Michel Deville
1931-2023 

« Il y a beaucoup d'hommes dans le cinéma, car il y a beaucoup d'histoires politiques, de films d'action, de bagarres, des films policiers... mais là je fais un film sur des caractères, la vie de tous les jours... et je trouve que les femmes justement, peintes comme ça sont beaucoup plus intéressantes parce qu'un spectacle de femmes est plus intéressant qu'un spectacle d'hommes, dans le bon sens du terme. Les femmes sont plus drôles entre elles. Elles se racontent des histoires plus drôles que les hommes. Les hommes se racontent de bonnes histoires, les femmes sont drôles en elles-mêmes. Elles se racontent des choses vraies. Elles ont beaucoup plus de saveurs, elles se prennent moins au sérieux. Moi, je préfère cela. »                                      Michel Deville
 Un grand cinéaste qui aurait mérité d’être plus apprécié en dehors des cercles de cinéphiles.
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Michel Deville et Gilles Perrault. 1978 ; 108'.  Avec : François Marthouret (Dominique Auphal/51), Roger Planchon (Esculape 1), Patrick Chesnais (Hadès), Jean Martin (Vénus), Daniel Mesguich (Esculape 4), Anna Prucnal (Sarah Robski), László Szabó (Le contact de Sarah Robski), Didier Sauvegrain (Pylos), Uta Taeger (Esculape 2), Jenny Clève (Agent 747, femme de ménage de 51), Christophe Malavoy (Agent 8956), Jean-Michel Dupuis (Agent Hécate 8446), Claude Marcault (Liliane Auphal/52), Claire Nadeau (L'amie 9000), Nathalie Juvet (Marguerite Marie), Françoise Lugagne (Mme Auphal, la mère de Dominique), Sabine Glaser (Paméla), Isabelle Ganz (l'Allumeuse), Jean Dautremay (Esculape 3), Gérard Dessalles (un camarade de 51 au régiment)
 Dominique Auphal, diplomate, est mis sous surveillance par des services secrets, qui désirent trouver une faille dans sa vie apparemment irréprochable, afin de le faire chanter. Sa vie privée est espionnée, analysée, commentée.            Synopsis officiel
« Mon mari, c’est lui qui a dénoncé à la Gestapo l’homme que j’aimais. Pas seulement parce qu’il était résistant, mais parce que je l’aimais. Je sais, j’ai eu des preuves. Il savait que je savais. Et nous avons encore vécu vingt-sept ans face à face ; moi avec ma haine et lui avec son mépris. »       Mme Auphlal
Deville s’aventure dans les arcanes du pouvoir. Le résultat est un film original et effrayant devant tout ce qui peut se faire pour ‘’raison supérieure’’.
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Christopher Frank. 1974 ; 105'.  Avec : Jean-Louis Trintignant (Nicolas Mallet), Romy Schneider (Roberte Groult), Jean-Pierre Cassel (Claude Fabre), Jane Birkin (Marie-Paule Allard), Florinda Bolkan (Flora Danieli), Georges Wilson (Julien Lourceuil), Henri Garcin (député Berthoud), Michel Vitold (Georges Groult), Christine Boisson (jeune fille chez Flora Danieli), Dominique Constanza (Sabine, nièce de Lourceuil), Jean-François Balmer (Vischenko), Mary Marquet (Mme Hermens), Estella Blain (Shirley Douglas)
 Un modeste et timide employé de banque tombe sous l’emprise d’un ami qui lui apprend l’ambition. Il devient un séducteur et avec l’aide des femmes entame une ascension sociale irrésistible.
« Tu viens de bêler comme un tout petit mouton qu’on vient d’écarter du troupeau. C’est bien les moutons. Ça trottine gentiment de l’enfance à l’abattoir avec une seule idée en tête : faire comme tout le monde. Ils ont une toute petite ambition, retarder jusqu’à l’ultime seconde, la rencontre inévitable avec le loup. »                           Claude Fabre
 Combien de personnes, pour une raison ou une autre, à une période de leur vie, ont vécu essentiellement par procuration ?
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Michel Deville, Nina Companeez. 1971 ; 110'.  Avec : Françoise Fabian (Aurore de Chéroy), Maurice Ronet (Raphaël de Loris), Brigitte Fossey (Bernardine des Réaux, amie), Anne Wiazemsky (Diane des Réaux), Isabelle de Funès (Émilie, cousine d'Aurore), Jean Vilar (sénateur Horace de Granville), Yves Lefebvre (Paul), Jean-François Poron (Giorgio), André Oumansky (Feyrac), Hélène Arié (Francesca Grisi), Maurice Barrier (Lasalle), Georges Claisse (Alfred), Jacques Weber, Maxime Fabert (le comte), Jean-Pierre Bernard (Norville), Jacqueline Fontaine (Mlle de Granville)
 Dans la première moitié du 19e siècle, Raphaël de Loris, avec son groupe d’amis, passe ses nuits à boire et à se distraire en compagnie de femmes dans des bars ou des soirées. Un jour ils croisent un groupe de femmes du monde amies d’Aurore de Chéroy. Le dandy noyant son spleen et la veuve pieuse appartiennent à deux mondes éloignés.
-Aurore : Toujours à moitié ivres. Ils se trainent chez des filles et dans des orgies qui se ressemblent toutes. Rien ne les touche, rien ne les intéresse. Je ne vois vraiment aucune raison de les plaindre. Mais, toi, pourquoi les plains-tu ? 
-Diane : Parce qu’ils font semblant de ne pas être tristes. 
 Françoise Fabien resplendissante de beauté et de grâce, et Maurice Ronet dans un premier rôle, ont joué ici leur meilleure partition.
 Une œuvre raffinée et d’une haute sensibilité. Un chef d’œuvre du cinéma français et le couronnement de l’itinéraire du grand Deville.