Attila JOZSEF
Je ne veux qu’un lecteur pour mes poèmes : 
Celui qui me connaît, celui qui m’aime.        
         Attila József
Crève-cœur 
 
Alors, je suis parti dans la forêt. 
Vent léger – les feuilles bruissent 
comme des tracts. La terre se tait 
 
lourde, couchée. Les branches, des poings qui se tendent : 
« Tout le pouvoir ! »… Dans ma chevelure feuillue 
tombe une branche sèche. Desséchées, les branches tombent. 
 
Frappé d’exclusion, pour un instant seulement. 
Gronde, camarade forêt ! J’ai l’impression que je craque. 
Frappé d’exclusion, pour un instant seulement. 
 
Un jappement sauvage m’attaque, 
je marche, pendant que ma force ramasse, 
le chagrin, comme une vieille du bois mort. 
 
Juste une larme – une fourmi y boit, 
elle y mire son visage, pensive 
et maintenant, ne sait plus que faire. 

 
                                                 Automne 1931, (traductions Francis Combes)