Buñuel peint la révolte absolue, la violence et l'éros, mais se révèle dans la vie incapable de cruauté, plein de douceur et de tendresse. Il fait profession d'athéisme et il a le culte des cérémonies religieuses, admire les vies de saints, se passionne pour la théologie. L'auteur de L'Âge d'or et du Charme discret de la bourgeoisie aura traversé ce siècle des idéologies en étant le moins idéologue des cinéastes. « Le dieu créé par l'homme, dit-il à son ami Max Aub après le tournage de La Voie lactée, c'est l'esprit du mal. » Au cœur des conflits, il nous offre le visage de Nazarin, ce prêtre don Quichotte qui pleure parce qu'il doute. Encyclopédie Universalis
Réalisation: Luis Buñuel ; Scénario: Luis Buñuel, Salvador Dali. 1929, 21'. Avec: Pierre Batcheff (l'homme), Simone Mareuil (la femme), Luis Buñuel (l'homme au rasoir), Salvador Dalí (un séminariste), Jaume Miravitlles (un séminariste), Marval (un séminariste), Fano Messan (l'hermaphrodite)
Réalisation: Luis Buñuel ; Scénario: Luis Buñuel, Salvador Dali. 1930, 63'. Avec: Gaston Modot (l'homme), Lya Lys (la femme), Caridad de Laberdesque (la femme de chambre), Germaine Noizet (la marquise), Lionel Salem (duc de Blangis), Max Ernst (chef des bandits), Duchange (chef d'orchestre), Joseph Llorens Artigas (gouverneur), Pierre Prévert (Peman, bandit), Paul Éluard (la voix), Valentine Hugo, Jacques Brunius
La brève rencontre passion scandaleuse d’un couple. Des fêtes, des actes anticonformistes …
Pour moi il s'agissait aussi – et surtout – d'un film d'amour fou, d'une poussée irrésistible qui jette l'un vers l'autre, quelles que soient les circonstances, un homme et une femme qui ne peuvent jamais s'unir. Luis Buñuel
Mon idée générale en écrivant avec Buñuel le scénario de L’Âge d’or a été de présenter la ligne droite et pure de “conduite” d’un être qui poursuit l’amour à travers les ignobles idéaux humanitaire, patriotique et autres misérables mécanismes de la réalité. Salvador Dalí
Un film d'inspiration bolchevique, L'Âge d'or, attaquant la religion, la patrie et la famille, était projeté depuis plusieurs jours. Plusieurs commissaires de la Ligue des Patriotes [ont] sifflé ce film obscène. Communiqué de la Ligue, 1930
Suite de scènes, parfois plus ou moins violentes, souvent entre un homme et une femme, sans ordre chronologique, sans trame apparente …
SURRÉALISME, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.
André Breton, Manifestes du Surréalisme.
Dalí et moi, en travaillant sur le scénario, nous pratiquions une sorte d'écriture automatique, nous étions surréalistes sans l'étiquette. Luis Buñuel
Dalí me dit : Moi, cette nuit, j’ai rêvé que des fourmis pullulaient dans ma main. Et moi : Eh bien ! Moi, j’ai rêvé qu’on tranchait l’œil de quelqu’un.
Idée à la base du film selon Buñuel.
Un chien andalou a eu un succès sans précédent à Paris; ce qui nous soulève d’indignation comme n’importe quel autre succès public. Mais nous pensons que le public qui a applaudi Un chien andalou est un public abruti par les revues et "divulgation" d’avant-garde, qui applaudit par snobisme tout ce qui semble nouveau et bizarre. Ce public n’a pas compris le fond moral du film, qui est dirigé directement contre lui avec une violence et une cruauté totales.
Buñuel et Dalí, Revue Mirador, 1929
La naissance de deux géants, Dali et Buñuel. Ils jetaient un pavé dans la marée. Ils furent immédiatement adoptés par le Surréalisme.
Le film, opposé à l’ordre bourgeois, jugé obscène et anticlérical, fut interdit en France pendant 50 ans. Il fut cependant reconnu dès 1949 comme une œuvre majeure par la Cinémathèque française.
Terre sans pain. Réalisation, Scénario: Luis Buñuel. 1933, 27'. Avec: Abel Jacquin (voix), Alexandre O'Neill (voix)
Film documentaire sur une région défavorisée du centre-ouest de l’Espagne.
Cet essai cinématographique de géographie humaine a été tourné en 1932, peu de temps après l’avènement de la République Espagnole.
De l’avis des géographes et des voyageurs, la contrée que vous allez visiter, appelée ``Les Hurdes’’, est une région stérile et inhospitalière où l’homme est obligé de lutter, heure par heure, pour sa substance.
Jusqu’en 1922, année où la première route y fut tracée, Les Hurdes étaient inconnues du reste du monde et même des habitants de l’Espagne. Exergue
« La misère que ce film vient de vous montrer n’est pas une misère sans remède. »
Elle a été vaincue ailleurs en Espagne par le Peuple qui a porté au pouvoir le Front Populaire. La rébellion des généraux aidés par Hitler et Mussolini a rétabli les privilèges des Possédants. Mais Ouvriers et Paysans d’Espagne, avec l’aide des Antifascistes du monde entier ont vaincu Franco et fait disparaitre à jamais la misère.
Postface (ultérieure) résumée
Pitié pour eux. Réalisation, Scénario: Luis Buñuel, Luis Alcoriza. 1950, 85'. Avec: Stella Inda (mère de Pedro), Miguel Inclán (Don Carmelo, l’aveugle), Alfonso Mejia (Pedro), Roberto Cobo (El Jaibo), Alma Delia Fuentes (Meche), Francisco Jambrina (directeur école), Jesús Garcia Navarro (père de Julián), Mario Ramirez (Ojitos)
La vie d’enfants de milieux défavorisés dans les rues de quartiers populaires de Mexico. (Ou d’ailleurs… )
-Qui veut fumer ? -Oui - Oui … -Ok …
-Non, ça me fait tousser. -(Regards …)
-Je ne fume pas non plus. -Quel poulet ! -Tu es une mauviette !
-Je dois aller travailler. -Seuls les abrutis travaillent.
-Qu’allons-nous faire de lui ? C’est un cas difficile …
-Qu’il se repose et mange bien. On pense mieux le ventre plein. Après… on verra.
-Pourquoi vous souriez ?
-Aucune raison. Si nous pouvions enfermer la pauvreté à la place des enfants… !
L’écrivain, critique, membre du Parti Communiste, membre du Groupe Surréaliste, Georges Sadoul a écrit dans son Histoire générale du cinéma :
« Le film est extraordinairement cruel. En fonction de son sujet qui est atroce, mais aussi d'une constante qui se retrouve dans toute l'œuvre du réalisateur. Les Oubliés conduiraient au fond du désespoir si une profonde tendresse, d'autant plus sincère qu'elle ne s'étale point, ne l'imprégnait tout entier. »
Le mot cruel est, pour moi, insuffisant pour traduire mon ressenti à la fin de ce film. Une immense tristesse ! Si j’avais su ça avant, je ne l’aurais pas regardé. Ce n’est pas une attitude glorieuse, ni même courageuse peut-être, mais c’est comme ça.
Prix de la mise en scène Festival de Cannes 1951.
Mémoire du Monde de l'UNESCO
Réalisation: Luis Buñuel ; Scénario: Luis Buñuel, Julio Alejandro, Emilio Carballido. 1959, 94'. Avec: Francisco Rabal (père Nazario), Marga López (Beatriz), Rita Macedo (Andara, prostituée), Jesús Fernández (Ujo), Ofelia Guilmain (Chanfa), Noé Murayama (Pinto), Rosenda Monteros (Prieta), Victorio Blanc (vieux prisonnier), Arturo Castro (le colonel), Ignacio Peon (prêtre)
Un prêtre Mexicain, fidèle à son ministère, sensible à toute souffrance humaine, exerce dans des coins défavorisés. Il subit souvent incompréhension et réprobation.
-Que se passe-t-il, Beatriz ? -Comment savez-vous, Padre ?
-Les séquelles de la passion sont difficiles à cacher. Je sais que tu combats Satan.
-Quand il m’a regardée, je lui ai obéi. Je suis tentée d’aller avec lui. Et je ne veux pas, Padre. Pouvez-vous m’expliquer cela ?
-C’est une mauvaise passion. Toute la création de Dieu y est soumise.
Comme la nuit efface la tristesse du passé, le jour annonce l’espoir et la joie. Voilà à quoi ressemble la mort. Joyeuse et triste. Joyeuse car elle soulage des peines de la vie. Et triste parce que nous aimons notre corps et ne voulons pas le quitter.
Chacun est libre de trouver dans mon film ce qui lui plaît. Personnellement, j’ai été confondu quand j’ai lu certains commentaires : où les gens vont-il chercher ce qu’ils écrivent ? J’aime Nazarin parce que c’est un film qui m’a permis d’exprimer certaines choses qui me tiennent à cœur. Mais je ne pense pas avoir renié ou abjuré quoi que ce soit. Grâce à Dieu, je suis toujours athée. Luis Buñuel
L’épopée du père Nazario interroge avec tristesse sur la nature humaine. Elle donne cependant, à mon avis, une lueur d’espoir, celle d’un salut dont ce prêtre tente une voie.
Réalisation: Luis Buñuel ; Scénario: Luis Buñuel, Julio Alejandro. 1961, 90'. Avec: Silvia Pinal (Viridiana), Francisco Rabal (Jorge), Fernando Rey (Don Jaime), José Calvo (Don Amalio, mendiant), Margarita Lozano (Ramona), José Manuel Martín (El Cojo, mendiant boiteux), Victoria Zinny (Lucia, fiancée de Jorge), Luis Heredia (El Poca, mendiant), Joaquín Roa (Don Zequiel, mendiant), Lola Gaos (Enedina, mendiante), Francisco René (Moncho, vieux domestique)
L’itinéraire d’une novice depuis le couvent jusqu’à son contact, non choisi, avec le monde extérieur.
-Resterez-vous longtemps ici ?
-Oui, pourquoi ?
-Vous pouvez revenir dans la grande maison. Je suis seul et peut m’installer n’importe où ?
-Et votre amie ? -Partie.
-Mais elle reviendra ? -Non. -Pourquoi ? -Pourquoi se sépare-t-on ? - …. ?
-Ce n’est pas moi qui vous le dirai. Ça pourrait effrayer une bigote comme vous.
Cet ex-voto sera dédié à
La Vierge des Désemparés.
L’Oservatore Romano a crié au sacrilège et au blasphème à propos de Viridiana. La censure du gouvernement du Général Franco n’a même pas regardé le film, ce qui équivalait à sa non-diffusion en Espagne. Le film n’y fut diffusé qu’au retour de la démocratie.
Viridiana a cru en l’humanité, aux humbles. Son éveil aux réalités de la nature humaine aurait dû être compris, salué ; en aucun condamné, même par les autoritées les plus réactionnaires de ce monde.
Palme d'or Festival de Cannes 1961
Réalisation: Luis Buñuel ; Scénario: Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière. 1964, 98'. Avec: Jeanne Moreau (Célestine), Georges Géret (Joseph, palefrenier), Michel Piccoli (M Monteil), Françoise Lugagne (Mme Monteil), Jean Ozenne (M Rabour), Daniel Ivernel ( cpt Mauger), Gilberte Géniat (Rose), Jean-Claude Carrière (curé), Muni (Marianne, domestique), Bernard Musson (sacristain), Claude Jaeger (juge d'instruction), Dominique Sauvage (petite Claire), Madeleine Damien (cuisinière)
Dans l’Entre-Guerres une Parisienne décide d’accepter un poste de femme de chambre dans une demeure bourgeoise en Normandie. Elle y observe les gens, les comportements de toutes les classes sociales.
Jeanne Moreau dans l’une de ses grandes heures.
Merveilleuse comédienne, je me contentais de la suivre [Jeanne Moreau], la corrigeant à peine. Elle m’a appris sur le personnage des choses que je ne soupçonnais pas. Luis Buñuel
Une observation silencieuse, presque apaisée, de la société, des évènements, à la campagne.
Réalisation: Luis Buñuel ; Scénario: Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière, Joseph Kessel. 1967, 101'. Avec: Catherine Deneuve (Séverine Sérizy), Jean Sorel (Pierre Sérizy), Michel Piccoli (Henri Husson), Geneviève Page (Mme Anaïs), Pierre Clémenti (Marcel), Françoise Fabian (Charlotte), Macha Méril (Renée Fevret), Maria Latour (Mathilde), Muni (Pallas), Francis Blanche (M Adolphe), Georges Marchal (le duc), Francisco Rabal (Hippolyte), Bernard Musson (domestique), François Maistre (client masochiste), Stéphane Bouy (trafiquant), Claude Cerval (chauffeur), Iska Khan (client asiatique), Michel Charrel (valet), Marcel Charvey (prof Henri), Dominique Dandrieux (Henriette), Marc Eyraud (barman), Debut de Roseville (cocher), Dominique Sauvage (Cathy), Adélaïde Blasquez (Maria, la bonne), Luis Buñuel (client Cascade+passant)
Les fantasmes d’une jeune épouse bourgeoise, dans un ménage où règne un amour tendre partagé.
La belle de jour est une fleur éphémère diurne qui s’épanouit le matin, pour se refermer et faner le soir. De nouvelles fleurs apparaissent ainsi et se succèdent durant plusieurs mois pour offrir un beau spectacle coloré. Le Parisien
Ce que j’ai tenté avec Belle de Jour, c’est de montrer le divorce terrible entre le cœur et la chair, entre un vrai, immense et tendre amour et l’exigence implacable des sens. Ce conflit, à quelques rares exceptions près, chaque homme, chaque femme qui aime longtemps, le porte en soi. Il est perçu ou non, il déchire ou il sommeille, mais il existe.
Joseph Kessel, auteur du roman
Quand Buñuel m’a proposé ce rôle, j’ai accepté sans hésiter, mais c’était aussi audacieux pour l’époque. Et un peu risqué pour moi. J’avais 23 ans ; pour tout le monde, j’étais la jeune fille romantique des Parapluies… Le film m’a fait basculer dans cette zone indécise où on ne sait jamais si une femme est une vierge ou une putain. Aujourd’hui, des gens me regardent comme s’il y avait encore en moi quelque chose de Belle de jour. Je précise que je n’en ai absolument aucun regret. Catherine Deneuve
Lion d'or Festival de Venise 1967. Prix Méliès 1967.
Réalisation: Luis Buñuel ; Scénario: Luis Buñuel, Julio Alejandro. 1970, 100'. Avec: Catherine Deneuve (Tristana), Fernando Rey (Don Lope), Franco Nero (Horacio), Lola Gaos (Saturna), Antonio Casas (Don Cosme), Jesús Fernández (Saturno), Denise Menace (Armanda), Vicente Solar (Don Ambrosio), José Calvo (Bellringer), Fernando Cebrián (Dr Miquis)
La vie d’une orpheline recueillie par son oncle révolté, anticlérical.
-Regarde un peu ces deux-là, est-ce que tu sens l’odeur douceâtre du bonheur conjugal ?
-Je ne comprends pas.
-Tu as remarqué leur attitude bovine, leur résignation et l’ennui qui les dévore ! Ne te marie jamais.
Comme "Belle de jour" a été un succès et que le succès réconcilie toujours, Buñuel m'a invitée à jouer "Tristana" en Espagne. Cela dit, il était déjà vieux, après le tournage il était fatigué. J'avais loué une maison et je l'invitais à dîner. Quand il venait dîner, c'était pour se détendre, boire, plaisanter un peu. Catherine Deneuve
J’ai mis dans Tristana beaucoup de choses auxquelles toute ma vie j’ai été sensible. Luis Buñuel
Au-delà de l’observation du jeu social, Tristana m’apparait comme un regard sur la vieillesse, la maladie et la mort. Magnifique … et, triste comme Tristana.
Prix Sant Jordi du meilleur film espagnol
Réalisation: Luis Buñuel ; Scénario: Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière. 1972, 102'. Avec: Fernando Rey (Rafael Dacosta), Paul Frankeur (François Thévenot), Delphine Seyrig (Simone Thévenot), Bulle Ogier (Florence, sœur de Simone), Jean-Pierre Cassel (Henri Sénéchal), Milena Vukotic (Inès, domestique), Stéphane Audran (Alice Sénéchal), Julien Bertheau (Mgr Dufour), Muni (paysanne), Georges Douking (jardinier), Maria Gabriella Maione (militante), Robert Le Béal (tailleur), Bernard Musson (serveur), Roger Caccia (pianiste), Christian Baltauss (lieutenant), Michel Piccoli (ministre de l'Intérieur), François Maistre (commissaire Delécluze), Pierre Maguelon (policier), Jacques Rispal (policier), Christian Pagès (homme torturé), Claude Piéplu (colonel), Alix Mahieux (femme du colonel), Maxence Mailfort (jeune sergent)
Un groupe de Bourgeois projettent un diner. Ils sont gênés à plusieurs reprises par divers évènements.
-Tu as demandé un prêtre, me voici. Je suis venu t’apporter le secours de la religion. Désires-tu te confesser ? -Oui. -Je t’écoute, dis-moi tes péchés.
-Mon Père, il y a des années j’ai tué un homme et une femme. -Qui ?
-Mes patrons. Je les ai tués tous les deux. J’étais leur jardinier. Ils étaient si durs avec moi ! Voici leur photo ici, l’homme derrière eux c’était moi.
-Ceux que tu as tués c’était mon père et ma mère. On n’a jamais pu trouver le coupable. Tu veux que je te donne l’absolution avant que tu te présentes devant Dieu ? -Oui, mon Père.
-Dieu dans son infinie bonté pardonne au pécheur le plus endurci. Vois quel exemple il a voulu donner en nous réunissant ici. Ferme les yeux et prie : "Que le Seigneur te pardonne, et en son nom je te pardonne. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il". Dors en paix mon fils.
(Le prêtre en sortant voit un fusil …)
De prime abord, c’est le plus amusant des Buñuel ! Un rire ni jaune, ni complice.
Oscar du meilleur film étranger en 1973. Prix Méliès en 1972
Réalisation: Luis Buñuel ; Scénario: Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière. 1974, 104'. Avec: Bernard Verley (ct des dragons), Jean-Claude Brialy (M Foucauld), Monica Vitti (Mme Foucauld), Milena Vukotic (infirmière), Paul Frankeur (aubergiste), Michael Lonsdale (chapelier), François Maistre (prof gendarmes), Hélène Perdrière (vieille tante), Agnès Capri (directrice école), Jean Rochefort (M Legendre), Pascale Audret (Mme Legendre), Adriana Asti (sœur du 1er préfet), Julien Bertheau (1er préfet), Michel Piccoli (2e préfet), Claude Piéplu (commissaire), Adolfo Celi (dr Pasolini), Marie-France Pisier Mme Calmette), Luis Buñuel (moine fusillé)
Suite de sketches … surréalistes.
Sur différents visages de la liberté.
-J’aimerais vous faire une petite boutonnière, simple curiosité médicale.
-Grande ? -Non, comme ça. -C’est une opération ! -Juste pour voir.
-Quand ? -Oh, quand vous voudrez… Demain ça vous irait ?
-Demain c’est tellement précis ! -Ces choses-là, ça n’attend pas...
-Je suis adulte. Qu’est-ce que j’ai ? -Vous avez un néoplasme.
-Bon, bon…C'est quoi ? -Une prolifération de cellules. Un cancer.
-Comment ? -Vous avez un cancer du foie. -(...)
-(Rires). Un cancer, moi ?! -Dans un état assez avancé.
-(Il revient et gifle le docteur).
La première ligne du Manifeste du Parti Communiste dit « Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme... ». Pour ma part, je vois la liberté comme un fantôme que nous essayons d'attraper et…nous étreignons une forme brumeuse qui ne nous laisse qu'un peu d'humidité dans les mains. (…) Dans mon film, le titre a surgi de façon irrationnelle, comme celui d'Un chien andalou, et pourtant, je pense qu'aucun titre n'est plus adéquat, dans un cas comme dans l'autre, à l'esprit du film.
Luis Buñuel
Un Buñuel non traumatisant. Presque gai …
Cet obscur objet du désir. Réalisation, Scénario: Luis Buñuel, Scénario: Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière. 1977, 105'. Avec: Fernando Rey (Mathieu Faber), Carole Bouquet (Conchita I), Ángela Molina (Conchita II), Piéral (nain), Julien Bertheau (Édouard), André Weber (Martin), María Asquerino (Incarnacion Perez), Milena Vukotic (voyageuse), Ellen Bahl (rivale), Muni (concierge), Bernard Musson (policier), Jacques Debary (juge), Valérie Blanco (fillette), Lita Lluch-Peiro (danseuse), Isabelle Rattier (secrétaire), Isabelle Sadoyan (gardienne), Claude Jaeger (patron du bar), Antonio Duque (conducteur), André Lacombe (portier)
La passion amoureuse irrépressible d’un bourgeois murissant pour une jeune femme dans les années 70.
-TPP-JC : Un critique a dit que vous avez mis deux Conchita car
« Personne ne connaît l’être qu’il aime, c’est à la fois cet être-là et un autre ».
-Buñuel : Cette explication me semble très mauvaise. Elle est trop logique, j’aurais eu honte de penser à cela en faisant le film.
Conversation avec Buñuel,
TOMAS PEREZ TURRENT et JOSE DE LA COLINA
Le Buñuel apaisé. Une interrogation-constat sur la passion presque intemporelle. Des inquiétudes sur le terrorisme naissant. Le dernier Buñuel risque de demeurer une œuvre éternellement d’actualité.
National Board of Review Awards : Meilleur film international