Sergei Bondarchuk
1920-1994
Le grand réalisateur Russe post-révolution
Quant à son thème fondamental en tant qu'auteur, « l'ordre de relations entre le destin de l'homme et celui du peuple, le comportement des individus vu à travers le prisme d'immenses événements historiques », il apparaît dans tous ses films, mais dans les grandes fresques napoléoniennes, l'immensité des moyens, le raffinement de la mise en scène, le classicisme du langage (son académisme peut-être) dissimulent un peu l'inspiration généreuse. Encyclopédie Universalis, France
Every time, I am trying to break the rules, at least as the conservative people see them. Sergei Bondarchuk
T.Original: Sudjba cheloveka. Le Destin d'un homme
Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Yuri Lukin, Fyodor Shakhmagonov 1959; 97'. Avec : Sergei Bondarchuk (Andrei Sokolov), Pavel Boriskin (Vanya), Zinaida Kiriyenko (Irina), Pavel Volkov (Ivan Timofeyevich), Yuri Averin (Müller), Kirill Alekseyev (Germ Major), Pavel Vinnik (Sov Colonel), Lev Borisov (platon), Georgy Millyar (drunk Germ Soldier), Yevgeny Morgunov (fat Germ Soldier)
C’était le premier printemps d’après-guerre… Dans le froid de la campagne enneigée, en attendant un bac, deux voisins se retrouvent. Ils reviennent tous les deux de guerre. L’un raconte ses souvenirs.
Des fois, je ne dors pas la nuit, je fixe l’obscurité d’un regard absent et je pense : pourquoi, ma vie, m’as-tu mutilé de la sorte ? Pourquoi m’as-tu puni ?
Le 22 juin 1941 le Plan Barbarossa est lancé. La Wehrmacht entre en URSS avec 4 millions de soldats (3 millions d’Allemands et 1 million de ses alliés Roumains, Finlandais, Hongrois, Italiens, Slovaques). Deux ans plus tard, après la Bataille de Kursk, elle refranchissait la frontière en y laissant 1 million de pertes, qui allèrent crescendo jusqu’à Berlin, et 5 millions de victimes soviétiques.
Difficile à regarder même pour quelqu’un qui connaît l’histoire de l’Opération Barbarossa, la plus grande campagne militaire de l’histoire. Hitler dans le secret avait instruit ses chefs, il ne s’agit pas d’une guerre classique, mais d’une campagne d’anéantissement.
Le grand Bondarchuk, pour la première fois que l’acteur se muait en réalisateur, a bien rendu cette incroyable folie où un pays a perdu vingt millions de ses fils ; et combien de traumatisés à vie après ? Une œuvre dantesque.
Grand prix Moscou, Prix spécial Carlsbad
T.Original: Voyna i Mir. Guerre et Paix 1 Andrei Bolkonsky
Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Vasily Solovyov. 1965; 147'. Avec : Lioudmila Savelieva (Natacha Rostov), Sergueï Bondartchouk ( Pierre Bezukhov), Viatcheslav Tikhonov (pr André Bolkonski), Viktor Stanitsyne (cte Ilya Rostov), Kira Golovko (ctesse Rostov), Oleg Tabakov (Nicolas Rostov), Boris Smirnov (pr Kouraguine), Boris Zakhava (gnl Kutuzov), Vladislav Strjeltchik (Napoléon Bonaparte), Anatoli Ktorov (pr Bolkonski, père), Alekseï Glazyrine (dr militaire)
En 1805, alors que Napoléon est déjà en Autriche, l’aristocratie Russe donne des réceptions à St-Petersbourg. Le prince Andrei Bolkonsky rejoint les armées du général Kutuzov et combat lors des défaites austro-russes jusqu’à la Bataille d’Austerlitz.
Et moi aussi je dis : prenons-nous par la main, nous tous qui aimons le Bien. Rangeons-nous sous la même bannière, celle de la vertu agissante. Je veux dire seulement que toutes les pensées entraînant d'immenses conséquences sont toujours simples.
Toute ma pensée pourrait se résumer ainsi : puisque les dépravés sont liés et constituent une force, il faut que les gens honnêtes fassent de même. Quoi de plus simple ? Léon Tolstoï, Guerre et Paix
Unique adaptation russe du chef-d'œuvre inspiré à Tolstoï par les guerres napoléoniennes de 1805 et 1812, cette épopée grandiose à tout point de vue, de et avec Sergueï Bondartchouk, est aussi la plus fidèle à son gigantisme lyrique. Un monument méconnu du cinéma soviétique et mondial.
Edition officielle
Bondarchuk a tenu à porter à l’écran le grand roman de Tolstoï sur la résistance héroïque de la Russie à la Grande Armée au début du 19e siècle. Il a eu à sa disposition les moyens colossaux de l’état.
Grand prix Moscou, Oscar, Golden Globe, NYFCCA, NBR USA
T.Original: Voyna i Mir. Guerre et Paix 2 Natasha Rostova
Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Vasily Solovyov. 1965; 100'. Avec : Lioudmila Savelieva (Natacha Rostov), Sergueï Bondartchouk ( Pierre Bezukhov), Viatcheslav Tikhonov (pr André Bolkonski), Viktor Stanitsyne (cte Ilya Rostov), Kira Golovko (ctesse Rostov), Oleg Tabakov (Nicolas Rostov), Boris Smirnov (pr Kouraguine), Boris Zakhava (gnl Kutuzov), Vladislav Strjeltchik (Napoléon Bonaparte), Anatoli Ktorov (pr Bolkonski, père), Alekseï Glazyrine (dr militaire)
De 1809 à 1812, les parcours sentimentaux de Andrei et Natacha ; en marge de la grande histoire.
-Vile race, personnage sans cœur.
-Vous vous souvenez de la discussion que nous avions eue à Petersburg ? J’ai dit qu’il fallait pardonner une femme déchue. Mais je n’ai pas dit que je le pourrais. Je ne peux pas.
* * *
Il lui semblait que cette étoile était le parfait symbole de l’attente d’une vie nouvelle qu’il ressentait dans son âme ragaillardie et attendrie.
-J’ai beaucoup enduré ces temps-ci. -Oui, nous avons tous bien changé.
-Quels sont vos projets ? -J’ai peu à dire à ce sujet.
-Pourquoi ne pas avoir repris du service ?
-Après Austerlitz ? Non, merci ! Même si Napoléon était ici, devant Smolensk, je me refuserais à servir encore dans les armées.
Rappels de la discussion de Petersburg
Malgré les évènements graves, les défaites militaires et les lendemains incertains, la vie intime ne s’arrête pas. Elle est cependant momentanément stoppée par les heures décisives qui vont commencer.
Grand prix Moscou, Oscar, Golden Globe, NYFCCA, NBR USA
T.Original: Voyna i Mir. Guerre et Paix 3 L'an 1812
Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Vasily Solovyov. 1965; 80'. Avec : Lioudmila Savelieva (Natacha Rostov), Sergueï Bondartchouk ( Pierre Bezukhov), Viatcheslav Tikhonov (pr André Bolkonski), Viktor Stanitsyne (cte Ilya Rostov), Kira Golovko (ctesse Rostov), Oleg Tabakov (Nicolas Rostov), Boris Smirnov (pr Kouraguine), Boris Zakhava (gnl Kutuzov), Vladislav Strjeltchik (Napoléon Bonaparte), Anatoli Ktorov (pr Bolkonski, père), Alekseï Glazyrine (dr militaire)
L’entrée de la Grande Armée en Russie jusqu’à la Bataille de Borodino (ou Bataille de la Moskova).
Le 18 juin 1812 les armées occidentales franchissaient la frontière russe et la guerre commença. Ainsi se produisit cet évènement, on ne peut plus contraire à la raison et à la nature humaines. Exergue de la Partie 3
Dans les deux camps, chez ces hommes épuisés et affamés commençait à s’insinuer le même doute.
Etait-il nécessaire de continuer à s’exterminer ainsi ?
Commentaire au soir de la bataille, sanglante et non décisive, de Borodino
Film réalisé en format panoramique 70 mm avec son stéréo, Guerre et Paix, a bénéficié de moyens colossaux. Plus de 100 000 soldats de l’Armée Rouge ont participé à la reconstitution de la Bataille de Borodino. Sur le plan formel aussi, c’est donc un spectacle hors-norme.
Grand prix Moscou, Oscar, Golden Globe, NYFCCA, NBR USA
T.Original: Voyna i Mir. Guerre et Paix 4 Pierre Bezukhov
Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Vasily Solovyov. 1965; 94'. Avec : Lioudmila Savelieva (Natacha Rostov), Sergueï Bondartchouk ( Pierre Bezukhov), Viatcheslav Tikhonov (pr André Bolkonski), Viktor Stanitsyne (cte Ilya Rostov), Kira Golovko (ctesse Rostov), Oleg Tabakov (Nicolas Rostov), Boris Smirnov (pr Kouraguine), Boris Zakhava (gnl Kutuzov), Vladislav Strjeltchik (Napoléon Bonaparte), Anatoli Ktorov (pr Bolkonski, père), Alekseï Glazyrine (dr militaire)
La Grande Armée entre dans Moscou, sans opposition. L’Armée Russe s’est retirée de la ville avec ses habitants, et il n’y a pas eu de capitulation.
Il savait qu’il allait mourir...
Sans impatience, sans inquiétude, il attendait que l’inévitable se produise. Cette chose terrible, éternelle, inconnue et lointaine.
A son entrée en Russie, la Grande Armée comptait environ 600 000 hommes. Une moitié de Français ; le reste constitué de Polonais, d’Italiens et de tous les Germains (Suisses, Belges, Hollandais, Autrichiens, Allemands, Nordiques). Six mois après, seulement 100 000 échappèrent au désastre de la Berezina, soit plus de 80% de pertes. C’est-à-dire, concrètement la fin de l’Empire Français.
Le maréchal Kutuzov pouvait savourer :
« Que ce peuple soit loué qui, dans l’adversité, sans se demander ce que
firent d’autres dans les mêmes circonstances, ramasse avec simplicité le
premier gourdin qu’il aperçoit, et cogne aussi longtemps que dans son
âme, l’humiliation et le désir de vengeance ne cèdent la place au mépris
et à la pitié. »
« Pour parler de la guerre
Il n'y a que des larmes. »
Henriqueta Lisboa
Grand prix Moscou, Oscar, Golden Globe, NYFCCA, NBR USA
T.Original: Vaterloo. Waterloo
Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Vittorio Bonicelli, Mario Soldati. 1970; 134'. Avec : Rod Steiger (Napoléon Bonaparte), Christopher Plummer (duc de Wellington), Orson Welles (Louis XVIII), Dan O’Herlihy (maréchal Ney), Rupert Davies (lord Gordon), Philippe Forquet (Bedoyere), Gianni Garko (Drouot), Jack Hawkins (sir Thomas Picton), Virginia McKenna (duchesse de Richmond), Ivo Garrani (Maréchal Soult), Sergo Zakariadze (Maréchal Blücher), Charles Millot (Maréchal Grouchy), Evgueni Samoïlov (gnl Cambronne)
La fin de Napoléon : l'abdication de 1814, les Cent Jours, la Bataille de Waterloo.
« Après une bataille perdue, ce qu’il y a de plus triste au monde c’est une bataille gagnée. » Wellington dans le film.
« Ils vous enchaineront comme Prométhée sur un rocher, et le souvenir de votre gloire passée vous fera souffrir. » Une voix parlant à Napoléon dans le film
A la Bataille de Waterloo le 18 juin 1815, la "Grande Armée", qui n’était que l’ombre de celle qui envahit la Russie, comptait environ 100 000 hommes. Elle fit face à des forces deux fois supérieures 100 000 Anglo-Hollandais et autant d’Allemands. Napoléon y perdit la moitié de ses effectifs, Wellington et Blücher deux fois moins.
« On ne conduit le peuple qu’en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d’espérances » a dit Napoléon. Et si on parlait un peu de ces "espérances" ! Il a mis de l’ordre, il a fait des reformes qui durent toujours, il a fait des choses positives. Mais le bilan est-il positif ? Les guerres expansionnistes, soutenues par un rêve flattant le sentiment nationaliste, et finissant par un pays exsangue sous tutelle … Cela se passe de commentaires. Napoléon est issu de la Révolution. Toucher aux dieux est un dangereux sacrilège mais il faut soutenir ses opinions ; Napoléon n’est pas l’héritier de la grande Révolution Française, mais son antithèse.
Oscar du meilleur film étranger USA, David di Donatello Ittalie
Ils ont combattu pour la patrie
Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Vasily Solovyov. 1975; 137'. Avec : Vasili Shukshin (Piotr Lopakhin), Vyacheslav Tikhonov (Nikolay Strel'tsov), Sergei Bondartchouk (Ivan Zvyagintsev), Georgi Burkov (Alexandr Kopytovskij), Yuri Nikulin (Nekrasov), Ivan Lapikov (Poprischenko)
En 1942, le parcours d’un groupe de soldats, survivants d’un régiment défait, s’oppose à des unités allemandes avançant vers le Don.
-Notre blé, tout ce pain perdu ! Voilà ce qu’ils ont fait, ces sauvages…
-Alors l’homme aux tracteurs, n’y pense pas, tu ne pourras jamais évaluer les dégâts. Au fait, le chef avant d’être emmené à l’hôpital m’a chargé d’une mission, il m’a demandé de veiller sur toi : « Veille sur lui, il est assez fou pour se faire tuer sans raison valable ».
Bondarchuk, qui a fait la guerre, ne la montre pas sur une vue d’ensemble, à partir de cartes d’état-major. Nous sommes ici dans les tranchées, sur le terrain en côtoyant la souffrance, le courage, la mort des soldats, la détresse des femmes et personnes âgées restant dans les villages.
Une vision forçant à la méditation.
Prix des Militants Antifascistes Tchécoslovaquie, Prix d'Etat RSFSR
La Steppe
Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Vasily Solovyov. 1977; 134'. Avec : Oleg Kuznetsov (Yegorushka), Nikolay Trofimov (Khristofor), Vladimir Sedov (Kuzmichov), Viktor Mamaev (Deniska), Sergey Bondarchuk (Yemelyan), Ivan Lapikov (Strannik), Georgiy Burkov (Vasya), Anatoliy Vasilev (Dymov), Mikhail Kokshenov (Kiryukha), Valery Zakharyev (Stepka)
En Russie, vers 1900, un enfant de dix ans, fait un long voyage de son village jusqu’à la ville où il doit entrer au lycée. L’observation de la nature et des autres lui apprend beaucoup de choses.
On naît avec un esprit, l’instruction vous en donne un autre et une vie correcte un troisième. Et ça, petit frère, c’est bien, d’avoir trois esprits.
Tous sans exception évoquaient leur passé avec enthousiasme et considéraient presque avec mépris leur présent. Le Russe aime le souvenir plus que la vie ; Yegorushka ignorait ce fait jusqu’alors et, avant même la fin du repas, il s’était convaincu que siégeaient autour de lui des gens lésés et offensés par le destin.
Les étoiles, accrochées au ciel depuis des millénaires, ce ciel lui-même, tellement incompréhensible, cette obscurité, ces éléments n’ayant qu’indifférence pour la brève existence humaine, lorsqu’on les scrute les yeux dans les yeux et que l’on s’efforce d’en saisir le sens, nous remplissent silencieusement d’angoisse ; cette solitude en appelle une autre, la solitude qui nous attend tous dans le tombeau, et la vie ne semble plus qu’épouvante et désespoir.
Il imagina morts sa petite maman, le père Christophe, la comtesse Dranitskaïa et Solomon. En dépit de tous ses efforts, il ne parvenait pas à s’imaginer lui-même mort, loin de chez lui, faible et abandonné ; sa propre mort ne lui paraissait pas concevable, il ne mourrait jamais…
Qui mieux qu’Anton Chekhov pour transcrire "l’âme russe" ? Ces quatre citations en donnent un aperçu. En l’adaptant parfaitement à l’écran, Bondarchuk prouve s’il en était besoin qu’il ne nous émeut pas uniquement à propos de la guerre.
T.Original: Krasnye kolokola 1 Meksika v ogne. Les Cloches rouges 1 Le Mexique en flammes. Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Valentin Iejov, Ricardo Garibay, Carlos Ortiz Tejeda. 1982; 122'. Avec : Franco Nero (John Reed), Ursula Andress (Mabel Dodge), Jorge Luke (Emiliano Zapata), Jorge Reynoso (Pancho Villa), Blanca Guerra (Isabel), Sydne Rome (Louise Bryant)
En 1910 au Mexique, les progressistes Pancho au nord et Emiliano Zapata au sud luttent contre la dictature du général Huerta ; avec la participation intéressée des Yankees.
-C’est mon père. Hier il a été tué au combat. Il m’a dit que s’il mourrait, il veut être enterré là à côté de la maison.
-Il était vieux ; pourquoi est-il allé à la guerre ?
-Il avait dit « Je veux me battre pour mon morceau de terre. Personne ne le fera à ma place. »
La seule chose qui pourrait justifier tout ça, c’est que nous l’avons fait pour nos enfants, et les enfants de nos enfants.
Commentaire d’un Révolutionnaire survivant
Le premier chapitre des Cloches Rouges est consacré à la Révolution Mexicaine de la décennie 1910-1920. Menée par les paysans et les classes ouvrières, elle était dirigée contre les privilégiés locaux soutenus par les Européens ou les Etats-Uniens. La guerre fut terrible et vit les premiers combats de l’aviation.
La Révolution Mexicaine a fait plus de 2 millions de morts, soit plus de 10% de la population du pays.
T.Original: Krasnye kolokola 1 Meksika v ogne. Les Cloches rouges 2 Ia videl rojdenie novogo mira. Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Antonio Saguera. 1983; 139'. Avec : Franco Nero (John Reed), Sydne Rome (Louise Bryant), Olegár Pablo Fedóro (colonel Georges Polkovnikov), Boris Nevzorov (Konstantin Eremeïev, Soviet de Petrograd), Ursula Andress (Mable George), Anatoli Oustioujaninov (Lénine), Bohdan Stoupka (Alexandre Kerenski), Valeri Barinov (Nikolaï Podvoïski), Mirdza Martinsone (Bessie Beatty, journaliste), Irina Skobtseva (comtesse Panina), Lev Dourov (Grigori Schreider), Tengiz Daushvili (Staline)
Le déroulé de la Révolution Russe de 1917.
Les Cloches Rouges constituées du Mexique en Flammes et 1917 s’inspirent du livre "Dix jours qui ébranlèrent le monde" de John Reed, militant communiste américain qui assista à ses révolutions.
Il vécut en Russie, participât au IIe congrès de l'Internationale Communiste, mourut à Moscou et fut enterré sur la Place Rouge.
La Révolution Russe fut faite par les prolétaires, ouvriers et paysans, dirigée par les communistes soutenus par une armée mal équipée qui subissait de lourdes pertes au front.
Elle entraina une Guerre Civile où l’Armée Rouge dut se battre contre les Armées Blanches constituées de Tsaristes, Contre-Révolutionnaires et Troupes Etrangères (Allemands, Austro-Hongrois, Tchèques, Yougoslaves, Polonais, Français, Anglais et leur empire, Américains, Ottomans).
La Révolution Bolchévique fit environ 14 millions de morts dans un pays de 174 millions d’individus.
Là aussi, Sergei Bondarchuk s’est contenté de montrer les gigantesques mouvements de troupes ou de foules prenant les places et les palais impériaux ; sans commenter.
Boris Godunov. Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Alexandre Puchkin. 1986; 140'. Avec : Sergey Bondarchuk (Boris Godunov), Alyona Bondarchuk (Tsarine Kseniya), Gennadi Mitrofanov (Yurodivi), Valeriy Storozhik (Kurbski), Yuri Lazarev (Gavrila Pushkin), Vladimir Sedov (Afanasi Pushkin)
Une page d’histoire de la Russie, du tout début du 17e siècle jusqu'à la fin du règne du tsar Boris Godunov.
Boris, Boris, tout tremble devant toi. Personne n’ose seulement te rappeler le sort du malheureux enfant (...). Et cependant, un reclus, dans une sombre cellule, écrit contre toi une dénonciation foudroyante, et tu n’échapperas point au jugement des hommes, pas plus que tu n’échapperas au jugement de Dieu.
J’ai conquis le pouvoir suprême, et depuis six années je règne tranquillement. Mais il n’y a pas de bonheur pour mon âme. N’est-ce pas ainsi qu’épris dans notre jeunesse, nous souhaitons ardemment les joies de l’amour ; mais à peine avons-nous rassasié la faim de notre cœur par une possession d’un moment, que nous retombons, refroidis, dans notre ennui et notre langueur. C’est vainement que les devins me promettent de longs jours, des jours d’un pouvoir paisible. Ni le pouvoir ni la vie même ne me réjouissent plus. Je pressens des malheurs ; je vois venir le coup de tonnerre. Mon heureuse chance a tourné. J’avais voulu tranquilliser mon peuple dans l’abondance et dans la gloire, m’attirer son amour par des largesses. Mais j’ai chassé ce vain souci. Le pouvoir vivant est insupportable au peuple ; il ne sait aimer que les morts.
Plus que les luttes à mort pour accéder au pouvoir ou le conserver, Boris Godunov m’apparait comme une tragédie de la rumeur. Le calvaire du Tsar, sa résignation et l’apathie finale de son peuple sont la conséquence d’une horrible rumeur qui, à force d’être colportée et ruminée, a fini par ressembler à un fait. La question de savoir si elle est vraie ou imaginée, devient alors presque accessoire.
T.Original: Tikhiy Don. Le Don paisible. Réalisation, Scénario : Sergei Bondarchuk, Antonio Saguera. 2006; 177'. Avec : Rupert Everett (Grigory), Delphine Forest (Aksinia), Alena Bondarchuk (Natalia), Murray Abraham (Pantaley), Ben Gazzara (Secretov), Natalya Andreychenko (Daria), Sergey Bondarchuk (General Krasnov), Vladimir Gostyukhin (Petr)
Le parcours d’un jeune cosaque du Don qui, en soldat, a traversé les grands évènements de la Russie au début du 20e siècle : la Première Guerre Mondiale, la Révolution Bolchévique, la Guerre Civile.
-J’en ai assez de tout ça, je ne veux plus me battre. Révolution, contre-révolution, ça ne m’intéresse plus. Tout ce que je veux maintenant c’est vivre en paix avec mes enfants et cultiver ma terre.
-Quand repars-tu pour le front ? -Dans quelques jours.
-Non, tu retournes demain. -Je n’ai pas l’intention de déserter !
-Comment le saurais-je ! Je ne veux pas passer pour responsable de tes actes.
Where have all the young men gone? / Long time passing
Where have all the young men gone? / Long time ago
Where have all the young men gone? / They're all in uniform
Oh, when will you ever learn? / Oh, when will you ever learn?
Chanson Where Have All the Flowers Gone, de Pete Seeger écrite en s’inspirant du roman de Mikhail Sholokhov (Prix Stalin et Prix Nobel) et de la chanson folklorique russe Koloda Duda (Koloda et les cornemuses)
Diffusé après la mort de Bondarchuk, le Don Paisible, le bien nommé, est le merveilleux legs d’un homme sensible et épris de paix qui eut le malheur de vivre dans la guerre ou l’affrontement. Il était à Stalingrad. Il a eu toutes les grandes décorations militaires, sociales et artistiques de son pays. Il a réalisé des œuvres sensibles sur la personne humaine ; et même quand il parlait de guerre, c’était pour regretter la vie.
Sergei Bondarchuk, en plus d’avoir été un immense artiste, fut aussi un grand bonhomme.