« Il y a beaucoup d'hommes dans le cinéma, car il y a beaucoup d'histoires politiques, de films d'action, de bagarres, des films policiers... mais là je fais un film sur des caractères, la vie de tous les jours... et je trouve que les femmes justement, peintes comme ça sont beaucoup plus intéressantes parce qu'un spectacle de femmes est plus intéressant qu'un spectacle d'hommes, dans le bon sens du terme. Les femmes sont plus drôles entre elles. Elles se racontent des histoires plus drôles que les hommes. Les hommes se racontent de bonnes histoires, les femmes sont drôles en elles-mêmes. Elles se racontent des choses vraies. Elles ont beaucoup plus de saveurs, elles se prennent moins au sérieux. Moi, je préfère cela. » Michel Deville
Un grand cinéaste qui aurait mérité d’être plus apprécié en dehors des cercles de cinéphiles.
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Michel Deville et Gilles Perrault. 1978 ; 108'. Avec : François Marthouret (Dominique Auphal/51), Roger Planchon (Esculape 1), Patrick Chesnais (Hadès), Jean Martin (Vénus), Daniel Mesguich (Esculape 4), Anna Prucnal (Sarah Robski), László Szabó (Le contact de Sarah Robski), Didier Sauvegrain (Pylos), Uta Taeger (Esculape 2), Jenny Clève (Agent 747, femme de ménage de 51), Christophe Malavoy (Agent 8956), Jean-Michel Dupuis (Agent Hécate 8446), Claude Marcault (Liliane Auphal/52), Claire Nadeau (L'amie 9000), Nathalie Juvet (Marguerite Marie), Françoise Lugagne (Mme Auphal, la mère de Dominique), Sabine Glaser (Paméla), Isabelle Ganz (l'Allumeuse), Jean Dautremay (Esculape 3), Gérard Dessalles (un camarade de 51 au régiment)
Dominique Auphal, diplomate, est mis sous surveillance par des services secrets, qui désirent trouver une faille dans sa vie apparemment irréprochable, afin de le faire chanter. Sa vie privée est espionnée, analysée, commentée. Synopsis officiel
« Mon mari, c’est lui qui a dénoncé à la Gestapo l’homme que j’aimais. Pas seulement parce qu’il était résistant, mais parce que je l’aimais. Je sais, j’ai eu des preuves. Il savait que je savais. Et nous avons encore vécu vingt-sept ans face à face ; moi avec ma haine et lui avec son mépris. » Mme Auphlal
Deville s’aventure dans les arcanes du pouvoir. Le résultat est un film original et effrayant devant tout ce qui peut se faire pour ‘’raison supérieure’’.
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Christopher Frank. 1974 ; 105'. Avec : Jean-Louis Trintignant (Nicolas Mallet), Romy Schneider (Roberte Groult), Jean-Pierre Cassel (Claude Fabre), Jane Birkin (Marie-Paule Allard), Florinda Bolkan (Flora Danieli), Georges Wilson (Julien Lourceuil), Henri Garcin (député Berthoud), Michel Vitold (Georges Groult), Christine Boisson (jeune fille chez Flora Danieli), Dominique Constanza (Sabine, nièce de Lourceuil), Jean-François Balmer (Vischenko), Mary Marquet (Mme Hermens), Estella Blain (Shirley Douglas)
Un modeste et timide employé de banque tombe sous l’emprise d’un ami qui lui apprend l’ambition. Il devient un séducteur et avec l’aide des femmes entame une ascension sociale irrésistible.
« Tu viens de bêler comme un tout petit mouton qu’on vient d’écarter du troupeau. C’est bien les moutons. Ça trottine gentiment de l’enfance à l’abattoir avec une seule idée en tête : faire comme tout le monde. Ils ont une toute petite ambition, retarder jusqu’à l’ultime seconde, la rencontre inévitable avec le loup. » Claude Fabre
Combien de personnes, pour une raison ou une autre, à une période de leur vie, ont vécu essentiellement par procuration ?
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Michel Deville, Nina Companeez. 1971 ; 110'. Avec : Françoise Fabian (Aurore de Chéroy), Maurice Ronet (Raphaël de Loris), Brigitte Fossey (Bernardine des Réaux, amie), Anne Wiazemsky (Diane des Réaux), Isabelle de Funès (Émilie, cousine d'Aurore), Jean Vilar (sénateur Horace de Granville), Yves Lefebvre (Paul), Jean-François Poron (Giorgio), André Oumansky (Feyrac), Hélène Arié (Francesca Grisi), Maurice Barrier (Lasalle), Georges Claisse (Alfred), Jacques Weber, Maxime Fabert (le comte), Jean-Pierre Bernard (Norville), Jacqueline Fontaine (Mlle de Granville)
Dans la première moitié du 19e siècle, Raphaël de Loris, avec son groupe d’amis, passe ses nuits à boire et à se distraire en compagnie de femmes dans des bars ou des soirées. Un jour ils croisent un groupe de femmes du monde amies d’Aurore de Chéroy. Le dandy noyant son spleen et la veuve pieuse appartiennent à deux mondes éloignés.
-Aurore : Toujours à moitié ivres. Ils se trainent chez des filles et dans des orgies qui se ressemblent toutes. Rien ne les touche, rien ne les intéresse. Je ne vois vraiment aucune raison de les plaindre. Mais, toi, pourquoi les plains-tu ?
-Diane : Parce qu’ils font semblant de ne pas être tristes.
Françoise Fabien resplendissante de beauté et de grâce, et Maurice Ronet dans un premier rôle, ont joué ici leur meilleure partition.
Une œuvre raffinée et d’une haute sensibilité. Un chef d’œuvre du cinéma français et le couronnement de l’itinéraire du grand Deville.
Réalisationn, Scénario: Michel Deville, Nina Companeez. 1962 ; 105'. Avec : Marina Vlady (Juliette), Macha Méril (Sophie), Michel Vitold (Antoine), Jean-Marc Bory (Martin), Jean-François Calvé (Matthieu Brévant), Claude Nicot (Sébastien), Ginette Letondal (Vicky), Jean-Pierre Moulin (Vincent), François Dalou (Thomas), Michael Lonsdale (agent de la circulation), Claude Rollet (ami de Juliette et Sophie), Pierre Clémenti (Pierrot)
Deux sœurs vivent ensemble. L’une blague et invente souvent, l’autre à force de dire la vérité gaffe parfois.
La vie va leur donner quelques leçons.
-Tu comprends toi-même que ça ne peut plus durer tes gaffes perpétuelles ? Une langue ça se contrôle, ça se domine !
- ... C’est mon type de femme.
-Ecoute, quelquefois ça me coûte de mentir. Mais au moins quand je parle je sais que je dis exactement ce que j’ai choisi de dire et pas quelque chose qui m’est passé par la tête par hasard. Je me dis tout le temps, il faut que je trouve quelque chose, quelque chose à moi. Un mensonge c’est vraiment à soi. Quel mérite a-t-on de dire la vérité ? C’est de la paresse, ça vient tout seul, évidemment ! Et puis, c’est pas drôle, c’est fade.
Les débuts du grand Deville. Ça commence comme une comédie légère pour évoluer vers plus de sérieux. Avec une fin instructive.
Réalisationn, Scénario: Michel Deville. 1986; 92'. Avec : Michel Piccoli (le paltoquet), Fanny Ardant (Mlle Lotte), Daniel Auteuil (le journaliste), Richard Bohringer (le docteur), Philippe Léotard (l'honorable commerçant), Jeanne Moreau (la tenancière), Claude Piéplu (le professeur), Jean Yanne (le commissaire), Yves Belluardo (le clochard)
Un bar avec une patronne et son serveur, Le Paltoquet. Les habitués : la belle Mlle Lhotte, quatre joueurs de belotte. Un commissaire vient un jour les interroger tous, en enquêtant sur un meurtre commis alentour.
J'ai l'impression que dans tous mes films, mes personnages se retranchent dans un monde imaginaire. Dans Le Paltoquet, c'est poussé à l'extrême, puisque c'est une histoire fantasmée. Il me fallait passer par le regard d'un "rêveur debout". Michel Deville
Comme une pièce de théâtre, un huis clos aboutissant à une inculpation.
Et une conclusion surprenante.
Réalisationn, Scénario: Michel Deville, Nina Companeez. 1980; 98'. Avec: Geraldine Chaplin (Lucie), Dominique Sanda (Hélène), Jacques Zabor (Denis), Christophe Malavoy (homme du train), André Marcon (homme du concert), Gérard Dessalles (Voix), Françoise Morhange (grand-mère), Myriam Roulet (Lucie enf)
A la suite d’une dispute avec son mari, Lucie se réfugie dans le foyer de son amie Hélène. Elles décident d’aller à deux, en Provence où Hélène veut louer une maison pour les vacances.
- Dans chaque homme dort un violeur
- et un voyeur.
Michel Deville a demandé à des écrivains, dont les noms apparaissent en exergue, de lui raconter un souvenir sensuel.
Il en a tiré ce film tendre, avec une tonalité légère, sur l’amitié, les désirs, les rêves, les souvenirs, la vie intime de deux belles femmes approchant tout doucement le tournant de la quarantaine. Elles finissent par repartir chacune de son coté en s’avouant qu’elles n’auront plus jamais leurs vingt ans.
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Michel Deville, Nina Companeez. 1968 ; 100'. Avec : Michèle Morgan (comtesse Gabrielle de Valandry), Michel Piccoli (comte Philippe de Saint-Germain), Pierre Clémenti (Benjamin), Catherine Deneuve (Anne de Clécy), Jacques Dufilho (Camille), Francine Bergé (Marion), Anna Gaël (Célestine), Catherine Rouvel (Victoire), Tania Torrens (Mme de Chartres), Odile Versois (la conseillère Lefur), Angelo Bardi (Basile), Sacha Briquet (Célestin), André Cellier (conseiller), Jacques Filh (Adrien), Simone Bach (Mme La Tour), Madeleine Damien (sa belle-mère), Diane Lepvrier (Domino rose)
Un adolescent, recueilli au domaine de sa tante s’éveille aux sens, à la vie.
La campagne, le marivaudage, les promenades, des décors ‘’impressionnistes’’.
Mais même pour les belles fêtes, l’envers du décor existe …
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Michel Deville, Nina Companeez. 1970 ; 85'. Avec : Brigitte Bardot (Félicia), Jean-Pierre Cassel (Gaspard), Daniel Ceccaldi (Ivan, un des anciens maris de Félicia), Georges Claisse (Stéphane), Xavier Gélin (Reginald), Sabine Haudepin (Julie), Valérie Stroh (Charlotte), Patricia Darmon (Mariette), Olivier Stroh (Arthur), Patrick Gilles (Titus), Julien Verdier (Tabard), Claude Beauthéac (Millot), Jean Lescot (Monsieur Bernard, violoncelliste ORTF)
Comédie, presque musicale, sur la rencontre entre un violoncelliste et une grande bourgeoise désœuvrée suite à un accident de voiture.
- Comment fait-on tourner Brigitte Bardot ?
- Comment fait-on tourner une actrice ? C’est une grande actrice,
- Une grande comédienne aussi ?
- Oui, bien-sûr. D’abord elle a tourné beaucoup de films,
- Ce n’est pas une raison !
- Si, l’expérience c’est énorme au cinéma. Il faut le talent, il faut le don, il faut l’expérience. On ne peut pas tourner en ayant seulement le talent. C’est une technique difficile le cinéma. Et Brigitte a cette technique au plus haut point. On peut lui demander ce qu’on veut et elle le fait très bien
-Elle est méconnue …
- Oui, c’est très vrai. C’est une grande comédienne méconnue.
Michel Deville interviewé par Monique Berger en 1970
Sur des dialogues étincelants de Nina Companeez (ce sera leur dernière collaboration), Michel Deville signe une comédie brillante. Endiablée. Dans cette suite de scènes jubilatoires, Bardot (« Humiliée, humiliée je suis ! » s'exclame-t-elle devant les refus répétés de Cassel) est d'une grâce, d'une invention souveraines. C'est - avec Le Mépris, de Godard, bien sûr - son meilleur film. Télérama
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Michel Deville. 1973 ; 95'. Avec : Michel Piccoli (Pierre), Lea Massari (Aurélie), Michel Aumont (Edmond), Simone Simon (dame de Meudon), Marie Lasas (la femme en bleu), Amarande (Béatrice), Geneviève Fontanel (Ghislaine), Sabine Glaser (Katrina), Patricia Lesieur (Sylvie l'assistante), Fabienne Arel (Marianne), Henry Courseaux (Antoine le flûtiste), Alain Astruc (Stanislas, critique), Julien Verdier (garçon de café), Claude Bolling (organiste), Hélène Duc (mondaine soirée), Robert Favart (automobiliste insultant les motards), Pierre Mirat (Max Vialle mondain à la soirée)
Un homme n’arrive pas à oublier une femme aperçue brièvement dans la rue. Il n’a plus qu’un rêve, la retrouver.
« Un homme cherche une femme et en trouve une autre, mais il ne s’en aperçoit pas. » Aurélie
Chimère avait une tête de lion, un corps de chèvre et une queue de serpent.
La Chimère faisait des ravages en Lycie …
Prix Méliès 1978
César du meilleur scénario 1979 : Gilles Perrault
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Michel Deville, Rosalinde Damamme. 1985 ; 100'. Avec : Christophe Malavoy (David Aurphet), Nicole Garcia (Julia Tombsthay), Anémone (Edwige Ledieu), Michel Piccoli (Graham Tombsthay), Richard Bohringer (Daniel Forest), Anaïs Jeanneret (Viviane Tombsthay), Jean-Claude Jay (père David), Hélène Roussel (mère David), Daniel Vérité (l'agresseur), Franck de Lapersonne (vendeur guitares)
Un enseignant donnant des cours particuliers pour arrondir ses fins de mois entre dans une famille bourgeoise pour donner des cours de guitare à la fille de la maison. Il suscite des sympathies et des problèmes commencent …
« Pour laisser au spectateur la part de rêve, tout n'est pas dit dans ce film où tout est explicable. Même si on le trouve un peu sophistiqué, j'espère qu'on l'estimera brillant et passionnant, ne serait-ce qu'en raison du talent exceptionnel des acteurs que j'ai pu réunir » Michel Deville, 1985
Au firmament de leur beauté, Christophe Malavoy (sans voix) et Nicole Garcia (parfaite en vraie garce) érotisent à mort ce classique du cinéma français sophistiqué des années 1980. Télérama
César meilleur réalisateur 1986
Meilleur film français du syndicat français de la critique de cinéma 1986
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Michel Deville, Rosalinde Deville. 1987 ; 97'. Avec : Miou-Miou (Constance), Régis Royer (Éric), Maria Casarès (la Générale), Patrick Chesnais (Le PDG), Pierre Dux (Magistrat), Brigitte Catillon (Sylvie, mère d'Éric), Marianne Denicourt (Bella B), Charlotte Farran (Coralie), Clotilde de Bayser (mère de Coralie), Jean-Luc Boutté (inspecteur), Simon Eine (professeur), Maria de Medeiros (infirmière muette), André Wilms (homme rue), Bérangère Bonvoisin (mère de Joël)
Constance aime lire. A tel point que ses lectures et ses rêves sont intimement mêlés. Aussi écrit-elle un roman qui raconte les aventures de Marie, une jeune femme qui aime, elle, tellement la lecture qu'elle décide d'en faire son métier, en devenant lectrice à domicile. Synopsis officiel
La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.
Les bijoux, Charles Baudelaire
La doctrine de Marx est toute puissante parce qu’elle est juste, complète, harmonieuse. Lénine
Ce qu’il y avait en lui d’extraordinairement grand, c’était l’ardente conviction que les malheurs ne sont pas le fondement indispensable de l’existence, mais une laideur que les hommes peuvent et doivent balayer loin d’eux. Gorki, Lénine et le paysan Russe
Un bel exercice de style, fin, non exempt d’humour.
En plus d’aimer la musique des instruments, il aimait aussi la musique des mots et des belles phrases.
Prix Louis-Delluc 1988
Grand Prix des Amériques 1988
Réalisation : Michel Deville, Scénario : Michel Deville, Rosalinde Deville. 1999 ; 103'. Avec : Albert Dupontel (Dr Bruno Sachs), Valérie Dréville (Pauline Kasser), Dominique Reymond (Mme Leblanc), Etienne Bierry (M Renard), François Clavier (Dr Boulle), Nathalie Boutefeu (Viviane serveuse), Philippe Lehembre (M Guilloux), Marianne Groves (voisine), Lucienne Hamon (Mme Sachs mère)
Confronté à la souffrance, à l'angoisse, à la violence des rapports humains, à tout ce qui rend malade, le docteur Sachs, révolté contre l'arrogance du savoir médical et le sentiment de son insuffisance, tombe malade de lui-même. Synopsis officiel
-Mais je la déteste ! Elle ment tout le temps. Toutes les conneries qu’elle vous a racontées sur mon père, c’est pas vrai. Je ne suis pas malade !
-Vous avez raison. Vous n'êtes pas malade.
-C’est pas une maladie de détester sa mère …
Les maladies portent les noms des médecins qui les ont, sinon observées, du moins décrites la première fois. Elles ne portent jamais le nom de la personne qui en souffrait. Cela montre bien à quel point la maladie appartient aux médecins, à une caste.
Manuscrits du Dr Sachs
Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
Admis(e) dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu(e) à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les moeurs.
Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque.
(extraits) Le serment d’Hippocrate
Prix Méliès 1999
Meilleur Réalisateur Festival de San Sebastian
1er Prix du Festival de Chikago