My name is John Ford and I make Westerns.
L'ampleur des œuvres de Ford, qualité primordiale sur laquelle il faudrait s'arrêter longtemps, les protège, leur permet de défier le temps : on y brasse un nombre incalculable d'idées, de péripéties, de sentiments et de passions, de paysages aussi, de peuples et de races avec cette générosité qui n'appartient qu'aux auteurs traditionnels. Cette richesse, cette vastitude les sauvent.
Bertrand Tavernier
I've killed more Indians than Custer, Beecher and Chivington put together... Let's face it, we've treated them very badly ; it's a blot on our shield. We've cheated and robbed, killed, murdered, massacred and everything else, but they kill one white man and, God, out come the troops. John Ford
Le Mouchard. Réalisation, Scznario: John Ford, Dudley Nichols. 1935, 96'. Avec: Victor McLaglen (Gypo Nolan), Heather Angel (Mary McPhillip), Preston Foster (Dan Gallagher), Margot Grahame (Katie Madden), Wallace Ford (Frankie McPhillip), Una O'Connor (Mrs. McPhillip), J.M. Kerrigan (Terry)
Je n'ai pas tué Lincoln. Réalisation, Scznario: John Ford, Nunnally Johnson. 1936, 92'. Avec: Warner Baxter (dr Samuel Mudd), Gloria Stuart (Peggy Mudd), Claude Gillingwater (cnl Dyer), Arthur Byron (Mr Erickson), O.P. Heggie (dr MacIntyre), Harry Carey (cdt), Francis Ford (cpl O'Toole), John McGuire (lt Lovell), John Carradine (sgt Rankin), Joyce Kay (Martha Rudd), Fred Kohler Jr. (sgt Cooper), Ernest Whitman (Buck), Paul Fix (David Herold), Frank Shannon (Mr Holt), Frank McGlynn (Abraham Lincoln)
Vers sa destinée. Réalisation, Scznario: John Ford, Lamar Trotti. 1939, 100'. Avec: Henry Fonda (Abraham Lincoln), Alice Brady (Abigail Clay), Marjorie Weaver (Mary Todd), Arleen Whelan (Sarah Clay), Eddie Collins (Efe Turner), Pauline Moore (Ann Rutledge), Richard Cromwell (Matt Clay), Donald Meek (proc John Felder), Dorris Bowdon (Carrie), Eddie Quillan (Adam Clay), Spencer Charters (juge Bell), Ward Bond (John Palmer Cass)
Dans l’Irlande des années 1920, Gypo un garçon pauvre sans emploi, traine son désespoir entre son amie et l’alcool. Ils rêvent sur une affiche annonçant l’Amérique pour 20 pounds le couple. Quelques jours plus tard un militant du Sinn Féin est tué sur dénonciation.
-I didn’t know what I was doing. You can see what I mean.
Isn’t there a man here that can tell me why I did it?
I… I don’t know why I did it. My head is sore.
-Oh, why can’t we have peace?
* * *
-I was... I informed on your son, Mrs McPhilip.
Forgive me.
-Ah! I forgive you. You didn’t know what you were
doing.
Le soin extrême apporté aux décors, aux éclairages (dans la ligne de l'expressionnisme) comme aux cadrages font du Mouchard un parfait spécimen du classicisme. Acteur déjà réputé au temps du muet, Victor McLaglen compose un personnage pathétique et tourmenté dont l'itinéraire, de la faute à la rédemption, s'inscrit dans la symbolique chrétienne chère à John Ford. Le contexte irlandais, particulièrement sensible au cinéaste en raison de ses origines, prend une dimension universelle qui implique le bien et le mal, la trahison et la justice. Le Mouchard a fait l'unanimité de la critique et du public. Encyclopédie Larousse
Ford à l’ère du parlant. Le géant Américain avec sa musicalité, ses effets de lumières, ses brouillards et autres symboles invitant à la réflexion sur ce sujet grave.
New York Film Critics Circle Award. National Board of Review
John Wilkes, l’assassin du président Abraham Lincoln, se casse une jambe au cours de sa fuite. Il arrive chez le docteur Samuel Mudd qui le soigne ; ce qui va avoir de sérieuses conséquences pour le praticien.
-S’il s’échappe, je ne veux pas le revoir vivant. C’est compris ?
-Oui, Chef.
-Doublez tous les postes.
M’est immédiatement venue en mémoire la tragédie de Sacco et Vanzetti au 20e siècle ; sans le soutien populaire, sans la clameur du monde.
Quoi que l’on puisse penser de cette affaire, le docteur Mudd, même pour ceux qui douteraient de sa simple humanité, n’a fait qu’obéir au serment d’Hippocrate "Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera".
Les années d’apprentissage du jeune Abraham Lincoln. Les études de droit et une première plaidoirie sur un cas social.
-Vous savez que je ne suis qu’un avocat débutant.
-Ah, ha. [Eclats de rires]
-On dirait que vous voulez m’enlever mes premiers clients.
-Ah hahahaha.
-Je ne dis pas que vous avez tort et ces garçons méritent peut-être la corde. Vous n’aurez pas à vous inquiéter quant à mon opposition.
-Ha hahaha.
-Je vous demande seulement de le faire avec un peu d’apparence légale. Si ces garçons avaient plusieurs vies, peut-être qu’une petite pendaison ne leur ferait pas de mal. Mais ça risquerait d’être un peu définitif …
-Ha h...
-Le problème est que quand les hommes commencent à pendre rapidement quelqu’un qui n’est pas un meurtrier, ça peut leur donner un plaisir qui les fait se sentir mal à l’aise après…
-[Les ''justiciers'' baissent la tête...]
En honorant ce film par sa conservation à la bibliothèque du Congrès, les décideurs ont sans doute estimé que le talent prêté au jeune Lincoln, son aptitude à écouter et parler au public, plus encore, sa compréhension de l’humain, constituaient un hommage mérité à celui qui démeure Zeus dans le panthéon des présidents américains.
Les Raisins de la colère. Réalisation, Scznario: John Ford, Nunnally Johnson. 1940, 129'. Avec: John Qualen (Muley), Henry Fonda (Tom Joad), Jane Darwell (Ma Joad), John Carradine (Jim Casey), Charley Grapewin (Grandpa Joad), Dorris Bowdon (Rosasharn), Russell Simpson (Pa Joad), Eddie Quillan (Connie Rivers), O.Z. Whitehead (Al), Zeffie Tilbury (Grandma Joad), Frank Sully (Noah), Frank Darien (oncle John Joad), Darryl Hickman (Winfield Joad), Shirley Mills (Ruth Joad)
Le parcours d’une famille de petits fermiers Américains ayant tout perdu lors de la Grande Dépression au début des années 1930. Dépouillés de leur terre et au chômage, ils décident de partir en Californie pour y redémarrer.
Je serai partout dans l'ombre. Je serai partout où tu pourras me voir. Là où on se bat pour que des gens qui ont faim puissent manger, je serai là. Là où un policier frappe un type, je serai là.
Pour la petite histoire, il parait que le film a été diffusé un cours moment en URSS pour montrer les méfaits du capitalisme. Mais il aurait été retiré parce que des Soviétiques se sont mis à raconter qu’aux USA, mêmes les pauvres ont une voiture…
La catastrophe de la Grande Dépression vue dans le pays où il convient d’en situer les responsables financiers spéculateurs. Une vision du côté des principales victimes, les classes populaires. Certains ont utilisé des noms d’oiseau en réponse au coup de gueule de Ford. En ignorant que Ford était tout simplement un humaniste.
Prix du meilleur film : National Board of Review, Blue Ribbon
New York Film Critics Circle
Qu'elle était verte ma vallée. Réalisation, Scznario: John Ford, Philip Dunne. 1941, 118'. Avec: Walter Pidgeon (Gruffydd), Maureen O'Hara (Angharad Morgan), Donald Crisp (Monsieur Morgan), Anna Lee (Bronwyn Morgan), John Loder (Ianto Morgan), Roddy McDowall (Huw Morgan), Sara Allgood (Beth Morgan), Barry Fitzgerald (Cyfartha), Patric Knowles (Ivor Morgan), Morton Lowry (Monsieur Jonas), Arthur Shields (Monsieur Parry), Ann Todd (Ceinwen), Frederick Worlock (le docteur Richards), Richard Fraser (Davy Morgan), Evan S. Evans (Gwinlyn), Rhys Williams (Dai Bando), Lionel Pape (Monsieur Evans), Marten Lamont (Jestyn Evans)
La vie paisible de la famille Morgan dans un petit village de mineurs du Pays de Galles. Les bouleversements sociaux changeant tout …
-Ianto, je ne t’ai pas vu au temple ces jours-ci ! -J’étais trop occupé.
-A quelles sortes d’affaires ? -Aux miennes.
-Je n’ai fait que poser une question polie.
-Et la réponse était polie. Je me suis occupé du syndicat.
-Les syndicats sont l’œuvre du diable !
-En tout cas, ça vaut mieux que de passer son temps à dire des bêtises au temple !
-Ecoute … (...)
- (...) Vous avez la prétention d’être les pasteurs du troupeau, et vous laissez votre troupeau dans la crasse et la pauvreté. Et s’il tente de se réveiller contre ça, vous le calmez en disant que c’est la volonté de Dieu. Des moutons ! Ne sommes-nous que des moutons à tondre par une poignée de patrons ? J’ai appris que l’homme a été fait à l’image de Dieu, pas du mouton !
La vallée de l’enfance, de la mémoire, est très souvent verte. Plus verte que la réalité ?
Est-ce si important que ça ? Le souvenir des origines ne vaut-il pas les plus belles images du monde ?
Oscar. New York Film Critics Circle Awards. National Film Registry
La Poursuite infernale. Réalisation, Scznario: John Ford, Samuel Engel, Winston Miller, Stuart Lake. 1946, 97'. Avec: Henry Fonda (Wyatt Earp), Linda Darnell (Chihuahua), Victor Mature (Doc Holliday), Cathy Downs (Clémentine Carter), Walter Brennan (Clantan), Ward Bond (Morgan Earp), Alan Mowbray (Granville Thorndyke), John Ireland (Billy Clanton), Tim Holt (Virgile Earp), Roy Roberts (maire), Grant Withers (Ike Clanton), Farrell MacDonald (Mac barman), Francis Ford (Dad), Jane Darwell (Kate Nelson), Russell Simpson (John Simpson), Don Garner (James Earp), Fred Libby (Phin Clanton), Mickey Simpson (Sam Clanton), Ben Hall (barbier), Arthur Walsh (réceptionniste), Charles Stevens (Indian Charlie), Jack Pennick (cocher), Harry Woods (Luke le sheriff)
Quatre frères amènent leur troupeau vers l’Ouest. Le plus jeune est tué lors du vol du bétail. Les autres pour le venger et retrouver leur bien réalisent qu’ils devront affronter une puissante famille dominant la contrée.
To be, or not to be: that is the question:
Whether 'tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them? To die: to sleep;
No more; and by a sleep to say we end
The heart-ache and the thousand natural shocks
That flesh is heir to, 'tis a consummation
Devoutly to be wish'd.
Hamlet’s monologue (III,1), William Shakespeare
Inspiré du fait historique de l’affrontement à OK Corral, un western nostalgique bercé par les paysages du Far West et la musique à Clementine.
Est revendiqué ici le droit de se lever pour la justice et contre l’impunité, même au prix de sa vie.
Dieu est mort. Réalisation, Scznario: John Ford, Dudley Nichols. 1947, 104'. Avec: Henry Fonda (le prêtre), Dolores Del Rio (Maria Dolores), Pedro Armendáriz (lnt de police), J. Carrol Naish (informateur), Leo Carrillo (chef de la police), Ward Bond (James Calvert), Robert Armstrong (sgt), John Qualen (docteur réfugié), Fortunio Bonanova (cousin du gouverneur), Cris-Pin Martin (joueur d'orgue de barbarie), Miguel Inclan (otage), Fernando Fernández (chanteur)
Dans un petit pays d’Amérique Centrale, le pouvoir révolutionnaire persécute le clergé catholique. Un jeune prêtre trouve refuge dans un petit village ...
The following photoplay is timeless. The story is a true story. It is also a very old story that was first told in the Bible. It is timeless and topical, and is still being played in many parts of the world. Inscription
-Etes-vous le chef de village ?
-Oui, Monsieur.
-Où est le prêtre ? Un traitre envers l’Etat ! Ceux qui le cachent sont aussi des traitres. Je sais qu’il est ici. … Pauvres imbéciles superstitieux ! Vous croyez toujours aux balivernes des curés. Ils n’en voulaient qu’à votre argent. Ils l’ont pris et en échange que vous ont-ils donné à manger ? Ont-ils nourri vos enfants ? Non ! Ils vous ont gavé de mensonges! Ils vous ont parlé du Ciel, où tout sera merveilleux. Ils veulent que vous mourriez, pas que vous viviez ! Ils fustigent la Révolution parce que nous, nous voulons que vous viviez !
J'ai réalisé le film tel que je le voulais - c'est pour cela que c'est un de mes films préférés. Pour moi il est parfait. Ce ne fut pas un succès populaire. La critique l'a apprécié, mais il n'avait évidemment pas d'attrait pour le public. Mais je suis très fier de mon travail. John Ford
Beaucoup de personnes ont minimisé ce film. Je pense, comme l'Office Catholique International du Cinéma que cette œuvre, plaidoyer pour la tolérance, peut "contribuer au relèvement moral et spirituel de l'humanité".
Le Massacre de Fort Apache. Réalisation, Scznario: John Ford, Frank S Nugent. 1948, 128'. Avec: John Wayne (capt Kirby York), Henry Fonda (lt-cnl Owen Thursday), Shirley Temple (Philadelphia Thursday), Pedro Armendáriz (sgt Beaufort), Victor McLaglen (sgt Festus Mulcahy), John Agar (lt Michael Shannon O'Rourke), Ward Bond (sgt-mjr Michael O'Rourke), George O'Brien (cpt Sam Collingwood), Anna Lee (Emily Collingwood), Irene Rich (Mary O'Rourke), Dick Foran (sgt Quincannon), Jack Pennick (sgt Daniel Shattuck), Ray Hyke (Gates), Mae Marsh (Martha Gates), Movita Castenada (Guadalupe), Miguel Inclan (Cochise), Mary Gordon (Ma), Fred Graham (cavalier), Hank Worden (recrue sudiste), Cliff Clark (conducteur), Frank Ferguson (journaliste)
Le colonel Thursday, mécontent de son affectation à Fort Apache perdu dans le désert, veut une action d’éclat pour retrouver rapidement une place prestigieuse. Il pense alors à la capture du grand chef Cochise.
-Si nous allons à leur rencontre avec tous les hommes, Cochise pensera que je l’ai trompé !
-Et ce sera exact. Nous l’avons en effet trompé pour qu’il revienne sur le sol américain et j’entends que dorénavant, il y reste.
-Mon Colonel, j’ai donné ma parole à Cochise et je ne permettrai à personne de faire de moi un parjure !
-Vous avez donné votre parole à ce damné sauvage, à cet Indien illettré, à ce meurtrier en état de rébellion. Il ne saurait être question d’honneur entre un officier des Etats-Unis et Cochise !
-Ce n’est pas mon avis mon Colonel !
-Capitaine York, tant que vous serez sous mes ordres, je vous demanderais une complète obéissance !
Ford commence ici sa trilogie sur la cavalerie en s’inspirant de la bataille de Little Big Horn. Tout est là, l’action, la discipline, la romance, les superbes paysages de l’Ouest. L’adversaire indien y est respecté et ses bourreaux sans foi dénoncés. Le thème fordien de la différence entre la légende et la réalité nait.
L'Homme tranquille. Réalisation, Scznario: John Ford, Maurice Walsh, Frank S Nugent, Richard Llewellyn. 1952, 129'. Avec: John Wayne (Sean Thornton), Maureen O'Hara (Mary Kate Danaher), Victor McLaglen (Squire Will Danaher, dit Red), Barry Fitzgerald (Michaleen Flynn Danaher), Ward Bond (le Père Peter Lonergan), Mildred Natwick (Sarah Tillane), Arthur Shields (le révérend Cyril Playfair), Eileen Crowe (Elizabeth Playfair), Jack MacGowran (Feeney), Charles FitzSimons (Forbes), Sean McClory (Owen Glynn), Francis Ford (Dan Tobin), James Lilburn (le Père Paul), May Craig (la femme à la gare)
Le parcours d’un boxeur depuis les rings jusqu’à son retour au pays natal.
C’est ma première tentative d’histoire d’amour. Je voulais tourner une histoire d’amour entre adultes. Jonhn Ford
If you ever go across the sea to Ireland
Then maybe at the closing of your day
You will sit and watch the moon rise over Claddagh
And see the sun go down on Galway Bay
...
For the breezes blowing over the seas from Ireland
Are perfumed by the heather as it blows
And the women in the uplands diggin' praties
Speak a language that the strangers do not know
Il serait injuste de considérer The Quiet Man comme une banale histoire d’amour folklorique pour se détendre un moment. Une histoire d’amour « entre adultes » n’est pas une simple tocade ; elle peut aussi prendre en compte le débat sur le respect des règles sociales, c’est-à-dire la tradition, mêmes quand celles-ci s’opposent à ses propres résolutions fondamentales.
Les Cavaliers. Réalisation, Scznario: John Ford, John Lee Mahin, Martin Rackin. 1959, 115'. Avec: John Wayne (Cnl John Marlowe), William Holden (Mjr Henry 'Hank' Kendall), Constance Towers (Hannah Hunter), Judson Pratt (Sgt-c Kirby), Hoot Gibson (Sgt Brown), Ken Curtis (Wilkie), Althea Gibson (Lukey), Willis Bouchey (Cnl Phil Secord), Bing Russell (Dunker), Russell Simpson (Shrf Henry Goodbody)
Pendant la Guerre de Sécession, une colonne de la cavalerie Nordiste est chargée de pénétrer en territoire Sudiste pour y saboter les infrastructures.
Film basé sur des faits historiques. En amateur passionné, Ford s’était intéressé à la Guerre de Sécession qu’il a fini par connaitre comme un spécialiste.
-Mon colonel, ça n’a pas l’air de vous ravir de m’amener avec vous ?
-Je ne comptais pas sur vous, c’est tout.
-Mais, vous allez vous enfoncer profondément en territoire ennemi, que comptiez-vous faire de vos blessés ?
-J’ai l’intention d’avancer à marche forcée, les hommes trop touchés pour continuer seront laissés à la clémence de nos ennemis. Qu’ils soient civils ou militaire.
-Y compris vous-même ?
-Bien entendu.
-Attitude plutôt primitive, disons. Médicalement parlant !
-Voyons docteur, jamais la guerre n’a été affaire de gens civilisés !
"L'envers du décor" de la guerre. La logique impitoyable, des soldats allant à la boucherie, des impotents qui se battent, des enfants fanatisés, … Rien que pour ça, The Horse Soldiers mérite d’être considéré comme un grand film de guerre.
L'Homme qui tua Liberty Valance. Réalisation, Scznario: John Ford, James Warner Bellah, Willis Goldbeck. 1962, 119'. Avec: James Stewart (Ransom Stoddart), John Wayne (Tom Doniphon), Vera Miles (Hallie Stoddard), Lee Marvin (Liberty Valance), Edmond O'Brien (Dutton Peabody), Andy Devine (Link Appleyard), Ken Murray (Dr Willoughby), Woody Strode (Pompey), John Qualen (Peter Ericson), Jeanette Nolan (Nora Ericson), Lee Van Cleef (Reese), Strother Martin (Floyd), John Carradine (Cassius Starbuckle), Paul Birch (maire Winder)
Un couple âgé, le sénateur Ransom Stoddard et sa femme Hallie, débarquent dans une petite ville de l’Ouest. La presse locale vient lui demander qu’est-ce qu’il est venu faire ici. Le sénateur répond que c’est pour l'enterrement de Tom Doniphon, un cow-boy qu’ils ne connaissaient même pas !
That's my steak, Valance!
-You're not going to use the story, Mr Scott?
-No, Sir. This is the West, Sir. When the legend becomes fact, print the legend.
-He's right, Rance.
La fin du Far West sauvage avec le déclin des pistoleros sans foi au profit de l’ordre. L’échec dans leur vie personnelle des grands justiciers traditionnels de l’Ouest annonçant leur crépuscule. Et, en sourdine, le pouvoir qui peut se bâtir sur … disons un quiproquo. Mais ce dernier constat fordien appartient-il à un passé révolu ?
Un grand western, du dieu du western.
Les Cheyennes. Réalisation, Scznario: John Ford, James Webb. 1964, 158'. Avec: Richard Widmark (cpt Thomas Archer), Carroll Baker (Deborah Wright), Karl Malden (cpt Wessels), Sal Mineo (Red Shirt), Dolores Del Rio (l'Espagnole), Ricardo Montalbán (Little Wolf), Gilbert Roland (Dull Knife), Arthur Kennedy (doc Holliday), Patrick Wayne (lnt Scott), Elizabeth Allen (Guinevere Plantagenet), John Carradine (mjr Jeff Blair), Victor Jory (Tall Tree), James Stewart (Wyatt Earp), Edward Robinson (Carl Schurz), Mike Mazurki (sgt Stanislas Wichowsky), George O'Brien (mjr Braden), Sean McClory (dr O'Carberry), Judson Pratt (maire Kelly)
Vivant dans la misère à cause des promesses non tenues du gouvernement, en 1878 les derniers Cheyennes quittent la réserve aride dans laquelle on les cantonne pour retrouver leurs lointaines prairies ancestrales. Ils sont poursuivis par les troupes Américaines.
And so began, what to most people... ...must seem to be only a footnote in history.
Les Cheyennes, dernier film tourné par le maître à Monument Valley, est en quelque sorte le testament indien de Ford. Cette épopée mélancolique et sublime sur l’errance d’une tribu Cheyenne qui, lassée des fausses promesses du gouvernement américain, fuit sa réserve pour revenir dans sa patrie, vient conclure le cycle des westerns de la mauvaise conscience, inauguré avec la Prisonnière du désert et poursuivi avec les Cavaliers, le Sergent noir et les Deux Cavaliers. Dans un ultime et émouvant hommage rendu à un peuple vaincu et bafoué qui a su rester digne jusque dans sa défaite, le cinéaste tend à l’Amérique et à son histoire le miroir fêlé de ses contradictions, tandis que tombe sur Monument Valley une lumière sépulcrale. L’Humanité
L’avant-dernier Ford et son dernier western. J’avais dit que le plus grand côté humaniste du western était de montrer le combat entre les bons et les méchants, et les bons finissaient par gagner. Ce n’est malheureusement pas toujours vrai. L’adieu du Maître à son genre favori est d’un calme, d’une pudeur muette capable de faire pleurer les pierres.