L'homme véritable veut deux choses : le danger et le jeu. C'est pourquoi il veut la femme, le jouet le plus dangereux. Friedrich Nietzsche
1. Historique
D’origine indienne ou iranienne, les Echecs sont le jeu le plus célèbre, et le plus médiatisé. Les champions du monde de l’après-guerre sont essentiellement Botvinnik, Petrossian, Fischer (même avec un seul titre), Karpov, Kasparov, Kramnik, Anand, Carlsen.
2. Notation
La notation est fixée en fonction des Blancs, en bas de gauche à droite AB…F, à gauche de bas en haut 12...8.
Cavalier=Knight=N Fou=Bishop=B Tour=Rook=R Dame=Queen=Q Roi=King=K
roque=O-O
Numérotation qu'on ait les Blancs ou les Noirs
Position 1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. Nc3 Nf6 4. Bb5
3. L'ordinateur
a) L'homme contre l'ordinaeur. Dans les années 80, les ordinateurs de jeu étaient d’un niveau faible, on les battait facilement. Les choses commencèrent à changer au milieu de cette décennie, ils commencèrent à être au niveau des forts joueurs. Après qu’il eut battu un Maitre International Britannique, on organisa un match entre le Champion du Monde et Deep Thought en 1989 ; Kasparov gagna. L’autre monstre sacré Karpov, l’emporta aussi. Kasparov déclara « L’ordinateur ne battra ni moi, ni Karpov ». Mais en 1997, Deep Blue battit Kasparov, ce qui n’est pas du tout une surprise pour quelqu’un au fait de la question. Kasparov ne savait pas comment fonctionne un programme informatique. Ce n’est pas une application bête de toutes les connaissances des parties anciennes. Le programme fonctionne selon un arbre de choix : si je fais ça je regarde toutes les conséquences sur n temps, s’il y a une seule mauvaise conséquence j’exclus, je fais un autre coup, ainsi de suite sur tous les coups possibles… Le nombre n était 2 ou 3 au début, puis 5 ou 7 en fonction de la puissance de l’ordinateur. Exactement comme le fait un joueur humain ! Il était alors évident qu’avec une profondeur de 5 à 7 temps, le programme serait au-dessus de la plupart des hommes limités par les capacités du cerveau et sa fatigue au bout d’efforts répétitifs.
Actuellement quand je joue contre mon logiciel, au niveau 80 sur 100, et que je regarde l’analyse après, il montre les imprécisions avec des investigations portant sur 20 à 30 temps !
b) Rôle. On mesure la force des joueurs suivant leurs performances en rencontres par le classement ELO. L’ELO d’un débutant est 1000, un joueur correct autour de 1400, un bon joueur de club environ 1700, un MI 2400, un GMI 2500. Les Champion du Monde comme Kasparov et Carlsen on atteint les 2800.
Actuellement des ordinateurs de jeu du commerce atteignent 3600 à 4000 ELO. L’ordinateur est donc devenu notre maitre incontournable pour jouer, s’entrainer et progresser.
Mon programme pour jouer est Les Echecs , logiciel gratuit téléchargeable sur Microsoft Store. Il est très bien, on peut partir d’un niveau débutant et augmenter au fil de ses progrès. On peut enregistrer ses parties sur son ordinateur au format PGN, les revoir quand on veut.
Pour analyser ses parties afin de s’améliorer et comprendre plein de choses, j’utilise le site ( https://lichess.org/analysis ). C'est un site gratuit, mais on peut, de temps à autres, payer un petit café à ces passionnés pour les remercier du travail fantastique qu’ils font (Je ne touche aucune commission là-dessus !).
4. Les Ouvertures.
a) Comment faut-il commencer la partie ? Les ouvertures sont le début de la partie, comment on peut commencer. Chacun a sa façon de commencer, ainsi j’ai vu un jeune homme qui restait tranquillement sur sa ligne de fond pour éviter tout problème. Ça m’a fait sourire ; comme il était passionné de basket, je lui ai demandé si une équipe qui restait tranquillement dans sa moitié de terrain avait des chances de ne pas perdre. Les débuts aux Echecs ont été étudiés depuis toujours. On en répertorie beaucoup, citons : les parties Espagnole, Française, Italienne, Slave … ; les défenses Caro-Kahn, Sicilienne … ; les gambit du Roi, de la Reine, Danois … Pour les connaitre il suffit de regarder leurs développements sur ordinateur. Ok, c’est plus facile à dire qu’à faire.
J’ai vu un technicien promoteur du jeu, à la question "Peut-on jouer sans connaitre les ouvertures ?", répondre "Oui, mais en faisant attention à rester dans sa ligne de jeu". Sa réponse est compréhensible, il ne faut pas décourager les gens par un côté rébarbatif, rappelant l’apprentissage du calcul à l’école. Mais en réalité, on ne peut pas atteindre un niveau sérieux sans connaitre un minimum de choses sur les ouvertures. On peut jouer en famille, entre copains du même niveau, mais pas contre un joueur connaissant les ouvertures, qui démolit votre jeu au tout début.
Pour reprendre l’analogie mathématique, il me revient en mémoire cette charmante jeune fille têtue à qui j’avais voulu donner des conseils et qui m’avait rétorqué qu’elle n’avait pas de problème en maths alors qu’elle confondait allègrement (a+b)² avec a²+b².
b) Exemple d’ignorance d’ouverture. Exemple de partie perdue après quelques coups. Queen’s Gambit Accepted
Après la succession de coups "logiques" :
1. e4 e5 2. Nf3 Nf6 3. Nc3 Nc6 4. Nxe5 Nxe5 5. d4 Ng6 6. e5 Ng8
7. Bc4 Bb4 8. Qf3 Qe7 9. O-O Nh6 10. Nd5
Les Noirs sont perdus parce qu’ils ignoraient ce début appelé
Four Knights Game: Halloween Gambit
5. La Partie.
Voici deux exemples de mes meilleures parties jouées contre Les Echecs, que tout le monde pourra suivre, contrairement aux parties des Maitres auxquelles on ne comprend pas grand-chose de par leur niveau extrême.
a) LesEchecs-IK. Semi-Slav Defense.
Jusqu'au 8e temps des Noirs, l'analyseur dit que c'est une partie jouée par
des GMI, à savoir Lautier-Kramnik et Lobron-Kramnik en 1995.
1. d4 d5 2. c4 Nf6 3. Nc3 c6 4. Nf3 e6 5. Bg5 h6 6. Bxf6 Qxf6 7. e4 dxe4
8. Nxe4 Bb4+ 9. Nc3 c5 10. a3 cxd4 11. axb4 dxc3 12. bxc3 Qxc3+ 13. Nd2 Nc6
14. b5 Nb4 15. Rc1 Qe5+ 16. Qe2 Nd3+ 17. Kd1 Qxe2+ 18. Bxe2 Nxf2+
19. Kc2 Nxh1 20. Rxh1 Bd7 21. Bf3 O-O-O 22. Nb3 b6 23. Ra1 Kb8 24. Nd4 Rc8
25. Kb3 e5 26. Nc6+ Bxc6 27. Bxc6 Rhd8 28. Bd5 f6 29. Kb4 Rc7 30. g4 Rcd7
31. h4 Rxd5 32. cxd5 Rxd5 33. Kc4 Rd4+ 34. Kc3 Rxg4 35. Rd1 Kc7 36. Ra1 Kb7
37. Rd1 Rd4 38. Rg1 Rxh4 39. Rxg7+ Kb8 40. Rf7 Rh3+ 41. Kc4 Rh4+
42. Kd5 Rd4+ 43. Kc6 Rc4+ 44. Kd6 h5 45. Rxf6 h4 46. Rh6 Kb7 47. Rh7+ Kb8
48. Kxe5 Rc5+ 49. Kd6 Rxb5 50. Rxh4 Rc5 51. Rh8+ Rc8 52. Rxc8+ Kxc8
53. Kc6 Kb8 54. Kb5 Kb7 55. Kb4 Kc6 56. Ka4 Kc5 57. Kb3 b5 58. Kc3 b4+
59. Kb3 a5 60. Ka4 Kc4 61. Kxa5
Essayer de jouer de façon structurée par les débuts de parties étudiées par
l’ordinateur, c’est-à-dire les ouvertures, fait progresser.
Position après : 9. Nc3 ...
b) IK-LesEchecs. French Defense: Advance Variation, Paulsen Attack.
Position finale.
1. e4 e6 2. d4 d5 3. e5 c5 4. c3 Nc6 5. Nf3 Qb6 6. Be2 Nh6 7. O-O Nf5
8. dxc5 Bxc5 9. b4 Be7 10. Na3 O-O 11. Nc2 f6 12. g4 Nh6 13. exf6 Bxf6
14. g5 Bxc3 15. gxh6 Bxa1 16. Nxa1 Qxb4 17. Nc2 Qe4 18. hxg7 Rf6
19. Ng5 Qg6 20. Kh1 h6 21. Bd3 Qxg7 22. Rg1 hxg5 23. Rxg5 Qxg5
24. Bxg5 Rxf2 25. Qg1 Rf7 26. Bh6+ Kh8 27. Qg6 Ne5 28. Qh5 Nxd3
Comme dans un problème élémentaire, tout le monde peut voir ici que le fait de prendre le Fou Blanc en d3 équivalait à abandonner.
Et entrevoir la beauté des Echecs !