Réalisation, Scénario: Aki Kaurismäki. 2011; 93'. Avec: André Wilms (Marcel Marx), Kati Outinen (Arletty), Jean-Pierre Darroussin (commissaire Monet), Blondin Miguel (Idrissa), Elina Salo (Claire), Evelyne Didi (Yvette), Quoc Dung Nguyen (Chang), François Monnié (épicier), Roberto Piazza (Little Bob), Pierre Etaix (Dr Becker), Jean-Pierre Léaud (dénonciateur)
Un homme de cœur, en dépit de ses modestes moyens et de ses problèmes personnels, s’attache à un petit immigré et décide de l’aider.
Même si j’ai acquis aujourd’hui une notoriété douteuse grâce à des films plutôt violents et inutiles, mon angoisse face à des guerres vaines et criminelles m’a enfin conduit à écrire une histoire sur ce qui pourrait offrir un avenir à l’humanité : le désir d’amour, la solidarité, le respect et l’espoir en l’autre, en la nature et dans tout ce qui est vivant ou mort et qui le mérite. Aki Kaurismaki
Kaurismäki finit ici sa Trilogie des Migrants.
Certains ont dit "Il y a des lois", c’est vrai. "Il y a les réalités économiques et sociales qu’on ne peut pas effacer avec les bons sentiments", c’est encore indéniable. Je ne charge pas les loyalistes.
Au-delà de tout parti-pris partisan, il peut exister, il existe des êtres devant lesquels il convient de s’incliner ; même si très souvent, ils ne courent pas devant la reconnaissance ou les hommages. Chacun, selon sa sensibilité ou ses critères, peut penser ce qu’il veut de ces personnes. Mais je crois, que nul ne peut contester, que ces êtres amènent peut-être à ne pas désespérer totalement de la nature humaine.
Prix Louis-Delluc F, FIPRESCI Cannes, Prix Humanum B, Prix ARRI D
Kuolleet lehdet. Réalisation, Scénario: Aki Kaurismäki. 2023; 82'. Alma Pöysti (Ansa Grönholm), Jussi Vatanen (Holappa), Janne Hyytiäinen (Hanes Huotari), Nuppu Koivu (Liisa)
L’amour d’une ouvrière pour un paumé. Leur tentative de s’en sortir ensemble.
-Je suis déprimé parce que je bois. -Mais pourquoi tu bois alors ?
-Parce que je suis déprimé.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle/ Les souvenirs et les regrets aussi/ Et le vent du Nord les emporte/ Dans la nuit froide de l'oubli/ Tu vois, je n'ai pas oublié/ La chanson que tu me chantais/ C'est une chanson qui nous ressemble/ Toi tu m'aimais, et je t'aimais. Prévert et Kosma
I have absolutely no interest in making films about the family problems of the middle class. Middle-class life just doesn't interest me.
Losers do, because I'm a middle-class loser myself. I spent a few years back in the 1970s, you know, when I too was hungry and homeless. For a while there, my only company was my sleeping bag. But things were different then: You could be a bum and come in from the cold later, when you finally found a job. Now you just die in the cold. …
In Finland, we have started to lose an entire generation, which never got work; we have twenty-year-olds over here who are already out of the labor system forever, yet at the same time the government is talking of raising the retirement age to seventy. Aki Kaurismäki
Ici finit la Trilogie du Prolétariat. Le plus illustre des réalisateurs finlandais nous montre encore toute sa tendresse pour les classes populaires. Elles ont besoin de courage et d’abnégation. Mais pour Kaurismäki, leur meilleure chance de s’en sortir n’est-elle pas dans l’entre-aide et l’amour du couple ?
Prix du jury Cannes, FIPRESCI B, Premier HU, US, CA
Réalisation, Scénario: Bo Widerberg. 1969; 110'. Avec: Peter Schildt (Kjell Andersson), Kerstin Tidelius (mère de Kjell), Anita Björk (mère d'Anna), Marie de Geer (Anna), Olof Bergstrom (père d'Anna), Roland Hedlund (père de Kjell), Jonas Bergstrom (Nisse)
La vie à peu près normale de deux familles, adultes, enfants et ados ; sur fond de problèmes socio-économiques des classes moyennes et populaires.
En 1931, de nombreuses usines d'Ådalen étaient abandonnées par les ouvriers en grève de solidarité pour leurs camarades de Marma dont les patrons voulaient réduire le salaire horaire de 4 centimes. Au cours d'une manifestation, 5 ouvriers furent tués. Ce film est dédié à ces 5 victimes. En Exergue
J’ai choisi l’histoire d’Adalen parce qu’à mon avis, elle relate le plus dur conflit social qu’a connu la Suède, qui se termina en une effroyable tuerie. Ce qui eut pour résultat de renverser le gouvernement en place et de favoriser la venue au pouvoir des sociaux-démocrates, lesquels s’y trouvent toujours. […] Le film a été tourné sur les lieux mêmes. Les figurants, dans leur majorité, sont des gens qui ont réellement vécu le drame. Si bien que lorsque je réglais les chutes des corps durant la fusillade, certains venaient me trouver pour m’indiquer l’emplacement exact. Comme je tenais à respecter au maximum la tension du moment, je donnais à chaque fois les ordres en conséquence. Bo Widerberg
Bo Widerberg, réalisateur suédois de la génération post Bergman, et venant d’un milieu modeste, s’est plus penché sur la réalité socio-économique et les luttes sociales et politiques. Son intérêt et son suivi de ce qui se passait ailleurs, nous donne une œuvre certes d’une certaine sensibilité, mais plus tournée vers la réalité sociale et les luttes d’émancipation.
Réalisation, Scénario: Bo Widerberg. 1970; 113'. Avec: Thommy Berggren (Joe Hill), Anja Schmidt (Lucia), Kelvin Malave (le renard), Evert Anderson (Blackie), Cathy Smith (Cathy), Hasse Persson (Paul), David Moritz (David), Richard Weber (Richard), Joel Miller (Ed Rowan), Robert Faeder (George), Wendy Geier (Elizabeth Gurley Flynn), Liska March (dame de charité)
Au début du 20e siècle, Joe Hill et son frère Paul, deux jeunes Suédois, émigrent aux USA. Surpris et déçus par la misère des quartiers défavorisés de New York, ils continuent vers l’Ouest.
To the girls in the textile mills of Lawrence, Massachusetts, whose banner during the 1912 strike read: "We want bread and roses too". En Exergue
-Joe, chante-nous quelque chose, dans un tempo court, stp.
-Les prêtres sombres se lèvent et veillent/ Apprenez à distinguer le péché du droit/ Mais si vous demandez un morceau de pain sec/ Le cœur chante avec une ferveur fidèle/ Vous aurez de la nourriture, mon ami, dans le glorieux état céleste/ Heureux affamé! Oh quel joie/ Vous aurez du rôti et du veau au paradis/ Vous êtes au chômage sur le trottoir/ Vous pouvez mourir de faim avec femmes et enfants/ Mais soyez patient, comme le seigneur l'a dit/ Tout sera arrangé là-haut!
-Il y a beaucoup de sortes de femmes dans le monde/ Quiconque a regardé autour de soi le sait/ Certaines sont dans le luxe et le faste/ ... Une digne de ce nom est une jeune rebelle. Dernière chanson composée par Joe Hill en cellule
-L’entendez-vous ? -Il se taira bientôt.
Il fut un prédécesseur de Sacco et Vanzetti. Joe Hill, musicien, vagabond, révolté généreux, a voulu une petite part de gâteau pour les travailleurs et moins d’oppression. Ce fut son seul crime.
Joan Baez, sensible à toutes les grandes causes lui a interprété la chanson Joe Hill à Woodstock. Mais la chanson, qui me ramène immédiatement à la tragédie de Joe Hill est Long Black Veil, ballade country à l’origine indéterminée, entrée dans la Bibliothèque du Congrès. Sa bouleversante version 1969 par Joan Baez est à écouter par tous ceux qui ont été touchés par ce film.
La Beauté des choses. Réalisation, Scénario: Bo Widerberg. 1995; 130'. Avec: Johan Widerberg (Stig), Marika Lagercrantz (Viola), Tomas Von Brömssen (Kjell), Karin Huldt (Lisbet), Nina Gunke (Mère de Stig), Kenneth Milldoff (Père de Stig), Bjorn Kjellman (Sigge), Frida Lindholm (Olga)
Dans un lycée suédois, en 1943, un élève est attiré par sa professeur d’anglais. Sur fond d’évènements militaires lointains, malgré le neutralisme du pays.
-Il y a des choses qui ne s’expliquent pas par un fait précis à un moment précis. Le voyageur de commerce qui rentre chez lui, un porte-jarretelles, … Bien sûr, c'est la faute de l'alcool. Bien sûr ! ...
-(Musique classique), (Radio en fond sonore: la voix tragique de Göring, s'élevant de plus en plus).
- C'est la même chose... C'est la même langue ! Je n'arrive pas à me ressaisir... Je n'y arrive pas !
Pour son dernier film, Bo Widerberg s’est placé à la fin de la Seconde Guerre. Lust och faegring stor, dont on me propose la traduction "Désir et fascinations extrêmes", a un thème majeur moralement discutable pour l’époque, et presque encore plus aujourd’hui. Au-delà de ça, les interrogations sur l’actualité internationale de la période sont pertinentes et rejoignent la pensée de ce réalisateur progressiste.
La Chasse. Réalisation, Scénario: Erik Løchen. 1959; 94'. Avec: Rolf Søder(Bjørn), Bente Børsum (Guri), Tor Stokke (Knut)
Deux amis font la connaissance d’une femme qu’ils convoitent tous les deux. L’un des deux s’en va.
En pensées : ˷J’étais sortie, ils bavardaient. Leur ton était inhabituel.
˷Tu la laisses décider ou pas ? ˷Tu t’imagines quoi ? …
˷Je fis semblant de n’avoir rien entendu. Je ne savais que dire.
-Viens, on part. -Je ne veux pas. -Allons nous promener, la journée est belle.
-Comment se protéger contre ça ? -Contre quoi ?
-Les pensées qu’on ne devrait pas avoir. -On ne peut pas.
Musicien, résistant, progressiste, Erik Løchen fut le réalisateur majeur du jeune cinéma norvégien. Tout son talent éclate dans Jakten, drame dans lequel les grandes plaines sauvages de son pays sont le théâtre des regrets, des espérances, des passions et des pensées inavouables de trois personnages liés par leur passé et leur présent.
Meilleur film jamais produit en Norvège NO
Objection. Réalisation, Scénario: Erik Løchen. 1972; 97'. Avec: Espen Skjønberg Per Theodor Haugen, Kari Rasmussen, Knut Husebø, Anne Marie Ottersen
Une équipe de film s'active sur un tournage. Le réalisateur est interviewé. Son histoire ? « Laissons le spectateur inventer l'intrigue ». Sa forme ? « Qu'il n'ait ni début ni fin ! ». Une histoire d’amour entre acteurs se mélange à des manipulations politiques. Bientôt le tournage et la réalité s’interpénètrent. Mais le danger, lui, devient bien réel. Synopsis Editeur
-Et si on disait que les Russes habitent cette maison ? -Et les Américains celle-là ? Que pourrait-on en tirer ? -Et les Chinois ici ? -Ces trucs, c’est dans la tête. C’est la pression des médias. -Justement c’est pourquoi une histoire classique serait une grossière simplification. Présentons juste un matériau, et laissons le spectateur inventer l’intrigue.
-Pardon. Croyez-vous en Dieu ? en l’OTAN ? -Aux deux. -On étudie la corrélation entre la vie quotidienne et la politique. Croyez-vous en Dieu ? l’OTAN ? -Oui_Oui. -Mme : Oui_Oui. -Mr : Oui_Non … -Voici les résultats : corrélation forte, 40% de Oui_Oui, 35% de Non_Non, 20% de Oui et Non, 5% de non réponse.
-Réarmez-vous. Renforcez la défense. -Voilà, c’est exactement le mécanisme de cette saloperie ! -Que faire ? -Dissoudre tout pouvoir jusqu’à la limite de l’Anarchie. -L’Anarchie, c’est censé reposer sur l’égalité, l’intelligence. C’est un privilège réservé à une classe privilégiée du monde ! Et le Tiers-Monde où des millions de gens meurent de faim ? Ça le détruirait. -C’est nous qui disparaissons. Un jour le Tiers-Monde viendra nous bouffer.
Cette image que je n’ai jamais vue. Dont pourtant je me souviens…
Bien-sûr il y a le reste du monde, les influences réciproques, … Mais on doit reconnaitre, dans son pays, à cette époque, une idée originale, forte et courageuse de surcroît. Malgré une filmographie au volume limité, Erik Løchen fut un réalisateur notable.
Réalisation, Scénario: Lars von Trier. 1996; 160'. Avec: Emily Watson (Bess McNeill), Stellan Skarsgard (Jan Nyman), Katrin Cartlidge (Dodo McNeill), Jean-Marc Barr (Terry), Adrian Rawlins (Dr Richardson), Jonathan Hackett (pasteur)
Dans les années 1970, une jeune fille tombe amoureuse d’un homme mature et l’épouse en dépit des réticences de son village enfermé dans la religion. Mais leur bonheur ne durera pas éternellement.
-Ils enterrent Anthony. Va écouter le pasteur… Les hommes peuvent assister aux enterrements.
-Anthony Dodmantle, tu as péché et tu mérites ta place en enfer.
…
-Le pasteur a dit qu'il irait en enfer. -Il a dit ça ?! -Oui, vachement sympa !!
-Mais Anthony ira en enfer, tout le monde le sait.
-Il vivra ? -Oui, il vivra. ... -[Ouf!!]
-Il a été gravement blessé… Il ne faut pas toujours préserver la vie à tout prix.
-Que voulez-vous dire ? -Ce que le docteur veut dire, c'est que... parfois... quand la vie ne vaut plus la peine d'être vécue, il vaut peut-être mieux mourir.
J’ai toujours voulu faire un film dont la force motrice serait le "bien". Il n’y aurait place que pour le "bien". Mais comme on confond souvent le "bien" avec autre chose, quand on ne le sous-estime pas, et parce que c’est une chose rare, des tensions naissent forcément. Lars von Trier
La confirmation du grand réalisateur danois. Je n’ai pas vu l’érotisme que certains ont vu dans ce film ; mais de l’amour. Mais jusqu’où peut, doit aller l’amour ? Quant à la folie, chacun est libre de définir où elle commence…
Grand Prix du Jury Cannes, César Etranger F, Prix du Cinéma Européen EU
Réalisation, Scénario: Lars von Trier. 2000; 140'. Avec: Björk (Selma Jezkova), Catherine Deneuve (Kathy), David Morse (Bill Houston), Peter Stormare (Jeff), Joel Grey (Oldrich Novy), Cara Seymour (Linda Houston), Vladica Kostic (Gene Jezkova), Jean-Marc Barr (Norman), Vincent Paterson (Samuel)
Une femme honnête, travailleuse, courageuse, en même temps compatissante et confiante en la nature humaine, se retrouve lâchement trahie.
Etes-vous d’accord avec Lars von Trier quand il décrit Selma comme une femme stupide qui ne peut s’adapter au monde ?
C’est lui qui en est incapable! C’est la personne la plus agoraphobe que je connaisse! Il vit toujours dans la maison dans laquelle il est né, il ne peut pas voyager, il ne peut pas aller au restaurant... Il voulait que toutes les paroles des chansons soient stupides. Or, pour moi, Selma n’est pas idiote ; seulement, elle n’est pas instruite, mais ça n’a rien à voir avec l’intelligence. Elle a survécu à des situations impossibles, elle est forcément très intelligente. Les gens cérébraux que je connais ne savent même pas agir dans ce monde. Lars est l’un d’eux. Je ne parle pas dans son dos, il serait le premier à vous le dire, ça fait quinze ans qu’il le répète. On a tous dû apprendre à travailler avec son handicap, à s’adapter. J’ai dû déménager au Danemark avec mes amis et y vivre pendant trois ans parce qu’il ne peut pas prendre l’avion. Parfois, il ne pouvait même pas entrer dans le studio parce qu’il y avait trop de monde. On essayait tous de le comprendre, de l’aimer, les gens avec qui il travaille depuis vingt ans font leur possible pour l’aider. Alors, je crois qu’il devrait faire plus attention à ce qu’il dit.
Une chose pour laquelle je me suis beaucoup battue, c’est la poésie du film. J’aurais aimé donner plus de poésie à Selma, mais chaque fois que j’essayais de le faire, Lars me démolissait pour que je pleure huit fois par jour. C’était dur de lutter continuellement contre Lars et son terrorisme psychologique. Il aime être sadique, il est le premier à le dire, il en est même fier.
Björk interviewée par Stéphanie Lamome, PREMIERE
Une gêne ici, est la crédibilité du personnage principal. J’avais pensé au qualificatif crédule. Björk a violemment rejeté le mot stupide, je suis d’accord avec elle ; que penserait-elle de la crédulité ?
Malgré tout, je souscris à l’essentiel du propos de ce film émouvant.
Palme d'Or Cannes, Goya ES, European Film Awards EU
Réalisation, Scénario: Lars von Trier. 2011; 130'. Avec: Kirsten Dunst (Justine), Charlotte Gainsbourg (Claire), Alexander Skarsgård (Michael), Brady Corbet (Tim), Cameron Spurr (Leo), Charlotte Rampling (Gaby), Jesper Christensen (pt Père), John Hurt (Dexter), Stellan Skarsgård (Jack), Udo Kier (organisateur mariage), Kiefer Sutherland (John), Deborah Fronko (mère de Michael)
Une page de la vie d’au moins trois mélancoliques, depuis leur sabotage d’une cérémonie de mariage jusqu’à leur attente de l’apocalypse.
-La Terre est mauvaise. Ce n’est pas la peine de la pleurer. -Quoi !
-Elle ne manquera à personne. -Mais il faut que Léo grandisse quelque part !
-Tout ce que je sais, c’est que la vie sur Terre est mauvaise.
-Il y a peut-être de la vie ailleurs ?
-Il n’y en a pas. Je sais qu’on est seuls… Il n’y a de la vie que sur Terre. Et plus pour longtemps.
L’histoire de la peinture s’est étendue sur des millénaires, celle du cinéma sur un siècle. Cela veut dire que nous en sommes encore à dessiner des bisons sur les parois des cavernes et qu’il nous reste encore beaucoup de choses à découvrir et à expérimenter. …
Je tiens à ce que chacun de mes films comporte une part d’innovation technique.
Lars von Trier
Il convient de juger un homme, privé ou public, essentiellement sur son œuvre ; et non sur quelques points d’interrogation qui existent pour tout être humain. Accessoirement il faut faire une différence entre la fascination pour quelque chose et l’adhésion…
Lars von Trier finit ici sa Trilogie de la dépression. Il a apporté sa pierre dans l’histoire du cinéma. Personne ne pourra lui retirer ce trophée.
Robert DK, European Film Awards EU, Prix Léon Moussinac F
L'Honneur perdu de Katharina Blum. Réalisation, Scénario: Margarethe von Trotta, Volker Schlöndorff. 1976; 106'. Avec: Angela Winkler (Katharina Blum), Mario Adorf (comsre Beizmenne), Dieter Laser (Werner Tötges), Heinz Bennent (avocat Blorna), Hannelore Hoger (Trude Blorna), Harald Kuhlmann (Moeding),
BDR 1975, une femme réservée rencontre un jeune homme et le ramène chez elle pour qu’il y passe la nuit. Elle ne sait pas qu’il est recherché par la police. Les conséquences vont être terribles.
-Est-ce donc permis de détruire ainsi quelqu’un ? Par Vous et le Journal.
-Le Journal ce n’est pas nous. La liberté de la presse est inviolable.
-Et la liberté et l’honneur d’un individu ?!
-Il suffit de ne pas trainer en mauvaise compagnie et la presse ne dressera pas de faux portraits...
-Je ne tolèrerai pas ce genre de leçon…
-Avez-vous parfois ce genre d’invité ?
-Je n’exige pas de mes invités un certificat de bonne conduite.
-Votre mère vit dans l’autre Allemagne. De son plein gré. Elle préfère visiblement ce système au nôtre ? ...
-Vous la croyez innocente, Möding ? -J’essaie d’imaginer la situation inverse. Si je l’avais ramenée chez moi. Et qu’elle était recherchée par la police.
-Vous l’auriez dénoncée ? -Moi, peut-être. Mais quelqu’un de normal, qui sait ? Il n’est pas policier. -Quelqu’un capable d’imaginer ça ne peut faire partie de la police.
En ces temps-là, il y avait la "bonne" Allemagne, la BDR ; et la "mauvaise", la DDR. Seulement, la BDR pas totalement guérie de son passé d’à peine vingt ans, et obsédée par sa méchante sœur et la peur inculquée de ce qu’on avait appelé le bolchévisme était encline à s’enfermer dans le régime policier qu’elle voyait uniquement chez l’autre.
Les Années de plomb. Réalisation, Scénario: Margarethe von Trotta. 1981; 103'. Avec: Andrew McCarthy (David Raybourne), Sharon Stone (Alison King), Valeria Golino (Lia Spinelli), John Pankow (Italo Bianchi), George Murcell (Pierre Bernier), Mattia Sbragia (Giovanni), Roberto Posse (Lucio Spinelli)
Dans l’Allemagne des années 70, l’itinéraire de deux sœurs et leurs luttes, différentes, pour clamer leurs vérités.
-Votre sœur refuse de vous voir. -Mais j'ai un permis de visite !
-Venez. -Pourquoi refuse-t-elle de me voir ? -Je vous accompagne à la sortie.
…
-Comment pouvais-tu savoir qu'elle refuserait de me voir ?
-Une vie comme la sienne exige de renier ses sentiments.
▪Lorsque les alliés ouvrent les portes… Toutes les portes… … les survivants observent sans comprendre. Sont-ils libérés ? La vie, le quotidien les reconnaîtront-ils ? «Je suis innocent», dit le kapo. «Je suis innocent», dit l'officier. «Je suis innocent»… Alors, qui est coupable ?
▪Juliana bouleversée, les yeux rouges, quitte la salle de projection.
"Die bleierne Zeit" est une expression tirée d’une citation du poète romantique Hölderlin. Elle ne faisait pas pour moi référence au plomb des armes. C’était plutôt une couleur, une ambiance. Celle de n’avoir aucun moyen de revenir sur notre histoire, ni de la digérer. Mais en 1968, on comprend notre passé. Les groupes «terroristes» n’étaient désignés ainsi que par l’extrême droite. Pour nous, pour la gauche, c’était mal, mais ces activistes restaient dressés contre la société de consommation et contre les anciens nazis qui étaient toujours en poste. Des juges, des médecins... Surtout en Allemagne de l’Ouest ! Margarethe von Trotta
La Rote Armee Fraktion, bien qu’elle n’ait pas trouvé de voie structurée et efficace, fut une force progressiste. Son combat désespéré, condamnable, le situe dans le gauchisme. Elle a cependant éveillé les consciences sur une réalité de son pays à l’intérieur comme à l’extérieur.
Lion d'or Venise, FIPRESCI Venise, Prix David di Donatello IT
Réalisation, Scénario: Margarethe von Trotta. 1986; 123'. Avec: Barbara Sukowa (Rosa Luxembourg), Daniel Olbrychski (Léo Jogiches), Otto Sander (Karl Liebknecht), Adelheid Arndt (Luise Kautsky), Jürgen Holtz (Karl Kautsky), Doris Schade (Clara Zetkin), Hannes Jaenicke (Kostja Zetkin), Jan Biczycki (August Bebel)
Les dernières années de la vie de Rosa Luxembourg, militante, théoricienne marxiste, et révolutionnaire allemande d'origine polonaise. Synopsis Editeur
L'agitation reste le moyen essentiel. La désorganisation du gouvernement par l'action des masses est un danger pour l'absolutisme. C'est l'agitation social-démocrate, pas les bombes ni les agressions contre la police, qui portera le coup fatal au régime tsariste. Cette agitation prépare le déclenchement de la grève générale et de la révolution de rues. Avant-projet SPD
Le jour approche où nous, qui sommes en bas, arriverons au sommet ! Non pas pour réaliser un rêve sanglant de mutinerie ou d'hécatombe, comme se l'imagine le procureur. Non, nous arriverons au pouvoir pour réaliser un ordre social digne du genre humain. Une société qui ignore l'exploitation de l'homme par l'homme, qui ignore le génocide, une société qui réalisera les idéaux des religions millénaires et des plus grands philosophes de l'humanité.
Pour que ce jour nouveau se lève le plus vite possible, nous devons engager toutes nos forces, en dépit de tous les procureurs et de tous les pouvoirs militaires. Rosa Luxembourg
I wanted that Rosa Luxemburg was rehabilitated, because she was demonized by us in West Germany, they said, “hysterical materialism” and people thought she was a blood thirsty communist. But in her letters you see that she was a very poetic, tender soul. She was a woman who wanted it all. Barbara Sukowa
Rosa Luxemburg, c’est d’abord son combat contre le SPD et sa tendance « le parlementarisme, ce n’est que le parlementarisme » ; ensuite sa lutte contre la guerre et contre la course aux armements. Ce sont deux points sur lesquels j’ai particulièrement insisté parce qu’ils me paraissent aujourd’hui à l’ordre du jour. Margarethe von Trotta
Portrait assez fidèle de la célèbre militante révolutionnaire, de son engagement dans le combat politique et de son assassinat en 1919. Encyclopédie Larousse
Une œuvre touchante sur le courage, la tendresse et l’humanité d’une femme forte qui a entièrement dédié sa vie à l’émancipation du prolétariat.
A la recherche de Ingmar Bergman. Réalisation, Scénario: Margarethe von Trotta, Felix Moeller, Bettina Böhler. 2018; 109'. Avec: Liv Ullmann, Olivier Assayas, Ruben Östlund, Gunnel Lindblom, Mia Hansen-Løve, Carlos Saura, Margarethe von Trotta, Jean-Claude Carrière, Daniel Bergman
Margarethe von Trotta va discuter avec Ingmar Bergman. Et après sa mort, elle rencontre des proches et des gens qui l’ont connu.
Pour le festival du film de Göteborg en 1994, on avait demandé à Bergman une liste de films qui lui tenaient à cœur. Il en a proposé onze : La Charrette fantôme (1921), Le Cirque (1928), La Passion de Jeanne d'Arc (1928), Le Quai des brumes (1938), Boulevard du crépuscule (1950), Rashōmon (1950), La strada (1954), Le Quartier du corbeau (1963), Andreï Roublev (1966), Le Chef d'orchestre (1980), Les Années de plomb (1981).
-[Daniel Bergman] Margarethe, quel est ton film préféré de Bergman ?
-[Margarethe von Trotta] Oh, ce n'est pas le préféré, mais c'est le premier que j'ai vu, c'était le Septième Sceau. Je l'ai vu à Paris au début des années 60 ; l'époque où la Nouvelle Vague découvrait Bergman. Truffaut avait écrit un magnifique article sur lui, et il était devenu célèbre en Europe. Ce fut comme une explosion ! Pour moi, c'était le premier vrai film. J’étais allée au théâtre, à des concerts et des expositions, mais le cinéma, n'était pas encore important pour moi. Et quand j'ai vu ce film, j'ai su ce que j'aimerais faire... Un jour dans ma vie, j'aimerais devenir réalisatrice.
Elle a aimé Le Titan et lui rendu ici un hommage émouvant.
Elle a été une progressiste engagée et une humaniste mondialiste. Son côté féministe l’a amenée à croquer de grandes dames de l’histoire.
Margarethe von Trotta a été une réalisatrice majeure du cinéma allemand.
La Pianiste. Réalisation, Scénario: Michael Haneke. 2001; 130'. Avec: Isabelle Huppert (Erika Kohut), Benoît Magimel (Walter Klemmer), Annie Girardot (mère), Anna Sigalevitch (Anna Schober), Susanne Lothar (Mme Schober), Udo Samel (Dr Blonskij), Cornelia Köndgen (Mme Blonskij), Rudolf Melichar (directeur), Philipp Heiss (Naprawnik), Gabriele Schuchter (Margot), Dieter Berner (Pr chant)
Une professeure de piano. Ses angoisses, et leurs répercussions sur sa vie professionnelle et privée.
-De toutes les façons plus rien ne m’étonne…
-Maman…
-Tu peux faire ce que tu veux ; à ton âge… C’est pour ça qu’on se sacrifie ; et voilà la récompense !
I present music as a form of pure beauty. But it is also true that, in this Viennese petty bourgeois society, music allows people to rise socially and is one of the few means of that kind available to women. However, the social reality doesn't detract from the beauty. M.Haneke
[Stephen Applebaum] What can you tell me about the novel's author, Elfriede Jelinek?
[Michael Haneke] She is one of the artists attacked by Haider's Right-Wing party. During the election, they had posters that said, "Do you want Jelinek or do you want culture?" She represents the other Austria if you like and, obviously, I'm part of that other Austria, too.
Michael Haneke a écrit son scénario en s’inspirant du roman du même nom de Elfriede Jelinek prix Nobel de littérature. Sa volonté avouée a été de transcrire en image l’atmosphère et le langage violent de l’auteure. C’est un pari réussi.
Une œuvre dérangeante pour beaucoup de personnes ; mais que les amateurs de musique, en particulier le piano, apprécieront.
Grand Prix du Jury Cannes, Meilleur Etr Bodil, Meilleur Etr D
Réalisation, Scénario: Michael Haneke. 2005; 118'. Avec: Juliette Binoche (Anne Laurent), Daniel Auteuil (Georges Laurent), Annie Girardot (mère Georges), Walid Afkir (fils Majid), Maurice Bénichou (Majid), Denis Podalydès (Yvon), Nathalie Richard (Mathilde), Bernard Le Coq (rédacteur en chef), Daniel Duval (Pierre), Lester Makedonsky (Pierrot Laurent)
Un journaliste connu reçoit des documents anonymes montrant sa maison, sa vie. Il est peu à peu amené à s’interroger sur sa vie, son passé…
Of course, the point isn't whether the boy's guilty of something or not, but how I deal with the fact that someone has suffered as a result of my actions. We're all constantly guilty of something, whether it's intentional or unintentional. The problems involved with guilt are extremely complicated. Guilt can't normally be defined so easily. Still, you have to live with it and the consequences. Michael Haneke
La guérison n'est jamais si prompte que la blessure.
Proverbe
Où il apparait que même dans les périodes de quiétude, une autre réalité peut se manifester ; et réveiller ce que consciemment ou inconsciemment on avait minimisé ou enfoui.
FIPRESCI, Jury Ecuménique Cannes, Prix Méliès
Le Ruban blanc. Réalisation, Scénario: Michael Haneke. 2009; 143'. Avec: Christian Friedel (instituteur), Leonie Benesch (Eva), Ulrich Tukur (Armin, baron), Ursina Lardi (Marie-Louise, baronne), Burghart Klaußner (pasteur), Steffi Kühnert (Anna, sa femme), Leonard Proxauf (Martin, leur fils), Maria-Victoria Dragus (Klara, leur fille), Thibault Sérié ( Gustav, leur plus jeune fils), Rainer Bock (médecin)
Peu avant la Grande Guerre, un accident de cheval survient dans un village allemand. Il est suivi d’une série de faits graves. La tension et la suspicion s’installent.
-Tu restes ici !
-Je n'en peux plus, ici. Pas tellement pour moi… Je pars pour éviter aux enfants de grandir dans un milieu où règnent la malveillance, l'envie, la bêtise et la brutalité.
J'en ai assez de la haine, des menaces et des vengeances perverses.
Je souhaitais évoquer un groupe d’enfants à qui l’on inculque des valeurs absolues et la façon dont ils intériorisaient cet absolutisme. Je tenais à en décliner les conséquences, à savoir un terrorisme de toutes sortes. Si l’on érige à l’absolu un principe, que ce soit un idéal politique ou religieux, il devient inhumain. J’avais pensé La main droite de Dieu comme titre éventuel. Ces enfants se prennent pour la main droite de Dieu ; ils en ont compris les lois et suivent les idéaux à la lettre. Ils deviennent alors les punisseurs des autres qui ne vivent pas selon leurs principes. Michael Haneke
Un récit austère. L’atmosphère angoissante d’un village et sa campagne recouverte de neige. Un Haneke "social", rappelant certains dangers.
Palme d’or Cannes, FIPRESCI F
LIEBE. Réalisation, Scénario: Michael Haneke. 2012; 127'. Avec: Jean-Louis Trintignant (Georges), Emmanuelle Riva (Anne), Isabelle Huppert (Eva), Alexandre Tharaud (Alexandre), William Shimell (Geoff)
Un couple d’octogénaires, ayant gardé la tendresse réciproque des premiers jours… En toile de fond, les enfants, les petits enfants, la vie.
-Je suis vraiment fière de vous. Nous étions tous les deux emballés après votre concert. Dès le lendemain matin, Georges a voulu acheter votre nouveau CD.
-Oh, mon Dieu, je suis impardonnable d’avoir oublié de vous en apporter.
-Ne soyez pas désolé… Je veux profiter de cette belle surprise… Voulez-vous me faire une faveur ?
-Oui.
-Vous me joueriez la Bagatelle en Sol Mineur ?
People always fight to maintain their dignity, and the more difficult the situation you’re in, the bigger the battle. That’s our fate as humans, regardless of age. Every individual is confronted with the question of how much of their dignity they’re prepared to give up, or the extent to which they’ll fight against it. Michael Haneke
La violence est trop dangereuse pour être déréalisée ...
Si j’appuie là où cela fait mal, si je mets le doigt sur nos blessures, c’est pour faire réfléchir les gens. Je ne prétends pas pour autant changer le monde, mais faire penser. De même, si vous écoutez la Passion selon St Jean de Bach, vous sortez différent de la salle de concert, vous ressentez de la tristesse, mais vous avez été confronté à vous-même. (Attention, je ne me compare pas à Bach !) Michael Haneke
LIEBE fut le film le plus primé de Michael Haneke. Le cinéaste de la violence, que je reçois ici comme un baume, nous offre là son chant du cygne. Une œuvre qui secoue, mais qui est d’une immense tendresse.
Palme d’or Cannes, FIPRESCI, Prix Méliès F, Meilleur Film Europ EU, Meilleur Film Etr UK, US, César, Goya
La Dernière Chance. Réalisation, Scénario: Leopold Lindtberg, Richard Schweizer, Elizabeth Montagu. 1945; 113'. Avec: Ewart G Morrison (major Telford), John Hoy (lt John Halliday), Ray Reagan (sgt Jim Braddock), Luisa Rossi (Tonina), Romano Calò (prêtre), Leopold Biberti (lt Suisse), Sigfrit Steiner (dr militaire), Therese Giehse (Mme Wittels), Robert Schwarz (Bernard Wittels), Germaine Tournier (Mme Monnier)
Automne 1943, des prisonniers de guerre alliés et un groupe de personnes fuyant l’Italie fasciste, se retrouvent près de la frontière. Ils essaient d’entrer en Suisse par la montagne.
L’histoire de ce film n’est qu’un inoffensif conte de fée comparé aux faits réels … Ce n’est pas un film pour ceux qui ont connu le malheur mais pour tous les autres, les heureux, les épargnés, afin que cela les incite à réfléchir. Leopold Lindtberg
Par sa dignité, ce film transcende le simple document réaliste pour devenir une allégorie : celle de la quête d’un refuge, d’une patrie. Ne serait-ce qu’à ce titre, Die letzte Chance mérite sa place de classique parmi les œuvres saillantes de l’après-guerre. Hervé Dumont, Histoire du cinéma suisse
Les élites conservatrices étaient intéressées à promouvoir l’image d’une nation suisse en arme et courageuse, celle aussi d’une généreuse terre d’asile pour les persécutés. C’est à cette fin qu’elles utilisèrent Die letzte Chance de Leopold Lindtberg. Ce film permettait de véhiculer le message suivant: "Nous Suisses, nous étions la dernière chance" pendant la période la plus difficile, celle du Fascisme et du Nazisme, pour toutes les victimes de persécution. Un film comme La Barque est pleine de Markus Imhoof raconte une toute autre histoire qui a mis du temps à émerger au sein de la sphère publique et de la conscience collective. Marc Perrenoud, historien
Tourné pendant la guerre, donc sans un minimum de recul, et malgré les controverses et études récentes qui ont relativisé les choses, ce film témoignage mérite d’être connu.
Quatre dans une jeep. Réalisation, Scénario: Leopold Lindtberg, Richard Schweizer. 1951; 98'. Avec: Ralph Meeker (William Long), Viveca Lindfors (Franziska Idinger), Yoseph Yadin (Vassili Voroschenko), Michael Medwin (Harry Stuart), Albert Dinan (Marcel Pasture)
Après la défaite allemande, dans Vienne occupée, une jeune femme devient l'appât de la police russe pour retrouver un évadé de leur camp.
Le chef de la délégation soviétique, qui, contrairement à certains échos parus dans la presse, n'avait jamais demandé le retrait du film suisse Quatre dans une jeep, a adressé à la suite de la projection de ce film uns protestation au comité du festival.
« La délégation soviétique a considéré que cette projection constituait une violation du règlement du festival et contredisait les termes de la déclaration du président du comité, souhaitant, grâce à la manifestation internationale, le rapprochement entre les peuples. Elle a estimé la dignité nationale du peuple soviétique offensée, et le soldat soviétique présenté sous un jour défavorable sur le plan moral et opposé de manière tendancieuse aux autres. » Le Monde
En 2002, Elfriede Jelinek avait évoqué la distorsion des faits qui avait transformé dès la fin de la Seconde Guerre mondiale les victimes en coupables et les coupables en victimes dans une allocution ironiquement intitulée "Österreich, ein deutsches Märchen" (L’Autriche, un conte de fées allemand) où elle avait décrit l’Autriche d’après 1945 comme une construction, une fiction se présentant, voire se vendant au monde telle cette « île des bienheureux » que le pape Paul VI avait cru voir dans cette petite république. Mais nous savons bien que les idylles sont souvent, toujours ?, trompeuses. Ingeborg Rabenstein-Michel sur Welcome in Vienna, d’Axel Corti
Dans son avant-dernier film, Lindtberg a choisi le cadre d’occupation de son pays de naissance. Soulevant encore d’autres polémiques en début de Guerre Froide. Il n’est alors pas hors de propos de parler de l’Autriche, un pays qui penchait vers le camp du "bien" et avait été, et s’était, transformé de coupable en victime innocente.