Martine), Sabine Glaser (Bernadette), Valérie Bonnier (Fabienne), Martine Chassaing (Denise), Leslie Caron (Véra)
En dehors de son travail et la lecture, Bertrand n’a apparemment qu’une passion dans la vie, les femmes. Il aime les séduire sans s’attacher.
« Mais qu’est-ce qu’elles ont de plus que celles que je connais, toutes ces femmes ? ...
Eh bien ce qu’elles ont de plus, c’est que ce sont des inconnues ».
Dans une scène du film, Denise déçue lui a dit : «Tu crois que tu aimes l’amour, mais ce n’est pas vrai. Tu aimes l’idée de l’amour».
Quelle est la part de vérité dans cette assertion ?
Un grand Truffaut et certainement la "confession" majeure de l'homme mûr.
Réalisation : François Truffaut. 1980 ; 131 mn. Avec : Catherine Deneuve (Marion Steiner), Gérard Depardieu (Bernard Granger), Heinz Bennent (Lucas Steiner), Jean Poiret (Jean-Loup Cottins), Andréa Ferréol (Arlette Guillaume), Paulette Dubost (Germaine Fabre), Jean-Louis Richard (Daxiat), Maurice Risch (Raymond Boursier), Marcel Berbert (Merlin), Richard Bohringer (officier de la Gestapo)
La vie d’un théâtre parisien sous l’Occupation ; après que son directeur juif se soit enfui.
Steiner demande à sa femme d’écouter cette émission intéressante de la radio officielle.
« Il y en a qui le portent sur la figure, mais enfin pas tous ! La question ne se poserait pas si les juifs avaient la peau bleue, mais ce n’est pas le cas. Il faut donc qu’on puisse les reconnaitre. »
Me revient à la mémoire cet entrainement du dimanche matin. Des copains chahutent un Black, ils le serrent de près en le menaçant :
- Alors, toi tu es Hutu ou Tutsi ?
- Moi, je suis Bosniaque ! a-t-il crié pour qu’on le relâche.
Après, alors qu’on s’en allait en riant encore, un sage Grec m’a dit :
« C’est quoi un Serbe, c’est quoi un Croate ?
C’est quoi un Hutu, c’est quoi un Tutsi ? »
Je l’ai écouté et suis parti sans un mot. Seulement un regard de remerciement. Tout avait été dit ; en deux phrases.
Le film aux 10 César : film, réalisateur, scénario original ou adaptation François Truffaut et Suzanne Schiffman, acteur Gérard Depardieu, actrice Catherine Deneuve, musique originale, décor, photographie, son, montage.