Le cinema aSIATIQUE
T.Original: Chi Bi (Falaise Rouge).  Réalisation, Scénario: John Woo, Khan Chan, Cheng Kuo, Heyu Sheng. 2008; 145'. Avec: Tony Leung Chiu-wai (Zhou Yu), Takeshi Kaneshiro (Zhuge Liang), Zhang Fengyi (Cao Cao), Chang Chen (Sun Quan), Yong You (Liu Bei), Lin Chiling (Qiao Xiao), Ba Sen Zha Bu (Guan Yu), Zhao Wei (Sun Shangxiang), Hou Yong (Lu Su), Hu Jun (Zhao Yun), Tong Jiang (Li Tong), Shido Nakamura (Gan Xing), Song Jia (Li Ji), Tong Dawei (Sun Shucai), Qingxiang Wang (Kong Rong)
 Au 3e siècle, il y a trois royaumes rivaux en Chine malgré la présence de l’empereur. Des ambitieux poussent à la guerre pour prendre le pouvoir suprême dans l’empire pacifié.
-Je n’avais jamais perdu à cause d’une tasse de thé et d’une traitresse. 
-Pour vous ça se résume à cela, quelle pitié ! Savez-vous au moins pourquoi vous vous battez ? 
- ... Vos amis ! La guerre ne connait pas d’amis. Dès demain ils pourront devenir vos ennemis.  
-Je vous laisse partir. Retournez d’où vous venez et ne revenez plus chez nous.  ...             … Nous avons tous perdu.

 Film de guerre d’une belle facture technique qui raconte la bataille de la Falaise Rouge, évènement marquant de l’histoire chinoise. Film le plus cher de l’histoire du cinéma chinois avec des moyens et des scènes de bataille impressionnants. Il parait que le film, qui dure de près de 5h dans sa version interne, est sorti juste avant les Jeux de Beijing. Certains se sont demandés quels étaient ses véritables objectifs ; ils ont le choix, pour ma part, entre ces deux hypothèses. C’est le récit d’un évènement majeur de l’histoire nationale que chacun doit connaître. John Woo, ou la Chine, ont voulu dire, comme Eisenstein en son temps et sous d’autres cieux, que l’Empire Céleste ne craignait aucune agression et que non seulement il y était prêt, mais la surmontait toujours de façon glorieuse.
Adieu ma concubineT.O.: Bawang bieji.  Réalisation, Scénario: Chen Kaige,  Lilian Lee, Lu Wei. 1993; 170'. Avec: Leslie Cheung (Douzi, Cheng Dieyi), Zhang Fengyi (Shitou, Duan Xiaolou), Gong Li (Juxian), Lu Qi (Maître Guan), Ying Da (le patron), Ge You (Master Yuan), Li Chun (Xiao Si, jeune), Lei Han (Xiao Si, adulte), Tong Di (Zhang)
 Dans l’Entre-Guerres, les enfants Douzi et Xiaolou sont élèves à l’Ecole de l’Opéra de Beijing. Ils deviennent célèbres en jouant le grand classique Adieu ma Concubine. Ils traversent ensemble l’histoire de la Chine Populaire jusqu’à la Revolution Culturelle.
 J’ai dénoncé et critiqué mon père en public. Je l’ai trahi lorsque j’avais 14 ans. Je ne me pardonnerai jamais ce que j’ai fait, et c’est ce savoir que j’ai eu envie de transmettre à travers Adieu ma concubine.                                      Chen Kaige
 Un beau film fleuve sur le parcours de deux artistes sur un demi-siècle, une initiation à l’art lyrique et l’opéra traditionnel chinois. Adieu ma Concubine laisse voir en filigrane la page la plus connue de l’histoire chinoise, la Revolution Communiste avec ses traumatismes.
 Plus encore, c’est un regard exempt de complicité sur quelques tabous de la Chine pré-internationale, la prostitution et l’identité de genre.
Palme d'or, Prix FIPRESCI  Festival de Cannes.             Golden Globe
T.O.: Fa yeung nin wa (Fleur).  Réalisation, Scénario: Wong Kar-wai. 2000; 98'. Avec: Maggie Cheung (Mme Chan), Tony Leung (Mr Chow), Ping Lam Siu (Ah Ping), Rebecca Pan (Mme Suen), Kelly Lai-chen (Mr Ho)
 En 1962 à Hong Kong, la rencontre et le parcours de deux couples de voisins.
I'm in the mood for love 
Simply because you're near me. 
Funny, but when you're near me 
I'm in the mood for love. 

Heaven is in your eyes 
Bright as the stars we're under 
Oh! Is it any wonder 
I'm in the mood for love?

-Je ne vous espérais pas ... 
-Jamais nous ne serons comme eux.

Une histoire pudique et tendre.
Grand Prix UCC.  César Meilleur Film Etranger.  British Indepdt Film Award
T.O.: Ai no corrīda.(La corrida de l'amour).  Réalisation, Scénario: Nagisa Ōshima. 1976; 108'. Avec: Eiko Matsuda (Sada Abe), Tatsuya Fuji (Kichizo Ishida), Aoi Nakajima (Toku, épouse de Kichizo), Hiroko Fuji (servante-chef), Meika Seri (servante), Mariko Abe (servante), Tomi Mitsuboshi (servante), Taiji Tonoyama (mendiant), Yasuko Matsui (patronne d'auberge), Akiko Koyama (geisha), Kyoji Kokonoe (pr Omiya), Kanae Kobayashi (geisha), Naomi Shiraishi (geisha), Kazue Tamiyama (servante)
 A Tokyo en 1936, un bourgeois, Kichizo, est attiré par sa femme de chambre Sada. Cette dernière se met à l’aimer et leurs rapports intimes dépassent de plus en plus le stade de l’ordinaire…
-Sada, on essaie encore. Je ne sais pas si j’y arriverai ; mais, viens. 
-Tu as l’air si triste, Kichizo ! 
-Je crois que je vais m’endormir, comme c’est triste d’être seul ! Sada, si je m’endors tu vas encore serrer ? 
-Oui. 
-Alors si tu commences, ne t’arrête pas parce qu’après, ça fait trop mal.

 Si l’on considère que l’obscénité existe, il faut préciser qu’elle n’existe que dans la tête des procureurs et des policiers chargés de la poursuivre.
                                                                                        
Nagisa Oshima
 Film polémique en France et au Japon où Oshima, devant ses juges, a soutenu la relativité du mot obscénité, Ai no corrīda n’est projeté dans l’Empire du Soleil Levant qu’avec des parties floutées.  
 Cette œuvre vaut plus que ces critiques sur la forme. Il y a la sexualité, son importance dans la vie, sa proximité ou son non éloignement de la mort selon Oshima. Sada est une femme libre revendiquant le droit de vivre sa sexualité, une féministe. Et surtout, pour moi, une merveilleuse illustration de la sublimation.  
 Ai no corrīda est un grand film, un trophée du cinéma nippon. 

Sutherland Trophy Festival de Londres. Prix Spécial du Jury Festival Chicago
T.O.: Tōkyō monogatari.  Réalisation, Scénario: Yasujirō Ozu,  Kōgo Noda. 1953; 136'. Avec: Chishû Ryû (Shukichi Hirayama), Chieko Higashiyama (Tomi H), Sô Yamamura (Koichi H), Kuniko Miyake (Fumiko H), Zen Murase (Minoru H), Mitsuhiro Môri (Isamu H), Haruko Sugimura (Shige Kaneko), Nobuo Nakamura (Kurazo K), Setsuko Hara (Noriko H), Shirô Osaka (Keizo H), Kyôko Kagawa (Kyoko H), Hisao Toake (Osamu Hattori), Teruko Nagaoka (Yone Hattori), Eijiro Tono (Sanpei Numata), Toyoko Takahashi (voisine), Mutsuko Sakura (Kayo patronne restaurant)
 Peu après la Guerre, un couple de septuagénaires vivant près d’Hiroshima rend visite à ses enfants adultes vivant à Tokyo. Il ne tarde pas à réaliser que sa présence ne les réjouit pas spécialement …
-Vous avez beaucoup de chance. Vos enfants ont tous réussi. 
-Pas tant que ça. 
-Ma femme et moi on se dit toujours "Si au moins un des deux était vivant !".
-Perdre ses deux fils, c’est trop. ...  Et vous, un ? 
-Oui, le cadet. 
-Je ne veux plus entendre parler de guerre. 
-C’est un dilemme. Quand on perd ses enfants, on est malheureux. Mais quand ils vivent, ils deviennent lointains.

 Honorer et aimer ses parents pendant leur vie, les pleurer et les regretter après leur mort, est le grand accomplissement des lois fondamentales de la société humaine. Qui a rempli envers eux toute justice pendant leur vie et après leur mort, a fourni en entier la grande carrière de la Piété Filiale. 
                 
Confucius. Hiao king, ou Livre canonique sur la Piété Filiale 
 A travers l'évolution des parents et des enfants, je montre, comment le système familial japonais commence à se désintégrer.              Yasujiro Ozu
 Les enfants, la vieillesse et la mort. Le triptyque de la vie peint par un immense artiste ; et, magnifié par trois êtres d’exception. Un chef-d'œuvre qui brille par son contenu universel et intemporel.
Sutherland Trophy
T.O.:Utamaro o meguru gonin no onna. Réalisation, Scénario: Kenji Mizoguchi, Yoshikata Yoda, Kanji Kunieda. 1946; 95'. Avec: Minosuke Bandô (Utamaro), Kinuyo Tanaka (Okita), Toshiko Iizuka (Takasode), Hiroko Kawasaki (Oran), Eiko Ohara (Yokie), Kiniko Shiratao (Oshin), Kôtarô Bandô (Seinosuke), Mimpei Tomimoto (Takemaro), Kyôko Kusajima (Oman)
 Au 18e siècle, Seibosuke un peindre débutant découvre Utamaro le maitre des estampes japonaises. Il en est bouleversé et abandonne tout pour le suivre dans cette voie.
-Je serai un artiste et peindrai des estampes, comme lui qui peint sur la peau et côtoie le peuple. Un tel dévouement à l’art m’a impressionné, j'suis loin de lui.
-Tu ne dois pas te déprécier. 
-Non. Bien que ses modèles soient des prostituées, il se donne à son art d’une façon admirable. L’art est tout pour lui. … Je peins uniquement des fleurs et des oiseaux. Et, dans ce que je fais, il y a des règles et des limites. L’art, ce n’est pas ça. C’est pourquoi j’abandonne cette voie. Dans notre école je me sens très limité. Je suis las d’être un peintre raffiné.
-J’ai renoncé à mon nom et à mon sabre. Je suis libre ! 
-Votre conduite est un peu radicale. Vous m’en voyez impressionné.
 
-Vous m’avez ouvert les yeux. 
-Pour faire le pas, vous avez abandonné cette jeune femme ... 
-Je le regrette. Yukie a été éduquée selon la tradition. Elle ne possède pas cette vie que vous peignez. Elle est artificielle et ne me convient pas.

 Une incursion dans le monde de l’art japonais. L’artiste face à l’amour et les classes sociales …
 Un grand film.
T.O.: Gisaengchung.  Réalisation, Scénario: Bong JoonHo, Han JinWon. 2019; 132'. Avec: Song KangHo (Ki-taek père), Jang HyeJin (Chung-sook mère), Choi WooShik (Ki-woo fils), Park SoDam (Ki-jung fille), Lee SunKyun (Park père), Cho YeoJeong (Park mère), Jung Ziso (Park fille), Jung Hyeon-jun (Park fils)
 Les Ki sont une famille pauvre, au chômage et vivant de petits boulots. Le fils réussit à s’introduire dans la riche famille Park pour donner des cours particuliers à la fille ; il fait introduire sa sœur pour aider le petit dernier…
-Mon enfant ! Alors cette demeure sera celle de notre belle-famille ? … Cette famille est tellement crédule ! 
-Madame en particulier. Elle est si naïve et si gentille. 
-C’est vrai, votre mère a raison. Les riches sont naïfs. Pas de ressentiment.

 J’ai pensé Parasite comme une tragicomédie qui dépeint l’humour, l’horreur et la tristesse qui surviennent lorsque vous voulez réunir tout le monde autour d’une même vie prospère, mais que vous vous heurtez ensuite à la réalité.
                                                                                    
Bong JoonHo
 Ce film dit quelque chose, c’est vrai. Sur la société sud-coréenne, et pas uniquement. Il y a des moments drôles, aux dépens du supposé Mal, mais qui font rire qui ? Certains doivent-ils être protégés par un manteau de compréhension parce qu’ils sont les plus faibles. Leur idée de fin justifie-t-elle les moyens ? Y compris le mensonge, l’opportunisme, la paresse et la cruauté ?
 Ce film a remporté toutes les grandes récompenses, occidentales. Il n’a pas et ne remportera jamais celle de la valeur humaine. 
Palme d'or     Golden Globes     BAFTA    Oscar     César     David di Donatello
T.O.: Han nyeohaksaengeui ilgi.  Réalisation, Scénario: Jang In-hak, An Jun-bo. 2006; 94'. Avec: Pak Mi-hyang (Su-ryeon), Kim Cheol (San-myeong), Kim Yeong-suk (Jeong Ran), Kim Jin-mi (Su-ok)
 Su-ryeon, une étudiante, fait face à un père scientifique absorbé par ses recherches, et à une mère entièrement dévouée à son mari. Après avoir juré de ne pas répéter les "erreurs" de ses parents, Su-ryeon finira par se montrer compréhensive vis-à-vis d’eux et choisira elle aussi de consacrer sa vie à la recherche.        Synopsis Editeur
-Comment se passe ton travail ?                                                -Pas facile.
-Est-il facile d’atteindre le sommet de la haute technologie ?    -Difficile.
-Peux-tu l’atteindre ?               -"Essayez et essayez, vous l’atteindrez.
-Mais n’essayez pas de dire que c’est trop haut."    [Rires des deux]
 Film venant d’un pays mal connu en Occident, les curieux et les cinéphiles se sont précipités dans les salles spécialisées pour le découvrir. Ça vient d’ailleurs, avec des réminiscences du temps des grandes révolutions, c’est vrai. Mais, le taxer sommairement de film de propagande relève d’un raccourci partisan. Le travail comme salut du pays, au-dessus de l’individu, y est proclamé. Est-ce si surprenant que ça ? Le culte du chef est une réalité ; s’en servir ici pour ridiculiser le film est un peu léger car personne n’est dupe si on prend la peine de souligner des éléments comme le dialogue ci-dessus.
 Une œuvre intéressante et progressiste.
T.O.: Kuru Otlar Üstüne. Réalisation, Scénario: Nuri Bilge Ceylan Akın, Aksu, Ebru Ceylan. 2023; 197'. Avec: Deniz Celiloğlu (Samet), Musab Ekici (Kenan), Merve Dizdar (Nuray), Erdem Şenocak (Tolga), Ece Bağcı (Sevim), Onur Arslanoğlu (Békir, directeur), Elif Ürse (Saimé, dir adjte), ıldırım Güçlük (recteur), Ferhat Akgün (conseiller), Elit Anda (Firdevs, prof), Nalan Kuruçim (Kevser, prof), Eylem Canpolat (Halime)
 Un jeune professeur dans un village turc veut être muté à Istamboul. Mais des évènements vont venir contrarier ses projets.
-Quand tu vois ce qu’il se passe partout dans le monde, la corruption, les viols, les réfugiés, ça te fait quoi ? 
-Ça me rend triste, mais la misère du monde est infinie. 
-Tu fermes les yeux quoi !                        -Non. 
-Tu restes à l’écart, tu ne t’impliques pas. 
-On n’est pas obligés d’être tous des héros.  
-Non, mais tu fais l’éloge d’un égoïsme rationnel, qui écarte notre société de la logique, l’équité ou la morale !  
-Tu penses que les mêmes règles peuvent s’appliquer partout ? 
-Malgré les différences culturelles, nos besoins fondamentaux ne sont-ils pas les mêmes partout ?
-Je ne sais pas… La quête de justice et d’égalité me semble utopique. Pour ça, on doit tous être égaux et c’est absurde. Le monde se compose de forces opposées qui se livrent un combat perpétuel. L’histoire le prouve mais personne ne veut l’accepter.
-Et la solidarité ?! …
 La découverte d’une autre société, d’un autre cinéma. Le début d’un soupçon sur la différence ; entre les sociétés (en dehors de celles ou la survie au quotidien bouffe tout), les individus physiques, …
 Une œuvre remarquable.
Lumières 2024
Réalisation, Scénario: Scandar Copti, Yaron Shani. 2009; 126'. Avec: Tannishtha Chatterjee (Rani), Radhika Apte (Lajjo), Surveen Chawla (Bijli), Lehar Khan (Janaki), Riddhi Sen (Gulab), Mahesh Balraj (Manoj), Chandan Anand (Rajesh), Sumeet Vyas (Kishan)
 Ajami est un quartier de Jaffa, en Israël, où cohabitent juifs, musulmans et chrétiens. Omar, arabe Israélien, et toute sa famille sont en danger depuis que leur oncle a tiré sur un membre important d'une autre famille ; mais Omar peine a trouvé une solution pour réparer ce drame. Malek, un jeune réfugié Palestine doit travailler illégalement en Israël pour financer l'opération que sa mère doit subir. Quant à Dando, un policier juif, il ne désire qu'une chose, se venger de la mort de son frère…                        Synopsis Editeur
 Nous avons écrit Ajami car nous voulions raconter l’histoire de personnes que nous connaissons et, à travers elles, transmettre quelque chose que nous partageons tous: l’ambivalence tragique de la réalité humaine. Nous ne connaissons pas d’autre endroit exprimant mieux la collision de “mondes” différents que les rues d’Ajami. Ajami est un melting pot de cultures, de nationalités et de perspectives humaines opposées. Notre but était de montrer cette réalité avec la plus grande sincérité.                                                  Yaron Shani et Scandar Copti 
 J’ai noté ici, surtout des jeunes visiblement non qualifiés, vivant entre eux en communautés cloisonnées, où les mélanges sont difficiles. Leurs difficultés à travailler et parfois les mauvais chemins pris, leur font du mal, font mal à l’observateur extérieur.
 Ajami, écrit conjointement par un Juif et un Arabe, est un témoignage pas gai, mais intéressant.
Ophir, Prix Wolgin Israel ;  Antigone d'or Montpellier ;  Alexandre d'or Thessalonique
T.O.: Aan (Prestige). Mangala, fille des Indes Réalisation, Scénario: Mehboob Khan, S Ali Raza. 1952; 169'. Avec: Dilip Kumar (Jai Tilak), Nimmi (Mangala), Premnath (pr Shamsher Singh), Nadira (pre Rajshree), Sheela Naik (servante), Muqri (Chandan), Murad (Maharajah), Cuckoo (danseur), Amir Banoo (mère de Jai)
 Le maharadjah de Tamba est un homme juste entouré par un frère, Shamsher assoiffé de pouvoir absolu et une sœur Rajshree aveuglée par son éloignement et son mépris du peuple. Mais les revendications progressistes du peuple portées par ses représentants, la pasionaria Mangala, le militant Jaï, et l’amour, n’ont pas dit leur dernier mot…
 Devenez l’amant de votre amoureux, quittez le palais ! / Oui, quittez le palais. / Allons au palais comme Jogan. / La même vérité est vraie ; la seule vraie fleur est celle qui porte le chagrin des épines. / Celui qui prend soin des fleurs est celui qui porte le chagrin des épines. / Vous reconnaitrez l’amour quand vous le rencontrerez. Vous croirez que nous vous rencontrons à travers une nouvelle vie.
                        
Chant et danse pour la princesse Raj et Jai
C’est à travers Bollywood, contraction de Bombay’s Hollywood, que le Cinéma Indien a acquis une énorme popularité mondiale avec les films accompagnés de chants. Le premier en couleur fut cette belle réalisation truffée de somptueuses mélodies. Aan n’est pas une banale histoire de passion, il appelle à la rencontre entre le sommet et le peuple. Il doit donc être vu comme un chef-d’œuvre de Bollywood.
T.O.: Parched (Assoiffées). Réalisation, Scénario: Leena Yadav. 2015; 157'. Avec: Tannishtha Chatterjee (Rani), Radhika Apte (Lajjo), Surveen Chawla (Bijli), Lehar Khan (Janaki), Riddhi Sen (Gulab), Mahesh Balraj (Manoj), Chandan Anand (Rajesh), Sumeet Vyas (Kishan)
 Dans la campagne de ce début du 21s, le combat de quatre jeunes Indiennes pour l’émancipation de la femme en dépit de la tradition.
 Notre fille si précieuse / Belle comme une fleur / Elle ignore combien elle est aimée / Au revoir ma chérie / Tu nous laisses le cœur gros / Tu manqueras aux animaux et aux oiseaux / Arbres et plantes dépériront / Tu es le centre de notre univers
 Notre fille si précieuse / Belle comme une fleur / Dieu lui-même te surveille / Car tu es aussi la préférée de Dieu /                 Baïssa (Chant à la mariée)

 A Bollywood, on aime le glamour et la fantaisie, l’idée reçue qui prévaut largement dans le milieu du cinéma c’est que le public veut de l’évasion et pas être confronté, dans les films, aux difficultés qu’il rencontre par ailleurs dans sa vie quotidienne.  
 Évidemment les films comme le mien sont un peu plus difficiles à regarder car je tends un miroir aux gens pour les inviter à faire face à certaines réalités et à y réfléchir.                                                        
 Leena Yadav
 Une autre vision de l’Inde, loin du parcours amoureux sur fond de chants et danses. Parched nous montre une face à peu près universelle de cette société : l’inégalité homme femme dans la campagne traditionnelle, la violence conjugale. Le beau chant Baïssa est l’idéal très loin de la rélité.
 Film écrit par une femme pour l’émancipation de la femme, Parched est un témoignage respectable.
Prix du jury Bergen ;   Prix de l'impact Stockholm ;   Meilleur film Jaipur
Le Mariage des moussons. Réalisation, Scénario: Mira Nair, Sabrina Dhawan. 2001; 114'. Avec: Naseeruddin Shah (Lalit Verma), Lillete Dubey (Pimmi Verma), Shefali Shetty (Ria Verma), Vijay Raaz (PK), Tillotama Shome (Alice), Vasundhara Das (Aditi Verma), Parvin Dabas (Hemant Rai), Kulbhushan Kharbanda (CL Chadha), Kamini Khanna (Shashi Chadha), Rajat Kapoor (Tej Puri), Neha Dubey (Ayesha Verma), Kemaya Kidwai (Aliya Verma), Ishaan Nair (Varun Verma), Randeep Hooda (Rahul Chadha), Roshan Seth (Mohan Rai)
 A Delhy, une famille bourgeoise prépare le mariage de sa fille selon la tradition. Une multitude de parents, venant de l’étranger, sont invités. Ces préparatifs vont révéler des choses…
-Seul le brave guerrier tombe de sa monture au combat. Le couard à genoux ignore tout de la chute.
-Retiens-moi. Je tombe.
 Le moment est plus que jamais venu de transcender nos frontières avec l'autre. C'est ce que j'aime faire dans mes films, en entrant dans des mondes épineux et spécifiques. J'espère que dans leur vérité, leur plaisir ou leur joie, vous vous voyez vous-même, de sorte que vous voyez qu'une personne à Katwe n'est pas éloignée de vous.
 Je pense que le monde serait bien meilleur s'il y avait un plus grand équilibre dans le cinéma populaire, entre les franchises violentes qui vous emmènent en balade mais ne vous provoquent pas ou ne vous laissent pas voir le miroir de la vraie vie, et le cinéma du monde entier qui vous montre que ma rue est en fait un peu comme la vôtre. Nous ne voyons pas d'histoires des différents pays d'Afrique. Nous ne voyons pas d'histoires de Thaïlande. Nous ne voyons même pas d'histoires d'Hawaï. Il ne devrait pas être si rare que les gens racontent leurs propres histoires. Nous devons dénoncer l'homogénéité.                Mira Nair
 Une cinéaste à découvrir. Au-delà de la musique et de la danse, un film qui secoue ; des choses de la vie qui pourraient se passer à Paris, à Bamako ou à Delhi.
Lion d'or Venise;  Zee Cine Awards Inde;  FISA USA;  BIFA UK;  FIFC Australie
Une séparation. Réalisation, Scénario: Asghar Farhadi. 2011; 123'. Avec: Peyman Maadi (Nader), Leila Hatami (Simin), Sarina Farhadi (Termeh, fille), Sareh Bayat (Razieh, femme de ménage), Shahab Hosseini (Hojat, mari de Razieh), Babak Karimi (juge), Ali-Asghar Shahbazi (père de Nader), Merila Zarei (Mme Ghahraei), Shirin Yazdanbakhsh (mère de Simin)
 A travers les problèmes d’un couple de la classe moyenne, et ses démêlés avec des gens du peuple peu scrupuleux, un regard sur la société iranienne.
-Laisse-moi amener Temey ! Je m’inquiète pour elle.  
-T’en fais pas. Elle deviendra plus forte et elle veut vivre dans ce pays.
-Et elle y apprendra quoi ? 
-A s’imposer !
 On assiste aujourd’hui à une guerre entre les classes. Les foyers relativement aisés tendent vers la modernité, alors que les ménages populaires restent attachés à la tradition et à la religion. L’intervention des institutions dans toutes les sphères de la vie intime explique que, lorsqu’il y a injustice ou que la morale se révèle inefficace, la société perd ses fondements. C’est ce qui a conduit aux mouvements de protestation à Téhéran il y a deux ans.           Asghar Farhadi
 On voit ici un Iran avec des problèmes de chômage, de pauvreté, de débrouillardise pour les classes défavorisées ; comme dans beaucoup de pays en développement… Bien-sûr la religion est présente. Pesante certainement pour beaucoup de gens. Mais la foi du charbonnier a au moins un côté positif ; elle peut être un antidote à la malhonnêteté même si celle-ci est due, en grande partie, à la pauvreté.
Oscar ;  César ;  Golden Globe ;  David di Donatello ;  Asian Film Awards ;
Ours d'or    Prix du jury œcuménique  Berlin ;     Abricot d'or  Erevan
Le diable n'existe pas. Réalisation, Scénario: Asghar Farhadi. 2020; 150'. Avec: Ehsan Mirhosseini (Heshmat), Shaghayegh Shourian (Razieh, sa femme), Kaveh Ahangar (Pouya), Mohammad Valizadegan (Javad), Mahtab Servati (Na'na), Baran Rasoulof (Darya), Mohammad Seddighimehr (Bahram), Zhila Shahi (Zaman)
 Quatre court-métrages différents sur le questionnement individuel face à la peine de mort, dans l’Iran actuel.
-Quand tu es conscris, tu obéis à ton supérieur et tu la fermes. 
-Il te dit de tuer et tu obéis ?
-Moi, je ne peux pas tuer.  
-Et nous, tu crois qu’on est des bouchers ? Il a été jugé, tu dois l’exécuter. 
-Ce n’est pas moi qui l’ai jugé. 
-C’est moi qui l’exécute. 
-Qu’est-ce que tu fous ici ! 
-Qu’est-ce qu’on peut faire dans ce pays sans le service ? Sans Certificat Militaire pas de passeport, pas de permis, pas de travail…
 Les religions abrahamiques, à l’origine ont approuvé la peine de mort. Les Protestants, les Orthodoxes et plus récemment les Catholiques se sont déclarés contre. Les Juifs et les Musulmans, liés par leurs textes, ne l’ont pas dénoncée. D’autres religions, Bouddhistes et Hindouistes, ne la pratiquent pas.
 En 2022, Amnesty International recense des exécutions capitales uniquement dans quelques pays : Chine 1000+, Iran 576+, SA 196, Egypte 24, USA 18, Irak 11, Afrique Subsaharienne 11 (Somalie et Soudan).

Ours d'or,  Prix du jury œcuménique  Berlin ;     Sydney Film Prize  Australia
Barakah Meets Barakah. Réalisation, Scénario: Mahmoud Sabbagh. 2016; 89'. Avec: Hisham Fageeh (Barakah), Fatima Al Banawi (Barakah, Bibi), Sami Hifny (Da'ash), Khairia Nazmi (Daya Sa'adiya), Abdulmajeed Al-Ruhaidi (Maqbool)
A Djedday, un employé municipal rencontre une vlogueuse. Leur rapprochement amoureux est freiné par la société, la religion, les traditions …
-Ce maudit chef en marie une troisième, alors que la moitié des jeunes n'en ont pas une. Et devine qui il va épouser ?                          -Qui est la veinarde ? 
-Une réfugiée Syrienne. Mon Dieu, la malchance les poursuit. Chassés par ces salauds, c'est des victimes, oui. Mais ne nous volez pas nos filles ! 
-Dieu partage ses bénédictions, tante Sa'diyya. 
-"Je me fortifie dans la miséricorde de Dieu."
-Et qui critique-t-on en cette belle journée ? 
-Qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu es un homme et ferais pareil. Tu en meurs d'envie. Tu veux la deuxième, la troisième, la quatrième. Un vrai sale coq. 
-Qu'aurais-tu à y redire ? 
-C'est tout bénéfice pour toi, à chaque fois que le chef se marie. 
-Pareil pour toi, la pipelette.
 Je voulais également donner une image plus gaie de l'Arabie Saoudite et de ses habitants, une image qui aille au-delà de la description de la répression dans le pays. L'Arabie Saoudite fait partie des pays du monde sous-représentés en termes d'histoires, et je voudrais en dire plus à propos de la vie telle qu'elle est ici. Je ne fais pas de la propagande, le film est très candide, très honnête. On diabolise beaucoup l'Arabie Saoudite dans la presse occidentale et je pense que ce film permettra d’humaniser le pays.         Mahmoud Sabbagh
 Tombé par hasard sur un film saoudien, j’ai rigolé et ai cru à une blague ! Certainement comme beaucoup d’autres. Mais nous avions tort. Barakah (Bénédiction) n’est pas seulement une séance de rigolade d’un moment ; il dit beaucoup plus que ça. 
 Il faut y saluer une vraie œuvre et les premiers pas d’un cinéma au pays de MBS.

Prix du jury œcuménique  Berlin 
Réalisation, Scénario: Hassan Fazili. 2019; 88'. Avec: Nargis Fazili (Nargis Fazili), Zahra Fazili (Zahra Fazili), Fatima Hussaini (Fatima Hussaini), Hassan Fazili (Hassan Fazili)
 En 2015, Hassan Fazili, menacé par les talibans, s’enfuit avec son épouse Fatima, et leurs deux filles Nargis 11 ans et Zahra 6. Ils quittent leur pays pour l’Europe lointaine en quête de sécurité. Le couple et ses filles utilisent leur téléphone portable pour filmer leur voyage, qui durera plusieurs années.
-Quand le Prophète de l’Islam est arrivé, son message était égalité, fraternité ; pas d’esclave et de maître, on est tous frères quelle que soit notre couleur… 
-Ha, ha, ha…                                       -Pourquoi ries-tu ?
-Rien. Mr Fazili aime tout le monde : chrétiens, musulmans, …  
-Comment çà "tout le monde" ? 
-Mais il n’est ni chrétien, ni, musulman… Ha, ha, ha… Mr Fazili ne prie même pas, les gens du camp sont venus lui demander d’être leur mollah, et il a accepté.                                             -"Fais-nous des sermons" !
-Oui, Ha, ha, ha…                               
-Et ça te gênes ?
-Qu’il prie d’abord, et on verra.
          -Et, toi, tu pries ?
-Oui. Ha, ha, ha,…                              
-Sérieusement ?
-Tu m’as appris à ne pas prier. Ha, ha, ha, ha.

 L’impact de la réalisation du film sur notre périple peut avoir plusieurs réponses. Elle avait un coût comme le simple fait d’acheter des batteries ou des alimentations pour nos portables, ce qui représentait une dépense supplémentaire, nécessitant des économies, dans notre pauvre budget. En même temps, c’était notre source d’espoir. Nous avions l’impression d’accomplir quelque chose d’utile ; faire entendre au monde, la voix de millions de personnes fuyant la guerre et le désespoir.               Hassan Fazili
 On n’entre pas ici dans l’intérieur d’un Afghan, mais on apprend qu’ils ne sont pas tous croyants. Comme partout ailleurs. L’essentiel ici est le regard posé sur les migrants. Et là, c’est un témoignage complet, de l’intérieur, et plein d’humanité ; qu’apprécieront tous ceux qui, pour une raison ou une autre, ont un jour quitté leur terre d’origine dans l’espoir d’un accomplissement personnel meilleur.
Jury prize US, DE, UK, GR ;  Humanity prize  CH, DE, RU Best doc US, RU
Réalisation, Scénario: Deepak Rauniyar. 2016; 88'. Avec: Asha Magrati (Durga), Rabindra Singh Baniya (Surja), Sumi Malla (Pooja), Amrit Pariyar (Badri), Dayahang Rai (Chandra)
 En 205, un guérillero maoïste se rend dans son village natal perdu dans les montagnes himalayennes pour les funérailles de son père royaliste, tout comme son frère resté au domicile. Des tensions naissent entre les deux frères, à l’image des luttes politiques dans le pays.
-Si vous saviez que vous alliez transiger, vous les maoïstes, pourquoi avoir fait toutes ces promesses aux minorités ethniques ?  
-Nous étions sûrs de gagner la guerre ! Nous, maoïstes, sommes aujourd'hui à la tête du gouvernement, mais nous n'avons pas la majorité. Nous avons dû faire des compromis pour entamer le processus de paix.
 The film takes place around the time of the announcement of the constitution in late 2015, so the title refers to the white sun on our national flag. The dead body at the beginning of the film is a metaphor for the old constitution and the king’s regime, overthrown after the 10-year civil war. Just as the country struggled to establish a new government and constitution, the film's characters struggle to get the old man's corpse out of the house. No matter how cumbersome, they choose to stick to their old beliefs, thus making life harder for themselves. The situation and arguments in White Sun represent our mindset. The characters in the film represent the past, present and future generation and how children, even before understanding the complexities of caste and class, suffer from archaic beliefs thrust upon them.
                                                                               Deepak Rauniyar
 Le Népal, pays en développement entouré des géants Indien et Chinois, aurait sans doute eu des atouts. Mais que peut-on faire avec des troubles, dix ans de Guerre Civile finissant avec la fin de la féodalité en 1996. Le film, sur ce fond de troubles sociaux, interroge sur les traditions. Avec le pari sur l’espoir d’une évolution positive.
Interfilm Award Venise ;  OCIC  CH ;  2e Best Asian Film SG
Сутак. Nomades Celestes. Réalisation, Scénario: Mirlan Abdykalykow, Aktan Arym Kubat. 2015; 82'. Avec: Anar Nasurkulowa (Karatschatsch), Shenisch Kangeldijew (Jermek), Myrsa Subanbekow, Tabyldy Aktanow (Tabyldy), Shibek Baktybekowa (Umsunai), Taalaikan Abasowa (Schaiyr)
 Une histoire paisible, au milieu du décor sublime d’une vallée encore sauvage. Une famille qui perpétue des traditions et un mode de vie centenaire, mais consciente de leur fragilité. Cette sérénité n’est qu’apparente, les drames et les tensions affleurent. Premier film, Nomades célestes nous fait pénétrer simplement dans un monde en voie de disparition.           Synopsis Editeur
 Il y a très longtemps, Sütak était un homme juste et bon. Un jour, à la chasse, ces compagnons croyant qu’il les avait trahis le jetèrent du haut de la falaise. Mais le dieu de la forêt, alors qu’il tombait, le transforma en aigle. 
 Depuis, dans les airs, il chante "Sii-tak, Sii-tak, ...", c’est-à-dire « Je suis aussi pur que le lait ».  
 Quand vous entendez Sütak chanter, sortez un bol de lait et inclinez-vous trois fois pour demander pardon.

-Je serai transféré à la ville. J'ai là-bas une jolie maison. Mais... la femme qui s'y trouvait a disparu. Si nous nous mariions… Serait-ce l'avenir ? 
-Merci pour ces sons merveilleux. Mais nous ne pourrons jamais être ensemble. 
-Pourquoi Shaiyar ? 
-C'est impossible.
 Des gens attachants vivant avec leur mythologie ancestrale, dans les magnifiques vallées et montagnes du Kirghizstan. 
 Un hymne à la nature et une certaine idée de la vie, de la famille humaine. Le renoncement volontaire à la modernité, à la ville ; donc aussi une vision écologiste. 
 Une œuvre magnifique.

Grand Prix RU, KZ ;  Best Film CIS and Baltic Countries  RU
Oncle Boonmee. Celui qui se souvient de ses vies antérieures
Réalisation, Scénario: Apichatpong Weerasethakul. 2010; 114'. Avec: Jenjira Pongpas (Jen), Sakda Kaewbuadee (Tong), Natthakarn Aphaiwonk (Huay), Geerasak Kulhong (Boonsong), Thanapat Saisaymar (Oncle Boonmee)
 Dans une contrée boisée de Thaïlande, Boonmee exploite seul sa ferme apicole avec ses ouvriers laotiens. Jen, sa belle-sœur, vient lui rendre visite. Elle trouve un homme physiquement diminué, mais semblant attendre paisiblement sa fin.
-Je ne sais pas comment je te retrouverai après ma mort. Où mon esprit devra-t-il te chercher ? Au paradis ? 
-Contrairement à ce qu'on dit, il n'y a rien au paradis. 
-Où seras-tu, alors ? 
-Les fantômes ne sont pas attachés aux lieux, mais aux personnes. Aux vivants … 
- Et quand je serai mort ? 
-… [Rideau]
 Je crois en la transmigration des âmes entre les hommes, les plantes, les animaux et les fantômes. L’histoire d’Oncle Boonmee montre les relations entre l’homme et l’animal et dans le même temps supprime la frontière qui les sépare. 
 En un sens, réaliser des films s’assimile à créer des vies antérieures artificielles. Ce qui m’intéresse, c’est explorer les entrailles de cette machine à remonter le temps qu’est le cinéma.             
Apichatpong Weerasethakul
 Le silence d’une somptueuse campagne, la vie avec ses épreuves, la maladie. Les frustrations, le rêve et la joie de vivre malgré tout. 
 Une introduction au bouddhisme qui contribue peut-être à cette espèce de sérénité dans l’attente de la mort.

Palme d'or Cannes ;  Best Asian Film  HK
Nostalgie de la campagne. Réalisation, Scénario: Dang Nhat Minh. 1995; 117'. Avec: Lê Vân (Quyen), Ngoc Bao Ta (Nahm), Huong Thuy (Ngu), Thinh Trinh (Gio Quy), Tất Bình (Ten Co Moi), Bich Ngoc (ThimNhung), Ngoc Thoa (Me Nham), Phan Trong (Lai Xe Tai), Tang Vu (Ong Buu Dien), Yen Hoang (Vo Giao Quy)
Une jeune femme vient revoir des parents dans un village du Viêt-Nam. Elle est accueillie par un jeune villageois et est plongé dans les problèmes locaux.
-Quels changements avez-vous remarqué dans la vie du village ? Les buffles tirent toujours la charrue. On continue le travail manuel, sans le progrès.
-Mais beaucoup de paysans ont maintenant l'électricité chez eux. 
-Oui, mais elle est si chère qu'ils ne l'utilisent pas. Le prix des produits agricoles est très bas. Les paysans doivent acheter semences et engrais cher. Pendant la guerre, ce sont surtout eux qui sont allés au front. Ce sont eux qui ont été sacrifiés; et après la guerre, les paysans se battent encore pour survivre. 
-Mais j'ai entendu dire qu'il y avait des surplus de riz.
-Oui, mais qui ne vit que de riz ? On le vend et on achète autre chose. Vous savez combien coûte un kilo de riz, une cannette de bière ? Vous voulez un autre exemple ? Une cigarette vaut dix têtes de choux.
-Je suis née dans ce village et j'y ai vécu lorsque j'étais enfant. 
-Vous êtes sûrement ici pour retrouver les souvenirs d'une enfance heureuse. Je ne voudrais pas vous troubler avec ce genre de révélations désagréables. 
-Non, continuez s'il vous plaît. Je veux savoir. 
-Notre cupidité est en train de détruire le pays. De façon irresponsable, nous exploitons nos paysans. Ils font de durs sacrifices avec aucune reconnaissance.
 La campagne vietnamienne avec ses rizières, ses collines, la vie paysanne, la culture.
 Et l’envers du décor: les problèmes du Viêt-Nam du début du siècle, pénibles à tous les progressistes ayant soutenu les luttes de ce pays martyr. 
 Mais une note d’espoir, le constat lucide et l’amour. Un regard tendre et poétique.

Netpac Award NL
Réalisation, Scénario: Martin Butler, Bentley Dean. 2015; 104'. Avec: Marie Wawa (Wawa), Mungau Dain (Dain), Marceline Rofit (Selin), Charlie Kahla (chef du village), Albi Nangia (shaman du village)
 Dain et Wawa sont amoureux l’un de l’autre. Pourtant, ils vont devoir être séparés, car Wawa est promise à un jeune guerrier d’une tribu voisine avec qui celle des deux jeunes gens voudrait faire la paix. Dain et Wawa refusent et s’enfuient dans la forêt. Bentley Dean et Martin Butler sont allés tourner sur l’île de Tanna, dans l’archipel de Vanuatu. Un récit classique joué par des gens extraordinaires dans un décor fantastique.      Synopsis Editeur
-Your story is based on a true event that took place in 1987. Do people still live the same way?
B&D: The main town of the island is like a two-hour walk, which makes it even more extraordinary. They are completely aware of the outside world. But they have made this very conscious decision to live the way of their ancestors.                       Interview Martin Butler and Bentley Dean
Une belle histoire d’amour dans une île paradisiaque. Un Roméo et Juliette au bout du monde, dans l’océan pacifique. Presque un film ethnographique.
Réalisation, Scénario: Ray Lawrence, Andrew Bovell. 2001; 121'. Avec: Anthony LaPaglia(Detective Leon Zat), Geoffrey Rush (John Knox), Barbara Hershey (Valerie Somers), Kerry Armstrong (Sonja Zat), Rachael Blake (Jane O'May), Vince Colosimo (Nik D'Amato), Russell Dykstra (Neil Toohey), Daniella Farinacci (Paula D'Amato), Peter Phelps (Patrick Phelan), Leah Purcell (Claudia Weis), Glenn Robbins (Pete O'May)
Les relations dans quatre couples Australiens mises à jour par une enquête visant à élucider un crime.
Mesdames et Messieurs, veuillez accueillir le Dr Valérie Somers [Psychanaliste]. 
 Nous ne savons plus que penser. Ni ce qui est bien ou mal ; le cri confus de l'âge moderne. On se demande, qui peut-on croire ? Qui doit-on croire ? Nos politiciens ? Difficile. Nos prêtres ? Beaucoup de mes patients viennent me voir car ils ont cru en un prêtre. Ce ne devrait pas être ainsi, mais ça l'est. Alors qui ? Nos parents ? Le foyer est un refuge pour peu, c'est plus souvent un champ de bataille.
 Cela ne devrait pas être ainsi, mais ça l'est.

 En Australie, bout d’Occident dans l’extrême Pacifique, les principaux problèmes sont surtout d’ordre individuel, intime, …
 Des problèmes de couples instructifs sur un pays, une société.

Best Film AU, US, UK